6 min de lecture Présidentielle 2017

Mélenchon, Hamon, Valls... Ces candidats qui prônent une VIe République

ÉCLAIRAGE - "VIe République", "République moderne", "Rénovation de l'engagement politique"... Les candidats à l'élection présidentielle sont nombreux à appeler de leurs vœux une évolution de la Constitution française.

Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et Manuel Valls
Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et Manuel Valls Crédit : AFP
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

La Ve République ne serait plus la solution. C'est le constat établi par certains candidats à la primaire de la gauche et à l'élection présidentielle. Jean-Luc Mélenchon, mais aussi Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Manuel Valls vantent les mérites d'une VIe République dans leur programme. Ce sujet est ainsi devenu l'un des points centraux de la campagne, sur lequel chacun essaye de se distinguer.


Selon un sondage RTL, Le Figaro, LCI publié le 8 janvier dernier, Manuel Valls arriverait toujours en tête du premier tour de la primaire de gauche devant Arnaud Montebourg et Benoît Hamon. Mais l'ancien premier ministre ne conserverait pas sa première place lors du second tour. Il serait battu par Arnaud Montebourg ou tomberait à égalité avec Benoît Hamon. Lors du premier tour, l'ancien premier ministre de François Hollande récolterait 35% dans l'hypothèse où 4,6 millions de personnes voteraient. Il devance ainsi Arnaud Montebourg (24%), Benoît Hamon (23%), Vincent Peillon (9%), Sylvia Pinel (5%), Jean-Luc Bennahmias (2%) et François de Rugy (2%). 

Une Assemblée consituante pour Jean-Luc Mélenchon

Selon le candidat de la France insoumise, la refondation de la France doit passer par la mise en place d'une VIe République. "L'ère du peuple doit commencer, affirme-t-il sur son site. La révolution citoyenne à laquelle je crois est le moyen pacifique et démocratique de tourner la page de la tyrannie de l'oligarchie financière et de la caste qui est à son service". Jean-Luc Mélenchon assure qu'il sera "le dernier président de la Ve République" et qu'il rentrera chez lui "sitôt qu'une Assemblée constituante, élue pour changer de fond en comble la Constitution, ait aboli la monarchie présidentielle et restauré le pouvoir de l'initiative populaire". 

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En une des Inrocks, ce mercredi 11 janvier, celui qui était déjà candidat en 2012 affirme qu'il souhaite mener une réécriture populaire de la Constitution. À cela s'ajoute une dénonciation des traités européens actuels : "Où est le problème ? On fait naître un nouveau monde. Quand je parle de révolution citoyenne, ce n'est pas une réforme au rabais que je propose".

Il détaille dans un entretien accordé à l'hebdomadaire le déroulé de ce changement de Constitution : "Le gouvernement et l'Assemblée élue en mai (les élections législatives auront lieux en juin, ndlr) diront comment on forme cette nouvelle assemblée. Je souhaite qu'une partie soit tirée au sort et l'autre élue. On commencera en septembre ou octobre 2017. Une fois finie la mise en place, peut commencer l'écriture collaborative de la nouvelle Constitution. Il faudra sans doute un an et demi pour finir. Le texte sera ensuite soumis au peuple par référendum".

Un 49.3 citoyen pour Benoît Hamon

Benoît Hamon souhaite "faire battre le cœur de la France" et, selon le candidat, cela passe par la mise en place d'une VIe République. L'ancien ministre de l'Éducation souhaite donner "le pouvoir aux citoyens d'écrire la loi de manière collaborative par l'écriture d''amendements citoyens' sur le modèle du projet de loi pour une République numérique". Sur son site, il détaille aussi son projet de "49.3 citoyen".

Cette mesure apporterait, selon lui, "un pouvoir réel" et "concret, qui mettrait fin à la "démocratie intermittente". Elle permettrait à 1% du corps électoral d’imposer au Parlement d’examiner une proposition de loi proposée par les citoyens (droit d’initiative citoyenne), de suspendre l’application d’une loi adoptée par le Parlement, jusqu’à un an après sa promulgation, pour que celle-ci soit soumise à référendum (référendum d’initiative citoyenne). Le principe du 49.3 sera soumis à référendum dès le second tour des législatives".

Participation des citoyens à l'élaboration de la loi, modernisation du Conseil constitutionnel, septennat unique du président de la République... Le candidat à la primaire de la gauche propose 18 mesures. Il milite également pour le non-cumul des mandats dans le temps. Objectif : limiter la "professionnalisation de la politique et donner plus de diversité et de représentativité à nos élus".

Réformer le sénat pour Arnaud Montebourg

Chez Arnaud Montebourg, le terme utilisé est "La République nouvelle". Le candidat du "made in France" souhaite mettre fin aux "décisions absurdes", "unilatérales", arbitraires" qui ont pour conséquence de détourner les citoyens "un peu plus à chaque élection". Tout comme son rival, Benoît Hamon, l'ancien ministre du Redressement productif souhaite mettre en place un septennat non renouvelable. "Nous avons l'impression que la France est en permanence en campagne présidentielle : cela est essentiellement lié au fait que le quinquennat organise la possibilité d'un deuxième mandat, le Président est donc toujours en campagne", explique-t-il sur son site.

Le candidat à la primaire de la gauche compte "construire une démocratie nouvelle, capable de faire entrer les citoyens dans le système politique, rétablir la confiance dans l'action publique, supprimer les privilèges de l'oligarchie et se donner les outils pour bâtir les compromis dont nous avons besoin". Il propose ainsi un référendum sur cette nouvelle République dès l'été 2017. Autre mesure : la réforme du Sénat. Le 5 novembre dernier, Arnaud Montebourg a dévoilé qu'il souhaitait proposer "l'entrée des citoyens par tirage au sort de cent sénateurs dans le contrôle politique du gouvernement et de l’exécutif français".

L'ancien ministre mise sur l'introduction de la responsabilité des ministres devant l'Assemblée nationale. Il s'agit de la possibilité de destituer un ministre "sans pour autant faire chuter l'ensemble du gouvernement. Cela ne remet pas en cause la stabilité du système mais cela permet des contre-pouvoirs".

Supprimer le 49.3 pour Manuel Valls

"Insuffler une renaissance démocratique". Manuel Valls fait aussi partie des candidats souhaitant changer de Constitution. "L'éloignement des citoyens vis-à-vis de leurs dirigeants ne doit pas être une fatalité, juge le candidat qui veut répondre à cette crise de défiance en donnant à chacun les moyens de s'engager". 

L'ancien premier ministre propose ainsi de réduire le nombre de députés et de sénateurs tout en leur accordant "plus de moyens pour mieux exercer leurs fonctions essentielles de contrôle de l’exécutif et d'évaluation de la loi". Il détaille ainsi d'autres propositions sur son site, comme la limitation du cumul des fonctionnaires et "imposer un maximum de trois mandats consécutifs". 

Manuel Valls propose de limiter le recours au 49.3. Quelques jours après l'annonce de sa candidature, l'ancien premier ministre l'avait critiqué alors qu'il s'en était lui-même servi dans le cadre de la loi Macron et de la loi Travail. Il ajoute qu'il souhaite "inventer une nouvelle répartition des rôles entre l’Etat et les collectivités avec la réforme de la fiscalité locale, la garantie de l’autonomie fiscale, la mise en œuvre d’un pouvoir réglementaire régional".

Supprimer la Cour de Justice pour Vincent Peillon

Autre candidat à la primaire de la gauche, Vincent Peillon souhaite instaurer une "République moderne où chacun est représenté, où la délibération est approfondie, où des majorités du gouvernement se bâtissent autour de priorités claires", peut-on lire sur son site.

Il prône ainsi la suppression de la Cour de Justice : "L'autorité judiciaire doit être conçue comme un pouvoir constitutionnel à part entière, au sein d'institutions reposant sur le principe effectif de la séparation des pouvoirs. Il est plus que temps de supprimer la Cour de Justice de la République mais surtout de garantir aux magistrats du parquet leur indépendance".

Le candidat ajoute que l’Assemblée nationale doit être élue au scrutin proportionnel dans les grandes régions, dans le but de favoriser "une présence paritaire de femmes et d’hommes. Le nombre de députés devra être réduit mais leurs moyens de travail en amont et en aval de la procédure législative sensiblement augmentés. Je souhaite instaurer le mandat unique, le non cumul dans le temps (maximum trois mandats) et créer un statut de l’élu permettant une plus grande diversité sociologique de la représentation". Au micro de RTL, le 10 janvier dernier, Vincent Peillon évoquait même un scrutin à la "proportionnelle intégrale", afin de permettre, selon lui, "à toutes les familles et à toutes les sensibilités politiques d'être représentées".

Plus de proportionnelle à l'Assemblée pour Emmanuel Macron

Même s'il n'emploie le terme de VIe République, Emmanuel Macron prône la "rénovation de l'engagement politique". D'après lui, la politique "ne doit pas seulement consister à voter à une échéance régulière et/ou à être élu, mais également à faire partout avancer les choses avec sérieux et bienveillance, à petite comme à grande échelle".

Le fondateur d'"En Marche !" veut dépasser "les vieux clivages" et mettre en place une politique "qui produit des résultats perceptibles, qu'il s'agit de développer et de promouvoir. Notre responsabilité collective est de rendre cela possible pour tous -en inventant les voies et moyens qui permettront à chacun, selon ses envies et le temps dont il dispose de prendre une part active à la refondation de notre pays".

Lors d'un meeting à Strasbourg en octobre dernier, le candidat à l'élection présidentielle annonçait vouloir introduire "plus de proportionnelle dans la représentation parlementaire, au 'risque' assumé de faire entrer plus de représentants du Front national à l'Assemblée nationale", rapporte France24.

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ÉCLAIRAGE - "VIe République", "République moderne", "Rénovation de l'engagement politique"... Les candidats à l'élection présidentielle sont nombreux à appeler de leurs vœux une évolution de la Constitution française.
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2017-01-11 16:29:00
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