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Un fan agitant un drapeau iranien devant l'hôtel des joueurs d'Iran au Mexique, pour la Coupe du monde de foot 2026.
Crédit : Guillermo Arias / AFP
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La guerre ne s'arrête pas aux portes du stade. Alors que le coup d'envoi de la Coupe du monde de football 2026 doit être donné ce jeudi 11 juin, les tensions entre les États-Unis et l'Iran, toujours enlisés dans une guerre au Moyen-Orient, font quelque peu de l'ombre à la joie de ce rendez-vous sportif mondial.
Les joueurs iraniens, qui ont gagné leur ticket pour le Mondial sur le terrain il y a plus d'un an, bien avant le début de la guerre, sont arrivés dimanche au Mexique. Un changement de programme pour l'équipe iranienne, dont le camp de base devait à l'origine être situé en Arizona, aux États-Unis, mais qui a finalement été déplacé à Tijuana, au Mexique.
Mais leur accueil n'a pas été particulièrement chaleureux chez leurs hôtes mexicains : pas de foule en délire pour les joueurs iraniens, qui sont descendus de l'avion en blazer bleu et t-shirt blanc, et accueillis par une équipe de militaires et leurs chiens. La délégation iranienne elle-même a été largement épurée par rapport à ce qui est coutume pour un tel événement : une quinzaine de membres n'ont pas été acceptés, notamment des dirigeants de la fédération et des responsables médiatiques. L'attaquant Sardar Azmoun a lui-même été écarté de l'équipe après des publications sur les réseaux sociaux qui n'ont pas plu au régime iranien.
Après leur arrivée sur le territoire mexicain, les joueurs iraniens ont été escortés par la police et les militaires jusqu'à leur hôtel, le Marriott. Des images prises lors de ce déplacement s'apparentent davantage à un transfert de prisonniers qu'au convoi d'une délégation sportive. La presse mexicaine parle même de plus d'une centaine de membres de sa guardia nationale pour sécuriser le premier entraînement des joueurs iraniens, qui s'est tenu à huis clos.
Si les Iraniens semblent être persona non grata aux États-Unis pour cette Coupe du monde, ils devront pourtant se rendre sur le territoire américain pour plusieurs matchs : un Iran-Nouvelle Zélande et un Belgique-Iran doivent être disputés à Los Angeles, et un Égypte-Iran à Seattle. Mais pas question pour les joueurs d'en profiter pour voir du pays. D'après l'ambassadeur iranien, les visas délivrés pour l'occasion sont de courte durée, moins de 24 heures, juste le temps pour les joueurs de sauter dans le bus qui les ramènera à Tijuana après le coup de sifflet final.
Ce n'est pourtant pas la première fois qu'une rencontre sportive se tient dans un contexte plus que tendu entre l'Iran et les États-Unis : en 1998, un match Iran-États-Unis avait été disputé au stade de Gerland, à Lyon, où les joueurs iraniens avaient offert des fleurs à leurs homologues américains juste avant le coup d'envoi. Cette fois-ci, difficile d'imaginer un apaisement des tensions au nom du sport. D'autant qu'une rencontre entre l'Iran et les États-Unis en huitième de finale du Mondial reste une possibilité.
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