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Zinédine Zidane marque le pénalty qui qualifie l'équipe de France en finale de l'Euro au but en or, aux dépens du Portugal, le 28 juin 2000 au stade Roi Baudouin à Bruxelles.
Crédit : OLIVIER MORIN / AFP
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Il y a, à coup sûr, pensé lorsqu'il a foulé la pelouse du stade Roi Baudouin pour l'entraînement de veille de match des Bleus. Trois jours seulement après la victoire contre la Turquie (0-1), Zinédine Zidane et l'équipe de France enchaînent contre la Belgique à Bruxelles, lundi 28 septembre, avec pour objectif de prendre seuls la tête de leur groupe de Ligue des nations. Pour le néo-sélectionneur, cette rencontre est l'occasion de revenir sur un terrain qui l'a vu marquer l'un des buts les plus importants de sa carrière internationale.
Évidemment, quand on en a inscrit trois en finale de Coupe du monde, dont un doublé pour offrir le titre à domicile en 1998 face au Brésil, tout est assez relatif. Mais sans ce "pénalty en or" transformé face au Portugal en demi-finales de l'Euro 2000 (2-1 b.e.o.), l'histoire de "Zizou" en sélection aurait pu prendre une toute autre tournure. Car ce 28 juin, le numéro 10 tricolore, alors à la Juventus Turin, a fini d'acter la légitimité du parallèle le liant à Michel Platini dans les cœurs tricolores, obtenant définitivement le statut intouchable qui lui colle depuis à la peau.
1/3 - "ZZ", une vie en Bleu : Zinédine Zidane espère réussir ses débuts comme sélectionneur en Turquie, 32 ans après son doublé magique contre la République tchèque
En ce dernier été du millénaire, l'équipe de France débarque en Belgique et aux Pays-Bas avec autant de confiance que d'attentes, deux ans après être parvenue à orner le coq de sa première étoile. Favorite numéro 1, devant les Néerlandais, l'Espagne et l'Italie, la troupe menée par Roger Lemerre - l'ex-adjoint à qui Aimé Jacquet a laissé les commandes - est au sommet de son art, 18 champions du monde faisant toujours partie de l'effectif de 22 sélectionné.
Après deux succès contre le Danemark (3-0) et la République tchèque (2-1) à Bruges, la défaite concédée avec une équipe bis face aux hôtes oranjes à Amsterdam (2-3) pour la première place de la poule n'a pas fait poindre de trop grosses interrogations. Puis, le quart de finale contre la Roja a encore témoigné d'une montée en puissance (2-1).
Face à un outsider ambitieux, la France profite cette fois de deux coups de génie - le premier coup franc direct de Zidane avec les A et un pétard dans l'angle fermé de Youri Djorkaeff - pour passer, non sans trembler. Dans un état de grâce, Zizou était tout heureux de voir le pénalty imaginaire de Raul, pour le 2-2, s'envoler dans la tribune derrière Fabien Barthez en fin de partie, quand Gaizka Mendieta avait marqué le sien en première période. De quoi entamer la sérénité des Tricolores ? Pas vraiment.
Conséquence de l'expérience acquise depuis le championnat d'Europe 1996 qui l'avait déjà vu atteindre le dernier carré, la bande à "ZZ" se présente dans la capitale belge pour défier les Portugais du futur Ballon d'or Luis Figo, avec la ferme intention de rallier la finale pour y signer un doublé Mondial-Euro. D'ailleurs, Lemerre décide d'opérer quelques changements pour faire jouer ses ouailles avec plus de verticalité, grâce aux jeunes Thierry Henry et Nicolas Anelka devant, tandis qu'Emmanuel Petit vient renforcer la doublette Didier Deschamps-Patrick Vieira au milieu de terrain.
Une manière de laisser de beaux espaces à un certain maestro à la tonsure grandissante. Si les Bleus, en tunique blanche, encaissent le premier but d'une frappe lointaine de Nuno Gomes (19e) après avoir dominé l'entame sous le soleil rasant de Bruxelles, Zidane sonne la révolte. Lancé près de la médiane, celui qui rejoindra le Real Madrid un an plus tard provoque, casse les lignes et élimine deux Lusitaniens par sa technique et ses passements de jambes pour solliciter un jeu en triangle avec Lilian Thuram et Henry, lequel tire au dessus (33e). Une action de grande classe, qui lui donne le droit de rabrouer tout le monde.
Même avec des partenaires timorés, ZZ semble toujours dans une plénitude comparable à celle affichée face aux Espagnols, avec ses feintes de corps, dribbles et râteaux à tout va. Après la pause, Anelka centre en retrait pour Henry, qui égalise enfin d'un tir en pivot (51e) et engage une belle bataille des nerfs. Le moment choisi par Zidane pour hausser le curseur et livrer l'une de ses partitions les plus réussies de ses 108 capes.
Ce n'est pas forcément celle dont on se souvient le plus, car il y a eu le France-Brésil de 2006, et parce que Barthez a eu le mérite de laisser les Bleus dans le match en sortant une tête du peroxydé défenseur Abel Xavier sur un coup franc dans le money time (90e), quand Joao Pinto allait voir sa tentative flirter avec le poteau durant une prolongation particulièrement tendue (110e). Mais au jeu du but en or, mis en place pour qualifier la première équipe marquant après la fin du temps réglementaire, c'est finalement le maître des horloges né à Marseille qui allait avoir le dernier mot, dans la polémique.
À la 114e minute, David Trezeguet et Sylvain Wiltord - deux protagonistes que l'on retrouvera en finale contre l'Italie (2-1 b.e.o.) - signent une incursion dans la surface portugaise, et shootent chacun leur tour. Le gardien Vitor Baia repousse une première fois, tandis que la main d'Abel Xavier détourne la seconde cartouche en corner, juste devant son montant. La sanction tombe, l'arbitre de touche slovaque Igor Sramka signalant l'infraction que personne n'avait vu à son principal, l'Autrichien Günter Benko.
À l'époque, les hommes en noir n'étaient habilités à siffler qu'en cas de mimine intentionnelle, mais il y avait comme une forme de justice de voir cette balle de match accordée aux Bleus, alors que le cuir prenait clairement la direction du fond des filets sur l'action. Qu'importe les protestations des joueurs de la Seleçao, bousculant sans hésiter le corps arbitral pour écoper plus tard de six à neuf mois de suspension pour certains.
Djorkaeff pas sur le terrain, Zidane se chargera de punir le Portugal, et trompera Baia d'une lucarne à contre-pied. "Je n'ai pas vu s'il y avait pénalty. Mais il y était. Dès que je me suis emparé du ballon, je savais comment j'allais tirer. Une fois que je l'ai posé à terre, je ne me suis plus posé de question. Même si c'était dur de tirer après presque deux heures de jeu dans ce match compliqué et cinq minutes de discussions, il fallait que je le mette au fond", expliquera-t-il, après avoir soulagé tout un pays en mettant fin à 117 minutes de supplice. "Il est arrivé à maturité. Il donne la pleine mesure de ses moyens. Sur le plan technique, j'en apprends tous les jours avec lui", saluera son coach de son côté.
Sa performance, avec un but libérateur contre le Portugal en demi-finales d'un Euro bientôt remporté, comme Platini au Vélodrome en 1984, fera alors largement réagir la presse. "Pour finir, notons qu'il y a Zidane et les autres. Au moment dans sa fantastique carrière où il fallait le moins trembler, il a répondu présent. Combien de génies se sont évanouis à l'instant clé du penalty crucial. Raul, il n'y a pas si longtemps contre la France justement en quart de finale (on en serait peut-être pas là). Il était sans doute froid après les multiples discussions, pas forcément au fait de sa concentration. Non, il n'a pas tremblé. Rien que pour ce but le plus important de sa carrière, il a mis fin à un débat vain : il est bien le meilleur joueur du monde", écrira L'Humanité.
"Ses deux coups de tête aussi inattendus que ravageurs, en finale de la Coupe du Monde contre le Brésil, avaient permis aux Bleus de prendre rapidement une option définitive sur la victoire. Mais malgré tout, en dépit de ce titre mondial, de ses performances à la Juventus Turin, de ses qualités reconnues, le débat était toujours dans l'air, pouvait-il faire mieux encore ? Face au Portugal, Zinedine Zidane a joué peut-être comme Pelé ou Maradona le firent jadis", lira-t-on encore chez Le Progrès.
Dans les travées du Roi Baudoin ce lundi soir, on aimerait pouvoir pareillement palabrer autour du cas de Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé ou Michael Olise, mais il faudra probablement attendre quelques mois encore, et un rendez-vous un peu plus à la hauteur, pour se le permettre.
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