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Jeux paralympiques : Marieke Vervoort assure ne pas vouloir "mourir tout de suite"

Médaillée d'argent lors des Jeux paralympiques à Rio, une athlète belge de 37 ans a déjà fait les démarches pour mettre fin à ses jours.

Marieke Vervoort, sur le podium des Jeux paralympiques de Rio en septembre 2016
Marieke Vervoort, sur le podium des Jeux paralympiques de Rio en septembre 2016 Crédit : Al Tielemans for OIS / IOC / AFP
Claire Gaveau
Claire Gaveau
et AFP

Au détour des Jeux paralympiques de Rio de Janeiro, le débat sur l'euthanasie pourrait se faire une place. Toujours tabou en France, le sujet est cependant évoqué par certains athlètes. En première ligne : Marieke Vervoort. Cette athlète belge de 37 ans avait en effet révélé songé à l'euthanasie. "Je commence à penser à l’euthanasie. Malgré ma maladie, j’ai pu vivre des choses dont les autres ne peuvent que rêver (...) Rio est mon dernier souhait. Je m’entraîne très dur même si je dois lutter jour et nuit contre ma maladie", avait-elle détaillé dans un entretien au journal L'Avenir.

Mais l'athlète a précisé le fond de sa pensée dimanche 11 septembre. Médaillée d'argent sur le 400 m en fauteuil, Marieke Vervoort a assuré qu'elle voulait d'abord "profiter de chaque instant". "Des choses erronées ont été dites sur moi. Je ne vais pas recourir à l'euthanasie après Rio (...) S'il est vrai que c'est ma dernière compétition et que les papiers sont prêts depuis 2008 pour recourir à l'euthanasie, je ne veux pas mourir tout de suite", a-t-elle affirmé. 

L'euthanasie ne veut pas dire meurtre pour moi mais signifie repos

Marieke Vervoort, athlète paralympique belge
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La Belgique autorise le recours à l'euthanasie mais cela n'est pas "aisé". "Le processus est long, difficile, pour obtenir les papiers. J'ai dû prouver que ma maladie progresse et qu'il n'y a aucune chance que cela s'améliore. Trois médecins ont dû en attester", a-t-elle précisé. Avant de s'expliquer : "L'euthanasie ne veut pas dire meurtre pour moi mais signifie repos. Je suis en paix et je veux encore profiter de mes amis, de ma famille".
Originaire de Diest, la Flamande, triple championne du monde et médaillée d'or au sprint en fauteuil en 2012, a ajouté samedi à son palmarès la médaille d'argent au 400 m lors de ces Jeux paralympiques. Une ultime médaille avant de mettre fin non pas à sa vie mais bel et bien à sa carrière. "Non pas car je n'aime pas le sport, mais car mon corps ne peut plus en faire. Je souffre trop (...) C'est plus difficile de faire des courses qu'il y a quatre ans (...) Il y a deux côtés à cette médaille : la joie de l'un, mais aussi la douleur et les adieux qui arrivent de l'autre", a-t-elle déploré.

Un handicap apparu à 14 ans

La sprinteuse avait 14 ans quand sa "tétraplégie progressive" s'est déclarée. Son adolescence a été rythmée de rendez-vous "d'un docteur à un autre, qui ne savait pas ce que j'avais et m'annonçait des mauvaises nouvelles". "J'étais très déprimée. Un jour, j'ai décidé que ça suffisait, qu'il fallait que je vive à nouveau", poursuit l'athlète qui a déjà tenté de se suicider.

Quand il y aura plus de mauvais jours que de bons jours, alors j'aurai ces papiers en mains

Marieke Vervoort, athlète paralympique belge
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Malgré ses succès sportifs, les mauvais jours s'accumulent et les douleurs s'intensifient au fur et à mesure des mois. Aujourd'hui, l'athlète de 37 ans assure qu'elle n'a pas "plus peur de mourir". En partageant son histoire, Marieke Vervoort aimerait "inspirer" d'autres pays pour qu'ils ouvrent le débat et que le suicide assisté ne soit plus "tabou".

Une chose est sûre, la liste de ce qu'elle aimerait faire encore faire est longue allant de la voltige, à un voyage au Japon ou encore un musée à son effigie : "J'ai tout collecté, les articles, les reportages télé, les lettres d'encouragement, mes équipements... Toute ma carrière dans un musée, c'est mon plus grand rêve". Une manière que tout le monde se rappelle de ses exploits sportifs mais également que le monde entier se souvienne d'elle comme "d'une femme qui riait tout le temps, qui ne voyait que les bonnes choses de la vie sans se plaindre". 

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2016-09-13 17:22:16
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