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"Ce groupe ne cesse de me surprendre" : insubmersible, l'Argentine a de nouveau activé le mode survie pour arracher sa place en finale de la Coupe du monde

L'Argentine a refait le coup, en s'extirpant d'une situation délicate face à l'Angleterre en demi-finale de Coupe du monde mercredi 15 juillet. L'Albiceleste de Lionel Messi n'a jamais renoncé depuis le début de la compétition et s'offre ainsi le droit de rêver à un nouveau sacre contre l'Espagne de Lamine Yamal dimanche.

Lionel Messi va disputer sa troisième finale de Coupe du monde après la victoire de l'Argentine contre l'Angleterre en demi-finale de Coupe du monde mercredi 15 juillet.

Crédit : PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP

Julien Benesteau-Tellier

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La "grinta" peut se traduire comme une énergie intense, une détermination inébranlable dans la poursuite d'un objectif. Une expression souvent employée pour décrire la niaque des joueurs sud-américains, bien que le mot, lui, soit issu de l'italien. Mais les clichés ont parfois la peau dure, car cette équipe d'Argentine incarne à merveille cet état d'esprit combatif.

Encore invaincue, l'Albiceleste a réalisé un sacré tour de force, en tordant le cou à l'Angleterre mercredi 15 juillet (1-2), pour s'offrir une deuxième finale de Coupe du monde consécutive. D'ailleurs, à la fin de cette partie qui a longtemps ressemblé à un combat de MMA, sur fond de conflit historique entre les deux pays, ce sont eux qui ont sorti une banderole sur laquelle on pouvait lire : "Les Malouines sont Argentins".

Car c'est quand on les croit morts, qu'ils sont les plus dangereux dans ce Mondial. Alors que l'Angleterre avait fait le plus dur en ouvrant la marque par Anthony Gordon (1-0, 55e) dans la furia d'Atlanta, Enzo Fernandez (1-1, 85e) et Lautaro Martinez (1-2, 90e+2) ont surgi des abysses pour ramener à hauteur la sélection aux trois étoiles sur le maillot.

"Cette équipe continue de montrer de quel bois elle est faite", s'est réjouie le buteur de l'Inter Milan. "Ils [les Anglais] se sont fatigués. Ils ont pressé pendant 60 minutes et ils ont arrêté quand ils ont marqué", a-t-il analysé. "Ils ont reculé et ça nous a donné de la tranquillité pour avoir le ballon, le terrain s'est agrandi." 

En fin de match, les Sud-américains ne se sont jamais avoués vaincus. Sous l'impulsion d'un Lionel Messi de gala, auteur de deux nouvelles passes décisives, ils ont totalement asphyxié les Britanniques. L'octuple Ballon d'or, 39 ans, a encore éclaboussé la compétition de son talent et fait oublié son âge. "Aujourd'hui, dans les quinze, vingt ou vingt-cinq dernières minutes, quand il l'a pu, Messi a pris le ballon. Et Messi s'est mis à jouer comme s'il était dans son jardin", a salué son entraîneur Lionel Scaloni.

Bousculés quatre fois, victorieux quatre fois

Tel un phénix, l'Albiceleste de la Pulga a pris l'habitude de finir fort les rencontres, à défaut de se mettre à l'abri. La phase à élimination directe aura été un véritable parcours du combattant, en dépit d'oppositions à leur portée sur le papier, pour se hisser en finale, bien qu'ils avaient aligné un 9/9 en poules.

Ils ont peiné comme jamais, concédant deux égalisations, contre un Cap-Vert novice dans la compétition en seizièmes de finale (3-2 a.p.). Puis face à la Suisse en quarts (3-1 a.p.), les Argentins ont de nouveau attendu la prolongation pour faire la différence en supériorité numérique. Et ce, alors qu'avant l'expulsion pour une simulation au milieu du terrain de Breel Embolo via la VAR dans la foulée du but suisse, on ne donnait pas cher de leur peau.

Encore plus insensé, contre l'Égypte en huitièmes, ils ont renversé un déficit de deux buts en un quart d'heure pour se qualifier au bout du temps additionnel (3-2). "Ce groupe ne cesse de me surprendre", s'est exprimé le sélectionneur argentin. "On va essayer de gagner, on va tout donner. Ce que montrent les joueurs est impressionnant. Nous sommes vraiment uniques, et ce n'est pas de l'arrogance, du fond du cœur, ces gens nous ont porté vers la victoire aujourd'hui", saluant au passage le soutien sans faille de ses supporters.

Peu importe les scénarios, cette équipe-là semble capable de revenir de nulle part. Tout ce que la France n'a pas sur faire lorsqu'elle a été menée pour la première fois de la compétition face à l'Espagne dans l'autre demie. La Roja, qui disputera sa deuxième finale dans un Mondial après sa victoire en 2010, pourra-t-elle contrecarrer l'histoire en marche de l'Argentine, bien décidée à réaliser le premier back-to-back dans le tournoi depuis le Brésil il y a 64 ans ? Réponse dimanche 19 juillet (21h, diffusé en direct sur M6 et M6+).


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