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Lionel Messi avec l'Argentine lors de la Coupe du monde contre l'Egypte, le 7 juillet 2026 à Atlanta.
Crédit : Buda Mendes / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
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À 39 ans, il n'a pas fini de nous étonner. Champion du monde en titre, Lionel Messi est à un match d'accomplir le plus grand exploit de sa fabuleuse carrière : mener l'Argentine vers le premier back-to-back depuis le Brésil de Pelé (1958-1962), ce que seule l'Italie de Giuseppe Meazza (1934-1938) avait réalisé avant cela. Le tout, en étant déjà parti en préretraite du côté de l'Inter Miami. Ce dimanche 19 juillet au MetLife Stadium d'East Rutherford, il peut définitivement asseoir son statut de meilleur joueur de l'histoire de son sport, en cas de victoire contre l'Espagne en finale de la Coupe du monde (21h sur M6 et M6+).
Cet été, il aura été l'acteur majeur d'un scénario hollywoodien autour de l'Albiceleste, qualifiée pour la dernière étape de la défense de son titre dans le New Jersey. Son triplé d'entrée contre l'Algérie (3-0) a directement témoigné de sa forme étincelante, lui qui a ensuite dépassé et amélioré le record absolu de buts dans le tournoi que détenait l'Allemand Miroslav Klose (16, contre 21 aujourd'hui), avec un doublé contre l'Autriche (2-0) et même un coup franc direct face à la Jordanie en sortie de banc (3-1) pour un sans-faute en poules.
La suite ? Un thriller à rebondissements pour sa sixième Coupe du monde. De toute la phase à élimination directe, les Argentins n'auront jamais mené un match à la 90e minute de jeu, ce qui ne les aura pas empêcher de passer à chaque fois par des trous de souris, contre des adversaires pourtant plus faibles.
Passés en prolongation en seizièmes contre un Cap-Vert novice (3-2 a.p.) et face à une Suisse réduite à dix en quarts (3-1 a.p.), ils ont également effectué deux folles remontées, s'imposant dans le temps réglementaire après avoir été menés de deux buts contre l'Égypte jusqu'à la 79e en huitièmes (3-2) et d'un but par l'Angleterre à la 85e en demi-finales (2-1). Le point commun ? À chaque fois, "la Pulga" était là pour se montrer décisif, que ce soit d'une volée égalisatrice rageuse contre les Pharaons ou de deux caviars exceptionnels face aux Three Lions.
Sa série est tout simplement légendaire : 15 matchs sur ses 16 derniers dans le tournoi avec au moins une contribution offensive, lui qui est en course pour être meilleur buteur (8 comme Kylian Mbappé) et meilleur passeur (4, une de moins que Michael Olise) de cette édition. Et ce, alors qu'il a pourtant raté deux pénaltys en sept rencontres.
Même en cas de défaite face à la Roja, le gaucher génial resterait déjà comme l'un des trois plus grands joueurs de la compétition avec Pelé et son illustre compatriote, Diego Maradona. Ce qui était très loin d'être gagné au sortir de l'élimination contre l'équipe de France en huitièmes de finale de l'édition 2018 (4-3).
À l'époque, la relation de Messi avec la Coupe du monde, et plus généralement du football de sélection, était conflictuelle. Il y a exactement 10 ans, dans ce même stade de la banlieue de New York où il va tenter de battre la Roja, il avait d'ailleurs annoncé sa retraite internationale après sa quatrième défaite en autant de finales : trois à la Copa America en 2007, 2015 et 2016 et une au Mondial contre l'Allemagne en 2014 (0-1 a.p.).
Depuis, il s'est ravisé. Quelle meilleure scène donc pour le voir tenter de nouveau de s'adjuger la timbale, qui plus est face à son pays d'adoption dont il détient la nationalité depuis 2005, peu après ses débuts au FC Barcelone ?
"C’est évidemment une sélection que je connais bien, avec la même philosophie de jeu depuis de nombreuses années. Je connais bien ses joueurs : je les ai affrontés, je les suis, plusieurs d’entre eux évoluent au Barça, un club qui m’est cher. Ce sera un match spécial, car c’est une finale de Coupe du monde", a-t-il d'ailleurs reconnu après la qualification mercredi, lui qui donnait le bain même à Lamine Yamal bébé, en 2007 dans le cadre d'une campagne solidaire avec l'Unicef.
Bientôt quarantenaire, ce pur produit de la Masia, passé ensuite au PSG, ne court plus comme avant, mais a su faire évoluer son jeu pour rester celui qui possède un droit de vie ou de mort sur les rencontres, durant lesquelles il semble chasser ses adversaires en marchant et guettant le moindre espace pour créer un décalage.
"Cela fait un an que je me prépare et que je m'entraîne pour ça. J'ai même passé le mois de décembre en Argentine en m'entraînant le matin et l'après-midi. Lors de la dernière Copa America, je n'étais pas au mieux sur le plan physique, je me suis blessé. Cette fois, je me suis préparé à fond pour en profiter et je suis venu au meilleur de ma forme", expliquait-il justement cette semaine.
"Dans les quinze, vingt ou vingt-cinq dernières minutes, quand il l'a pu, Messi a pris le ballon. Et Messi s'est mis à jouer comme s'il était dans son jardin", s'émerveillait son sélectionneur, Lionel Scaloni, après l'Angleterre. "Il est notre équilibre, notre guide, notre leader. Nous allons continuer à tout donner pour lui", résumait son coéquipier Lautaro Martinez, alors que ses partenaires n'hésitent pas à défendre physiquement leur capitaine au moindre contact subi. Ce qui renforce toujours plus l'idée d'une Argentine avec son leader et ses dix soldats sur le pré.
"Qu'il fasse ce qu'il veut sur le terrain", le laisse d'ailleurs libre Scaloni, selon ses propos durant le tournoi. "À 39 ans, certains pensent qu'il n'est peut-être plus à la hauteur. Pour l'instant il est le meilleur et pour aussi longtemps qu'il le souhaitera - et je ne dis pas ça car je suis son sélectionneur - il continuera à être le meilleur". De fait, l'octuple Ballon d'or est désormais le favori pour en remporter un neuvième au vu de son tournoi et celui-ci peut se conclure avec une énième folie ce dimanche, avec un quadruplé historique aligné par l'Argentin : deux Copa et deux Mondiaux.
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