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Lamine Yamal (Espagne), le trophée de la Coupe du monde et Lionel Messi (Argentine).
Crédit : AFP
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C'est un bouquet final de haute volée qui se prépare pour le dernier volet de la saga. Après 103 rencontres, 307 buts et 39 jours de compétition dans un format inédit, la Coupe du monde 2026 s'apprête à rendre son verdict avec une finale 100% hispanophone entre l'Espagne, championne d'Europe en titre, et l'Argentine, championne du monde sortante et vainqueure des deux dernières Copa América, dimanche 19 juillet au MetLife Stadium d'East Rutherford dans le New Jersey (21h, diffusé en direct sur M6 et M6+).
Si l'on imaginait l'équipe de France qualifiée pour ce dernier acte dans la banlieue de New York, cette affiche a de quoi faire saliver, d'autant que la Finalissima - le désormais habituel duel entre les deux titans continentaux du moment - avait été annulée en mars, car prévue au Qatar en pleine guerre au Moyen-Orient.
Un mal pour un bien sur le plan footballistique, car aucune des deux nations n'aura d'avantage psychologique sur l'autre, leur dernier affrontement remontant à 2018 (6-1 pour la Roja), et leur unique en compétition au Mondial 1966 (victoire argentine 2-1). Alors que l'enchaînement des France-Espagne a prouvé combien il est périlleux de renverser une dynamique d'un claquement de doigts sur la scène internationale.
Cette finale est finalement celle de la logique, au bout de cinq semaines où les surprises auront été finalement assez rares en termes de résultats.
L'Argentine aura été la reine du money-time durant la phase à élimination directe, parvenant à survivre au terme de scénarios renversants et tendus (Cap-Vert, Égypte, Suisse, Angleterre). Quand l'Espagne - l'allégorie de l'équilibre, qui reste sur une série de 38 matchs officiels sans défaite - a invariablement décidé du tempo de ses oppositions (Autriche, Portugal, Belgique, France), en ne concédant qu'un seul but en sept parties.
Leur présence à une marche de la timbale consacre les deux meilleurs collectifs du tournoi, quand bien même celui des tenants du titre est organisé autour d'un seul homme qui défie toutes les limites : Lionel Messi, qui peut encore décrocher les titres de meilleur buteur (8) et meilleur passeur (4).
"Être parvenu à atteindre une finale comme il l'a fait, au moment où il en est, à 39 ans, c'est quelque chose d'incroyable", s'émerveille Lionel Scaloni, son sélectionneur. "L'histoire et la légende, c'est lui et tout ce groupe de joueurs qui nous ont fait vivre des années merveilleuses".
Face au numéro 10 et sa talentueuse escouade (Enzo Fernandez, Alexis Mac Allister, Julian Alvarez, Emiliano Martinez en tête), les Ibères du jeune Lamine Yamal (19 ans) - dont la probable titularisation risque d'ajouter la dimension du choc des générations à cette finale, déjà frappée du sceau du Barça avec Messi - pourront toutefois compter sur leur empire du milieu. Avec le trio Rodri-Fabian Ruiz-Dani Olmo, on voit mal quelle sélection pourrait perturber la quiétude, si ce n'est pas cette Argentine rugueuse, qui pourrait être tentée de la faire dégoupiller mentalement.
Nul doute que Luis de la Fuente, le sélectionneur espagnol de 65 ans, aura prévenu ses ouailles, qu'il connait pour la plupart depuis ses années auprès des équipes de jeunes de son pays, notamment les Espoirs avec Mikel Oyarzabal ou encore Mikel Merino. Il partage d'ailleurs un point commun avec son homologue Scaloni, son cadet âgé de 48 ans qu'il a formé lorsqu'il passait ses diplômes d'entraîneur en Espagne en 2017.
"Scaloni et moi nous rejoignons sur les concepts, les valeurs et les principes qui animent les deux équipes", a-t-il expliqué. "Dans cet équilibre, il faut essayer de gagner sur des détails. Nous savons que le match offrira beaucoup d'alternatives", a-t-il ajouté avant la finale entre "deux super équipes, avec beaucoup de similitudes et chacune essaiera d'amener le match là où ça l'arrange".
Les deux coachs partagent également le fait d'avoir été critiqués par ceux qui réclamaient des noms plus clinquants à leurs arrivées respectives en poste. Désormais, voici De la Fuente à 90 ou 120 minutes d'un doublé Euro-Coupe du monde, qui rappelle forcément l'âge d'or de l'époque Vincente del Bosque avec les Andres Iniesta, Carles Puyol, Xavi, Iker Casillas et Sergio Ramos (Euro 2008-Mondial 2010-Euro 2012).
Tandis que Scaloni peut s'affirmer comme l'un des tout meilleurs sélectionneurs de l'histoire avec un quadruplé inédit : deux Copa América et deux Coupes du monde, sachant que le back-to-back planétaire n'a plus été fait depuis le Brésil en 1962.
Cette Coupe du monde aura été placée sous le signe des excès en tout genre, de la déraison sportive - entre un carton rouge annulé sur fond politique ou l'impossibilité des Iraniens à concourir dans l'équité - aux atteintes à la dignité humaine, comme l'a démontré le refus sur le territoire américain d'un arbitre somalien. D'ailleurs, ce n'est pas le show de la mi-temps - parti pour s'étirer bien au-delà des 15 minutes de pause qui font que le football est bien du football -, avec Justin Bieber, Madonna, BTS, Shakira et compagnie, qui va dénoter.
On déplorera pareillement la présence de Donald Trump aux côtés du décrié patron de la Fifa, Gianni Infantino, pour remettre le trophée à Messi ou à Rodri, les deux favoris du prochain Ballon d'or, à l'issue de la finale.
"Je n'ai pas envie d'aller en prison", a justement déclaré l'attaquant espagnol Borja Iglesias, connu pour ses prises de position contre le racisme ou l'homophobie, à qui la revue Panenka demandait s'il allait se plier aux protocoles prévus en dépit de ses opinions. "J'espère saluer Trump à un moment où nous serons tous très heureux, que ça passe très vite et que je puisse oublier."
Puisqu'on en est à devoir s'accommoder de la démesure, autant que les artistes du jeu se l'approprient. Quatre ans après l'invraisemblable 3-3 du France-Argentine, on signerait bien pour une aussi époustouflante déflagration, que cela aboutisse à une deuxième étoile espagnole ou à une quatrième argentine, appelée des vœux de tous les hinchas sur place, en tribunes. Vamos muchachos !
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