4 min de lecture FIFA

Présidence de la FIFA : du Prince Ali à Tokyo Sexwale, points forts et points faibles des sept candidats

DÉCRYPTAGE - L'instance suprême du foot a rejeté mercredi 28 octobre le 8e prétendant, David Nakhid, ex-capitaine de la sélection de Trinité-et-Tobago, pour un parrainage invalide.

De gauche à droite et de haut en bas : Gianni Infantino, le cheikh Salman, Jérôme Champagne, Musa Bility, le prince Ali, Tokyo Sexwale et Michel Platini, les candidats à la présidence de la FIFA
De gauche à droite et de haut en bas : Gianni Infantino, le cheikh Salman, Jérôme Champagne, Musa Bility, le prince Ali, Tokyo Sexwale et Michel Platini, les candidats à la présidence de la FIFA Crédit : AFP
Gregory Fortune
Gregory Fortune
et AFP

La succession de Blatter, au pouvoir depuis 1998 mais démissionnaire depuis le 2 juin en attendant la tenue de nouvelles élections, semblait promise à Michel Platini, le président de l'UEFA. Mais la donne a été bouleversée par la suspension du Français à titre conservatoire jusqu'au 5 janvier.

Platini s'est maintenu comme prétendant mais un très mauvais signal sur ses chances d'être blanchi a été lancé lundi 26 octobre avec la candidature surprise de son secrétaire général, l'Italo-Suisse Gianni Infantino. Les autres candidats sont le Français Jérôme Champagne, le cheikh bahreini Salman, le prince jordanien Ali et le Sud-Africain Tokyo Sexwale. Présentation par ordre alphabétique.

Prince Ali

Le prince jordanien Ali, demi-frère du roi Abdallah et seul adversaire de Sepp Blatter le 29 mai dernier, peut se vanter d'avoir mis le Suisse en ballottage au 1er tour avant de se retirer. Il avait eu à l'époque les votes de l'UEFA. Cinq mois plus tard, le président de la Fédération jordanienne, 39 ans, n'a plus l'appui de l'instance européenne, pas celui de la Confédération asiatique. Il semble toutefois manquer de charisme par rapport à certains de ses rivaux.

Musa Bility

Le président de la Fédération libérienne, 48 ans, n'est pas lié à l'appareil FIFA actuellement décrié. Le dernier des candidats déclarés pâtit toutefois de plusieurs points faibles. La Confédération africaine de foot lui avait refusé son soutien au tout début de sa campagne. Il n'a pas de passé politique et doit combler un net déficit de notoriété.

Jérôme Champagne

À lire aussi
Vidéo de prévention au coronavirus par la FIFA coronavirus
VIDÉO - Coronavirus : Messi et Buffon dans le clip de prévention de la FIFA

Le Français de 57 ans, actuellement conseiller à la Fédération palestinienne, souffre lui aussi d'un manque de reconnaissance malgré 11 années passées à la FIFA de 1999 à 2010 (secrétaire général adjoint et longtemps en charge des relations internationales). Cela pourrait lui valoir l'étiquette de "candidat qui plaît à Blatter". Pourtant, l'ancien diplomate, supporter de l'AS Saint-Étienne et "socio" du Barça estime que ce long bail "n'est pas un handicap". "Pour mener les réformes, il faut quelqu'un qui connaisse l'institution de l'intérieur", estime-t-il.

Gianni Infantino

Les amateurs de la Ligue des champions le connaissent : l'Italo-Suisse de 45 ans est le grand chauve polyglotte qui remue les boules et anime les tirages au sort. Le comité exécutif de l'UEFA, qui avait pourtant réitéré son soutien à Michel Platini dix jours plus tôt, appuie désormais la candidature du secrétaire général. Ce juriste a su cultiver jusqu'ici les réseaux en Europe auprès des clubs et des instances politiques (hors foot) du Vieux Continent. En revanche, s'il maintient sa candidature, il devra convaincre qu'il ne défend pas seulement les intérêts de l'UEFA, dont il incarne l'administration.

Michel Platini

L'ex-favori, est aujourd'hui dans une situation très inconfortable. Bien que suspendu 90 jours jusqu'au 5 janvier, l'ex-meneur des Bleus, 60 ans, a maintenu sa candidature en attendant la décision finale de la justice sportive. La commission électorale de la FIFA, qui n'étudiera pas sa candidature avant la levée de sa suspension, a en outre toujours le pouvoir de l'invalider au regard du critère d'intégrité. 
Mais si le président de l'UEFA depuis 2007, également vice-président de la FIFA, parvient à se présenter, il pourra compter sur son aura mondiale de légende du foot, triple Ballon d'Or (1983, 1984, 1985) et sur son bilan à la tête d'une instance européenne aux allures de super-puissance sous son règne.

Cheikh Salman

Ce membre de la famille royale du Bahreïn, président de la Confédération asiatique de football (AFC) depuis 2013, connaît bien la FIFA pour en occuper l'un des postes de vice-président. Âgé de 49 ans, il est un homme d'affaires à poigne qui cultive des liens avec l'influent cheikh koweïtien Ahmad al Fahad al Sabah, considéré comme un faiseur de rois au sein de l'instance mondiale du football.

Le Bahreini traîne toutefois de gros boulets. Il fait notamment l'objet de vives critiques de la part d'organisations de défense des Droits de l'Homme pour son rôle dans la répression du soulèvement démocratique de 2011, ce qui pourrait refroidir nombre de Fédérations européennes. 

Tokyo Sexwale

Le dernier candidat n'est certainement pas le moins important. Le Sud-Africain Tokyo Sexwale, 62 ans, est un ancien compagnon de prison de Nelson Mandela. L'homme d'affaires auréolé de son combat anti-apartheid n'est pas issu du milieu du football. Un profil qui peut représenter un atout (il apparaît comme l'homme neuf réclamé par beaucoup, loin des scandales) mais également un handicap (ce sont les présidents des 209 Fédérations membres qui élisent le président).

Le membre du comité d'organisation du Mondial 2010 dans son pays et président depuis 2015 du comité de surveillance de la FIFA pour Israël et la Palestine pâtit d'un autre problème. Issa Hayatou, président par intérim de la FIFA et, surtout, patron tout puissant depuis 1987 de la Confédération africaine (CAF) ne verrait pas d'un très bon œil l'arrivée d'un rival issu du même continent.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
FIFA Corruption à la FIFA Michel Platini
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants