VIDÉOS - "On n'est pas couché" : ce qu'il faut retenir du passage de Manuel Valls

État d'urgence, déchéance de nationalité, chômage... Le Premier ministre a répondu aux questions de Laurent Ruquier et son équipe.

Manuel Valls dans On n'est pas couché samedi 16 janvier
Crédit : Capture d'écran France 2
Manuel Valls dans On n'est pas couché samedi 16 janvier

Le passage de Manuel Valls dans l'émission de Laurent Ruquier a été mouvementé, samedi 16 janvier. Le Premier ministre a été attaqué par les chroniqueurs et les invités d'On n'est pas couché sur la politique de son gouvernement et les dissensions qu'elle fait naître à gauche. La soirée avait pourtant bien commencé pour le chef du gouvernement arrivé sous les applaudissements du public sur le plateau - bien surveillé - de Laurent Ruquier.

Le présentateur accueillait un Premier ministre pour la première fois dans son émission, même si Manuel Valls avait déjà été invité lorsqu'il était ministre de l'Intérieur. Lors de l'émission enregistrée jeudi soir, il est venu présenter son ouvrage L'exigence, qui regroupe ses deux discours tenus devant l'Assemblée après les attentats, mais surtout il est venu s'expliquer. Car "il faut expliquer en permanence. Je crois à la force de la France qui repose d'abord sur la force du peuple. Et il faut expliquer à tout le monde, à tous les publics". Face à Léa Salamé  et Yann Moix, mais aussi face aux invités Jérémy Ferrari et Jean d'Ormesson, le patron du gouvernement n'a pas fait qu'expliquer, il a aussi dû se justifier. Voilà ce qu'il fallait retenir de ce passage télévisé.

Sur l'état d'urgence

Citant son livre et son discours après les attentats de Charlie Hebdo, Laurent Ruquier a rappelé les propos tenus par Manuel Valls. À l'époque, le Premier ministre assurait qu'il ne prendrait "jamais des mesures d'exception, qui dérogeraient aux principes du droit et des valeurs."

Un pays a besoin d'être rassuré. Il faut rassurer, protéger et évidemment être efficace

Manuel Valls

Aujourd'hui, il ne renie pas ses propos mais assure l'importance de l'état d'urgence qui a permis "de taper dans la fourmilière, d'ouvrir des enquêtes, d'assigner des personnes qui sont en lien avec la mouvance terroriste. Un pays a besoin d'être rassuré. Il faut rassurer, protéger et évidemment être efficace" a-t-il insisté, alors que Léa Salamé rappelait le résultat des quelques 3000 perquisitions effectuées depuis le début de l'état d'urgence, à savoir une seule mise en examen pour terrorisme.

Sur la déchéance de nationalité

Durant l'émission, Manuel Valls a défendu ce projet de révision constitutionnelle qu'il présentera lui-même devant le parlement. "C'est très important de marquer quelque chose de définitif entre ces Français qui s'attaquent à ce que nous sommes et de leur dire vous ne faites plus partie de notre république [...] Je crois à la force des symboles", a-t-il assuré.


Pourtant, comme l'a précisé Léa Salamé, cette mesure peut être perçue comme une attaque à l'encontre d'un autre symbole : l'égalité de tous les français face à la loi. "Il ne s'agit pas de cibler les bi-nationaux, il ne s'agit pas de mettre en cause ceux qui ont une ou deux autres nationalités, il s'agit de cibler des hommes et des femmes qui tuent" a rétorqué le chef du gouvernement.

Sur Christiane Taubira

Déchéance de nationalité oblige, le Premier ministre a dû aborder le cas de la garde des sceaux qui a refusé de porter ce projet de réforme devant le parlement. Pour Christiane Taubira, cela va à l'encontre des valeurs de la République française comme le droit du sol. "Je crois qu'elle se trompe" a simplement réagi Manuel Valls, qui ne voit pas la ministre quitter le gouvernement pour autant. "Chacun a sa sensibilité, ses convictions, on les défend, c'est normal".

Sur l'intervention de Jean d'Ormesson

L'académicien venu présenter son dernier ouvrage, Je dirai malgré tout que cette vie fut belle, a su s'adresser au ministre avec toute la verve qui fait son succès. Jean d'Ormesson n'a pas été tendre avec Manuel Valls au sujet de la déchéance de nationalité mais aussi de sa "droitisation" : "Je crois que cette histoire de déchéance n'a véritablement aucun intérêt", a-t-il commencé.


"Imaginez quelqu'un qui va faire un attentat, qui va donc accepter de mourir, il va se dire : 'ho je vais perdre ma nationalité française'. Monsieur le Premier ministre, vous avez un grand talent mais quelque fois je me demande s'il n'y a pas une ombre d'enfumage. Je me demande si vous ne voulez pas changer de majorité [...] Toute la France s'est droitisée, ce qu'il y a de plus frappant c'est que le Parti socialiste s'est droitisé, que Hollande s'est droitisé, et que vous, je ne veux pas vous insulter, mais vous vous êtes droitisé.

Sur le chômage

L'autre aspect de la politique gouvernementale sur lequel Manuel Valls a été attaqué, c'est la progression du chômage. "Vous êtes au pouvoir depuis deux ans, vous avez appliqué une politique que vous avez assumée, une politique pro-entreprises, en expliquant aux Français que ça allait faire baisser le chômage. Deux ans après il y a 700 000 chômeurs de plus" a constaté Léa Salamé en insistant : "Vous êtes sûr que votre politique est la bonne ? Parce qu'il n'y a pas de résultat".

Une question qui a un peu agacé Manuel Valls : "Moi je pense que notre politique, c'est la bonne (...) Il y a une force dans notre économie. Arrêtons de parler de la France comme si c'était l'Albanie il y a 30 ans ! (...) Avec une croissance d'avantage soutenue, avec les entreprises qui ont plus de moyens pour embaucher qui n'ont pas peur d'embaucher, en faisant en sorte que le marché du travail soit plus souple, je pense que nous aurons des résultats".

Laurent Ruquier n'a quand même pas pu s'empêcher de faire remarquer au Premier ministre qu'une stagnation du chômage ne jouerait pas en la faveur de François Hollande, qui ne pourrait sans doute pas se représenter lors des élections présidentielles de 2017. Une situation qui pourrait avantager Manuel Valls s'ils décidait de se porter candidat. Avec un sourire celui-ci s'est contenté de répondre : "Je n'ai pas de perversité."

Sur des primaires à gauche

Dans la continuité de ces propos, Manuel Valls a rejeté l'idée d'une primaire à gauche, estimant que François Hollande étant le "candidat naturel" en tant que président sortant. Il en a profité pour tendre une perche aux alliés potentiels à la gauche du PS en revenant sur la leçons des élections régionales. Une multitude de candidatures ne pourrait que nuire aux partis de gauche voire même à la France, selon lui. Car "il y a les attentats, mais il y a aussi le populisme qui prospère" et d'élection en élection, "les divisions font le jeu du Front National".

Sur l'intervention de Jérémy Ferrari

La fin de l'interview ministérielle a été marquée par l'intervention de l'humoriste Jérémy Ferrari. Loin de vouloir faire rire, il s'est adressé à Manuel Valls sur un ton très vif. Déjà lors du débat sur la déchéance de nationalité, il avait tenté de prendre la parole pour rappeler à Manuel Valls que les auteurs des attentats du 7 janvier n'étaient pas des bi-nationaux.

Vous, vous êtes en guerre. Nous, on n'est pas en guerre. Nous on se fait tirer dessus quand on va voir des concerts

Jérémy Ferrari à Manuel Valls

En fin d'émission, un dessin de presse sur les hommages rendus aux victimes de Charlie Hebdo lui a permis d'interpeller une nouvelle fois le Premier ministre. L'humoriste a attaqué le gouvernement sur son soutien au gabonais Ali Bongo, qu'il a qualifié de "dictateur" et qui n'aurait pas dû être, selon lui, aux hommages rendus à Charlie Hebdo. Jérémy Ferrari est ensuite revenu sur les propos du Premier ministre quant à la situation militaire de la France en lâchant : "Vous, vous êtes en guerre. Nous, on n'est pas en guerre. Nous on se fait tirer dessus quand on va voir des concerts."


Une altercation qui en a rappelé une autre à Laurent Ruquier et son équipe : celle de Daniel Balavoine et François Mitterrand en 1981.

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par Michael DucoussoJournaliste
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2016-01-17 04:06:00
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