2 min de lecture Épidémie

Coronavirus : presque la moitié des résidents meurent dans un Ehpad de Lorraine

"Le virus a été fulgurant", raconte la directrice de l'établissement. Certains résidents ne présentaient pas de symptômes et en l'espace de quelques heures leur état s'est dégradé.

Une infirmière dans un Ehpad avec une personnes âgée, pendant l'épidémie de coronavirus (Illustration).
Une infirmière dans un Ehpad avec une personnes âgée, pendant l'épidémie de coronavirus (Illustration). Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Camille Sarazin et AFP

En deux semaines, l'établissement a perdu presque la moitié de ses résidents : 22 d'entre eux, sur un total de 51, sont décédés du coronavirus, affirme la directrice de l'Ehpad de Mars-la-Tour, en Meurthe-et-Moselle. D'après Stéphanie Rémiatte, les résidents de l'établissement seraient morts très rapidement.

"Le 2 avril, nous avons eu deux décès et après plusieurs. On savait qu'il y avait beaucoup de résidents symptomatiques", a expliqué la directrice de l'Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes Saint-Dominique, où un plan d'urgence a été activé.

Mi-avril, une équipe du centre hospitalier de Nancy a testé 33 résidents sur 34 : 26 étaient positifs et sept négatifs au Covid-19. Parmi les 52 personnels, 19 agents ont contracté le virus. La semaine dernière, quatre résidents ont été transférés dans les hôpitaux de deux villes à proximité, Joeuf, en Meurthe-et-Moselle, et Moyeuvre-Grande, en Moselle.

"Il reste 25 résidents. Le virus a été fulgurant : certains résidents n'étaient même pas symptomatiques et en deux heures" leur état de santé se dégradait fortement", a relaté la directrice de l'Ehpad situé dans le Parc naturel régional de Lorraine.

On'est pas armés face à ce genre de crise

Stéphanie Rémiatte, directrice de l'Ehpad
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L'établissement avait pourtant interdit les visites des familles dès le 9 mars, soit deux jours avant la consigne gouvernementale, et imposé un confinement strict à ses pensionnaires dès le 16 mars. "Mais ça n'a pas suffi car nous avons onze chambres double, ce qui ne facilite pas l'isolement, et beaucoup de résidents sortent de leur chambre et déambulent dans les couloirs", a expliqué Stéphanie Remiatte.

Des personnes âgées ont aussi été hospitalisées pour d'autres pathologies avant de revenir à l'Ehpad. "C'est un ensemble de facteurs qui ne nous a pas permis d'éviter la propagation du virus", a poursuivi la directrice, qui gère un autre Ehpad où aucun cas de coronavirus n'a été constaté.

L'établissement de Mars-la-Tour a néanmoins conservé son effectif de soignants, ce qui "permet aux équipes d'aides soignants d'avoir le temps de rassurer les résidents, d'échanger avec eux", selon Stéphanie Remiatte. "Depuis vendredi, je demande aux infirmières de prévenir les familles des patients qui sont en fin de vie", afin qu'elles puissent assister à leurs derniers moments, a précisé la directrice. "On n'est pas armés face à ce genre de crise sanitaire, il faut gérer l'urgence", a-t-elle reconnu, précisant qu'un accompagnement psychologique avait été mis en place pour le personnel. 

Dans le Grand Est, selon un dernier bilan remontant à jeudi, plus de 1.400 résidents d'Ehpad et d'autres établissements médicaux-sociaux sont morts à l'hôpital ou dans leur chambre depuis le début de l'épidémie.

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