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Airbus : des pièces détachées de l'A380 bientôt sur le marché de l'occasion

ÉDITO - C'est la grande braderie chez Airbus. Deux avions A380, exploités pendant dix ans sous les couleurs de Singapore Airlines, arrivent en pièces détachées sur le marché de l'occasion.

Christian Menanteau Eco Menanteau Christian Menanteau iTunes RSS
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Airbus : des pièces détachées de l'A380 bientôt sur le marché de l'occasion Crédit Image : AFP / Archives, TOH TING WEI | Crédit Média : RTL.fr | Date :
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Christian Menanteau
Christian Menanteau et Loïc Farge

On ne va pas dramatiser l'affaire, mais il faut quand même reconnaître que c'est un sale coup en terme d'image pour Airbus dans son duel économique et commercial avec Boeing. Et ce n'est évidemment pas fameux pour le business.

Ces deux A380, qui vont être vendus à la découpe, appartenaient à Singapore Airlines. Ce sont deux appareils quasiment neufs : ils ont à peine dix ans d'âge, celui de l'adolescence pour un outil industriel de cette envergure. Faute de repreneur, on va les démembrer à Tarbes.

Si leur propriétaire espère récupérer 100 millions de dollars de pièces détachées, c'est quand même une dévalorisation pour l'avionneur européen. Le prix catalogue de son A380 est de 440 millions.

Cette appareil est une réelle réussite technologique. Il est plébiscité par les voyageurs pour sa stabilité et son silence en vol. Mais l'A380 a un talon d'Achille : les flottes en circulation sont majoritairement des appareils haut de gamme dotés de belles prestations et d'un grand confort, c'est-à-dire avec assez peu de sièges : 440 pour ceux de Singapore Airlines ou Emirates. Tout le contraire des normes actuelles qui, pour tenir les prix, privilégient les bétaillères volantes qui concentrent de 560 à 700 sièges.

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Reconfigurer ces belles cabines est un investissement peu rentable. En tout cas moins que la cannibalisation. Démembrer, revendre ici les moteurs, là l'avionique, ailleurs le train d’atterrissage ou des morceaux de voilures, c'est la dernière solution.

Un simple trou d'air pour Airbus

Ces ventes en kit, une menace sur l'avenir de l'A380 ? Ce n'est évidemment pas une séquence agréable pour l'entreprise toulousaine. Elle va bien évidemment renforcer tous ceux qui, en particulier chez Boeing, estiment que ce super Jumbo n'est plus compétitif face aux nouveaux avions américains ou même au nouvel Airbus A350.

C'est une analyse recevable sur le court terme. Mais elle n'est pas définitive. Les nouveaux A380 sont des très gros porteurs beaucoup mieux adaptés aux besoins des compagnies. Ils sont plus légers, ils consomment moins de carburant par passager transporté. Ils peuvent espérer accompagner l’exceptionnelle croissance du trafic aérien dans le monde et l'ouverture de nouveaux aéroports, notamment en Asie.

La meilleure preuve : Singapour Airlines, celle-là même qui se sépare des deux A380 pour une vente à la découpe, vient d’en commander cinq de nouvelle génération, après les trente-six ordonnés par Emirates.

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