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De loser maudit à premier Ballon d'or anglais depuis 25 ans : Harry Kane, l'apothéose d'une discrète machine à marquer tournée vers le collectif

Cinquième Ballon d'or anglais de l'histoire, le buteur du Bayern Munich a décroché la prestigieuse récompense du football, lundi 26 octobre, après une saison époustouflante à 73 buts.

L'Anglais Harry Kane avec son Ballon d'or au London Palladium, le 26 octobre 2026.

Crédit : FRANCK FIFE / AFP

AFP & Gabriel Joly

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Avec l'Anglais Harry Kane, le Ballon d'Or 2026 a consacré un profil rare de serial-buteur travailleur et collectif, architecte du jeu et finisseur hors pair, lundi 26 octobre devant son public du London Palladium. Bien sûr, il y a les chiffres, étourdissants : 73 buts inscrits en 2025-2026 en 65 matchs avec le Bayern Munich et l'Angleterre, une prouesse seulement dépassée par les 82 réalisations de Lionel Messi en 2010-2011.

Demi-finaliste de la Ligue des champions et médaillé de bronze au Mondial (6 buts), le Londonien d'origine brille par sa science du déplacement, sa qualité de frappe et son jeu de tête, mais sa panoplie est bien plus large que ses lignes statistiques. C'est aussi un chef d'orchestre habitué à reculer pour mieux organiser le jeu, distribuer des caviars et montrer l'exemple, comme il le fait dans le vestiaire avec une présence discrète mais respectée, toujours très écoutée.

"J'ai le sentiment d'avoir toujours eu cette qualité de passe, cette vision du jeu et cette intelligence footballistique - cette compréhension du jeu - tout au long de ma carrière. Et je pense que ces qualités se sont pleinement développées ces deux dernières années", a-t-il déclaré dans un entretien récent aux médias de l'UEFA.

Son entraîneur au Bayern Munich, club qu'il a rejoint en 2023, est sur la même longueur d'onde : "C'est quelque chose que nous avons constaté et dont nous avons pu profiter, et qui était peut-être sous-estimé à l'époque en Angleterre. Mais il se bonifie avec l'âge, comme un bon vin", disait de lui Vincent Kompany, fin avril, quand le numéro 9 de 33 ans marchait sur l'eau.

De loser né à meilleur joueur du monde

L'ouragan "HurriKane" n'a pas toujours été prophète en son pays, la faute à un début de carrière au ralenti, à Tottenham. Baladé de prêt en prêt, l'avant-centre ne s'est pas installé immédiatement chez les Spurs. Près de deux ans se sont écoulés entre son premier but sous le maillot blanc, en 2011 contre Shamrock Rovers et le suivant, contre Hull en 2013.

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Même après sa saison de révélation, en 2014-2015, il a été étiqueté comme un "one-season wonder", une sorte de phénomène éphémère, amené à retomber dans l'anonymat après une seule année réussie. Travailleur acharné, Kane a pourtant brisé le scepticisme ambiant. Il est devenu le meilleur buteur de l'histoire de Tottenham (280 buts), de l'équipe d'Angleterre (91) dont il est le capitaine, et le joueur anglais le plus prolifique en Ligue des champions (58).

L'absence de trophées internationaux, malgré une finale de Ligue des champions (2019) et deux finales à l'Euro (2021 et 2024), ont pourtant jeté un voile sur ses accomplissements personnels, lui qui n'avait jamais rien gagné sur le plan collectif avant la Bundesliga 2025. Pour sa première saison en Bavière, la malédiction l'avait d'ailleurs frappé puisque l'ogre allemand avait perdu le championnat pour la première fois en onze années. Depuis Kane s'est refait la cerise, décrochant la saison écoulée un triplé national avec son club.

Discret comme sa campagne

Cet amateur de golf aux cheveux blonds foncés, discret comme en a témoigné sa campagne en comparaison avec Kylian Mbappé et Lamine Yamal, qu'il devance au classement, a une apparence classique : marié à son amour d'adolescence avec qui il a quatre enfants, il cultive une vie privée loin des réseaux sociaux et des clichés parfois associés aux footballeurs ostentatoires.


"J'ai hâte de rentrer à la maison célébrer ça avec vous", a-t-il adressé à ses enfants restés à la maison sur la scène, une fois son prix reçu. Et d'enchaîner : "Maman et papa, vous ne m'avez jamais mis la pression mais m'avez toujours poussé à devenir meilleur... Kate, ma femme, ma meilleure amie. Nous avons eu des hauts et des bas mais tu as toujours été là. J'ai eu l'impression que tu le voulais plus que moi. Je sais que mes rêves sont devenus les tiens, tu t'es sacrifiée pour moi. C'est un trophée pour nous".

C'est un homme tout en simplicité, mais avec une grande classe, qui est entré lundi dans le cercle très restreint des Anglais ayant remporté le Ballon d'Or, aux côtés de Stanley Matthews (1956), Bobby Charlton (1966), Kevin Keegan (1978 et 1979) et Michael Owen (2001). À 33 ans, il n'a plus que quelques années pour remporter un trophée majeur, avec les Three Lions ou le Bayern. À coup sûr, il fera tout pour s'améliorer encore, à titre individuel.

"J'ai souvent joué contre lui et, à chaque fois, il était meilleur que la fois d'avant - maintenant que je joue avec lui, je comprends pourquoi", a raconté son coéquipier bavarois, Jonathan Tah, dans un entretien au Times. "Il n'est jamais satisfait, on le voit travailler avant et après l'entraînement. C'est le plus grand finisseur que j'aie vu de ma vie, et il continue de travailler dessus".

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