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Coronavirus : vers une baisse des frais bancaires pour les clients les plus "fragiles"?

Le jeudi 4 juin, le gouvernement a présenté un nouveau dispositif de frais bancaires, pour aider les clients les plus fragiles.

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Coronavirus : vers une baisse des frais bancaires pour les clients les plus "fragiles" Crédit Média : RTL | Date :
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Martial You édité par William Vuillez

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a annoncé jeudi un décret pour que les ménages "fragiles" accèdent "plus vite" et plus "longtemps" au plafonnement des frais d'incidents bancaires. On va un peu mieux définir ce qu'est un client fragile. On plafonne les frais bancaires à 25 euros pendant un trimestre pour tous ceux qui ont plus de 5 incidents durant un mois : un prélèvement ou un chèque rejeté car il n'y avait plus d'argent sur le compte, un découvert...
 
En juillet, la Banque de France publiera une liste des banques qui ne respectent pas ces règles. Pour autant, on ne plafonne pas les frais bancaires pour tout le monde comme le proposait la France Insoumise hier à l'Assemblée nationale. Ça n'avait pas grand sens de plafonner pour tous les revenus. On va être honnête : le gouvernement a surtout sauvé le système des frais bancaires jeudi, plus qu'il n'a renforcé le statut des clients fragiles.
 
Car la vraie raison, c'est que les frais bancaires sont une "drogue dure" dont les banques traditionnelles ne peuvent plus se passer. On a l'impression que les frais bancaires ne cessent d'augmenter et ce n'est pas qu'une impression. D'après les études de Panorabanques, en 2013 : 191 euros en moyenne par an de frais bancaires. En 2020 : 215,50 euros.

6,5 milliards par an de tenue de comptes

Les frais de tenue de comptes qui n'existaient pas il y a 5 ans sont passés de 0 à 20 euros par an. Cela représente au final une manne de 6.5 milliards par an pour l'ensemble des banques françaises. En fait, c'est le modèle économique qui s'est un peu fourvoyé avec le temps. Les banques récupèrent sur les frais qu'elles facturent, une part des efforts commerciaux qu'elles font sur les taux de crédit immobilier par exemple.
Ces frais financent aussi le fonctionnement des agences bancaires dans les départements et compensent encore la baisse importante des retraits d'argent dans les distributeurs. Le confinement et la crise du coronavirus ont encore accéléré le phénomène ces derniers mois. On va finir l'année sur une baisse de 10 à 15% des retraits dans les Distributeurs Automatiques de Billets (DAB). On supprime 2% de ces DAB tous les ans et on pourrait passer à 4% dans les prochaines années.
 
Les frais bancaires financent le réseau d'agences bancaires. Les Français et les gouvernements sont donc un peu schizophréniques : ils ne veulent pas d'une facturation des frais trop importante mais ils ne veulent pas non plus qu'on ferme les agences dans les territoires car c'est le signe de la désertification. Les frais bancaires ont justement été plafonnés en 2019 pour répondre à la grogne des "gilets jaunes".

L'option des banques en ligne

Le problème de cette dépendance aux frais bancaires, c'est que les réduire signifie aussi accélérer la fermeture des agences et les suppressions de postes. Or, on parle d'un secteur d'agences qui emploient 360.000 personnes. D'un autre côté, les banques en ligne arrivent à ne pas facturer autant de frais.

C'est vrai que c'est impressionnant, 215 euros en moyenne pour les banques traditionnelles contre moins de 20 euros pour les banques en ligne. Mais précisément parce qu'elles n'ont pas d'agences. La plupart de ces banques en ligne ne sont pas rentables et elles sont bien souvent adossées à une vieille banque qui vit des frais. Et puis, les néo-banques 100% internet ont aussi parfois un autre modèle économique en utilisant les données qu'elles collectent sur notre mode de vie pour proposer d'autres prestations commerciales ou les vendre. 
Mais, on va inévitablement vers une baisse de ces frais d'agence car la nouvelle génération qui choisit les banques en ligne le fait pour ne pas payer de frais. La moyenne d'âge des clients de Boursorama est de 32 ans. Simplement, on comprend bien que c'est aussi un choix de société qui va avec : quel service bancaire veut-on sur l'ensemble du territoire ?

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