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Un drapeau LGBT brandi dans les tribunes du Lumen Field de Seattle, le 3 juin 2023.
Crédit : Steph Chambers / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
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Si l'Iran et l'Égypte s'affrontent avec le même objectif de sortir pour la première fois d'une phase de poules de Coupe du monde, vendredi 26 juin au Lumen Field de Seattle (samedi 5h à Paris), c'est sur un terrain différent du sportif que cette rencontre fait parler. Avant le tirage au sort effectué en décembre dernier, le comité d'organisation de cette ville américaine située dans l'État de Washington avait décidé de dédier son troisième match de groupe à la cause LGBT+, au cœur des nombreuses festivités de son traditionnel "Pride weekend", particulièrement importantes sur place.
Mais ce label baptisant cet Iran-Égypte comme le "match des fiertés" n'est pas du goût des deux sélections, dont les pays punissent toujours l'homosexualité. Les relations sexuelles entre personnes de même sexe sont interdites par le régime de Téhéran et peuvent dans certains cas valoir la peine de mort, quand l'homosexualité est souvent sanctionnée en vertu de lois formulées de manière vague interdisant la "débauche" sur le sol égyptien.
Fin 2025, la Fédération égyptienne, dans une lettre adressée à la Fifa, avait rejeté "en termes absolus" toute activité susceptible d'être liée au soutien à la cause LGBT+ lors du match, arguant que de tels événements allaient à l'encontre des valeurs culturelles et religieuses de ce pays à majorité musulmane.
Elle y invoquait également "l’esprit d’unité et de paix" qui devait découler de cette annulation, sachant que la Fifa se revendique apolitique (même si c'est à géométrie variable dans les faits). "Il s'agit d'une décision irrationnelle qui favorise un certain groupe", avait pour sa part fustigé le président de la Fédération iranienne, Mehdi Taj.
Réponse de la Fifa ? Pour l'instance, qui réfute le terme de "match des fiertés", il s'agit seulement d'une initiative du comité d'organisation local. Autrement dit, elle n'y est pour rien, comme l'a indiqué un de ses porte-paroles à l'AFP. "Avant toute chose, je tiens à préciser qu'il n'y aura pas de 'match des fiertés' lors de la Coupe du Monde. Un match de la Coupe du Monde aura bien lieu à Seattle, et des événements organisés par des organismes extérieurs se dérouleront également dans la ville le même jour. Mais cela n'a rien à voir avec le match lui-même", expliquait d'ailleurs en janvier le patron de la Fifa Gianni Infantino au média suisse Die Weltwoche.
Concrètement, lors des précédentes Coupes du monde masculines, la Fifa mettait sur pied un comité d’organisation national unique pour les pays concernés, comme c'était par exemple le cas au Qatar. Mais au vu du gigantisme de l'édition 2026 (Canada, États-Unis, Mexique), elle a préféré répartir la grande majorité de ses opérations et de sa logistique à des comités locaux dans les 16 villes-hôtes, comme l'expliquait The Athletic il y a six mois.
À Seattle, la fête arc-en-ciel va battre son plein hors du stade tout le week-end, entre fan zones "des fiertés", décorations en ville, concours d'art et circuits dédiés aux magasins se revendiquant LGBT+. "C'est plus qu'un match, c'est une célébration dans toute la ville de la visibilité, l'appartenance à une communauté, autour du Mondial", écrit le comité d'organisation, qui s'engage "à ce que tous les résidents et visiteurs bénéficient de l'accueil chaleureux, du respect et de la dignité qui caractérisent notre région". Ces derniers mois, il disait "s’efforcer d’organiser une Coupe du monde qui corresponde aux valeurs de notre région", dans un État historiquement démocrate.
Si aucun évènement n'est prévu dans le stade, comme l'a garanti la Fifa qui a la main sur ce domaine, des drapeaux arc-en-ciel pourront toutefois bien être brandis par des spectateurs dans l'enceinte comptant près de 67.000 sièges, malgré les demandes d'interdiction des deux côtés.
"Les supporters de toutes les orientations sexuelles et de toutes les identités de genre sont les bienvenus lors des matches et des événements. Les expressions générales en faveur des droits humains, y compris les drapeaux arc-en-ciel et les autres drapeaux représentant l'orientation sexuelle et l'identité de genre, sont autorisées", selon les mots de l'instance dans un communiqué ce vendredi.
La programmation prévue par le comité d’organisation de Seattle doit concerner les activités à l’extérieur du périmètre du stade, qui ne relève pas de la juridiction de la l'instance mondiale, ce qui rend vaines les plaintes des Égyptiens et des Iraniens.
Ces derniers ne veulent d'ailleurs pas voir apparaître un autre symbole : le drapeau de l'ancien régime pré-Révolution islamique, son lion et son soleil, très visibles lors des deux premières rencontres de la Team Melli, malgré leur interdiction plus ou moins appliquée par la Fifa en raison de leur message "politique".
S'estimant maltraitée depuis le début du tournoi, et handicapée par une préparation chaotique à cause de la guerre au Moyen-Orient, l'Iran a toutefois vu les restrictions de voyage imposées par les États-Unis assouplies, et a pu arriver à Seattle mercredi en provenance de son camp de base de Tijuana (Mexique) à deux jours du coup d'envoi, ce qui avait été refusé pour ses matchs à Los Angeles.
Sur la pelouse, la sélection a glané deux points après deux nuls contre la Nouvelle-Zélande (2-2) et la Belgique (0-0). Un succès lui donnerait le sésame contre l'Égypte de Mo Salah, en ballottage favorable avec 4 points après un score de parité face aux Diables rouges (1-1) et une victoire contre les Océaniens (3-1).
Ce jeudi, les deux sélectionneurs ont botté en touche en conférence de presse, assurant vouloir se "concentrer sur le football". "Nous respectons tout le monde et nous nous engageons à respecter les principes de fair-play, mais notre priorité reste le match", a déclaré Hossam Hassan, le sélectionneur égyptien. Pour son homologue iranien Amir Ghalenoei, "toutes nos pensées sont tournées vers le foot, sont positives, on se concentre sur le terrain, pas sur ce qu'il se passera autour".
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