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Banque : la taxation des dépôts arrive en France, une première

À cause de la politique des taux d'intérêts négatifs de la Banque Centrale Européenne, certaines banques sont contraintes de refacturer leurs clients pour ne pas perdre trop d'argent.

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Banque : la taxation des dépôts arrive en France, une première Crédit Image : DANIEL ROLAND / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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François Lenglet édité par Nicolas Barreiro

La filiale française de la banque suisse Lombard Odier devrait, à partir d'octobre, taxer les dépôts de ses clients, dès qu'ils dépassent le million d'euros. Ils devraient être taxés à hauteur de quelques dixièmes de pour cents.

En fait, la banque suisse UBS le fait déjà. Elle va désormais s'attaquer aux dépôts supérieurs à 500.000 euros, chargés à hauteur de 0,6%, ce qui fait tout de même 3.000 euros par an. Les banques allemandes, elles, s'en prennent aux comptes de plus de 100.000 euros en leur facturant 0,4% par an. 

Il s'agit là de la conséquence de la politique des taux d'intérêts négatifs. Elle a été décidée par la Banque Centrale de la zone Euro (BCE) pour soutenir l'activité. Pour inciter les banques à prêter, la BCE leur facture 0,5% par an sur les liquidités qui ne sont pas employées. La matière première des banques est taxée.

Les banques commerciales sont donc tentées de refacturer ce prélèvement à leurs clients. Donc, elles perdent de l'argent lorsqu'on en dépose chez elles et en gagnent beaucoup moins avec les prêts. C'est toute la finance qui est sens dessus dessous et ça commence à mettre en fureur toute l'Europe du nord.

La BCE divise l'Europe

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Le nord voit son épargne qui ne rapporte plus rien, qui lui coûte même. Cette semaine le grand quotidien Bild Zeitung a fait sa une en caricaturant Mario Draghi, le dirigeant de la BCE, sous les traits du vampire Dracula. Il l'appelle le comte "Draghila".

Les patrons des banques centrales allemandes et néerlandaises ont pris position publiquement contre cette politique après la réunion de la BCE qui l'a entérinée puis étendue. C'est la révolte des buveurs de bière, les pays du nord contre la façon dont l'euro est géré. 

Au sud, des pays comme l'Italie subissent une telle crise économique qu'ils sont prêts à tout pour réanimer la croissance, y compris à malmener le bon sens. Une nouvelle fois la gestion de l'euro fracture l'Europe en deux entre le nord et le sud, qui n'ont ni la même culture monétaire ni la même résistance économique.

Il s'agit du problème de l'union monétaire, c'est un T-shirt à taille unique. Il n'y a qu'une seule politique monétaire pour les 19 pays de la zone. Le T-shirt est trop petit pour les grands, trop grand pour les petits, il ne va bien à personne.

La France, habituellement du côté du sud, a voté contre la politique de Draghi. C'est sans précédent et s'explique par une assez bonne croissance chez nous. Aussi, les Français ne voient pas de raison de prendre un nouveau risque financier pour la soutenir et évidemment nous avons en France de nombreuses grandes banques qui commencent à souffrir des taux négatifs.

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