3 min de lecture Coupe du monde 2022

Coupe du Monde : le Mondial 2022 au Qatar se prépare sous les critiques

ÉCLAIRAGE - La Coupe du Monde 2018 en Russie a été un sans faute. Place maintenant au prochain défi : le Qatar en 2022. Malgré son avance sur le calendrier, le pays fait face à de nombreuses critiques.

Image de synthèse du Ras Abu ABoud Stadium, un des stades qui accueillera les matches de la Coupe du Monde 2022
Image de synthèse du Ras Abu ABoud Stadium, un des stades qui accueillera les matches de la Coupe du Monde 2022 Crédit : FIFA
Leia Hoarau
Leia Hoarau
Journaliste

La Coupe du Monde 2018 à peine terminée, la Russie a transmis le titre de pays hôte de la Coupe du Monde au Qatar, prochain pays organisateur. Les dates de l'événement ont été dévoilées ce week-end par Gianni Infantino, président de la FIFA, au stade Loujniki.

La Coupe du Monde 2022 se déroulera du 21 novembre au 18 novembre 2022. Des dates inhabituelles, choisies pour éviter la chaleur étouffante du désert émirati. Si l'on ne sait pas encore combien de pays se disputeront le trophée - 32 nations comme en 2018, ou 48 comme en 2026 - les projets des installations sportives et des principaux dispositifs d'accueil ont déjà été présentés. Et certains sont mêmes prêts. 
Si, jusqu'ici, chaque pays hôte s'était démené pour que tout soit prêt avant la date fatidique du début de la compétition, le Qatar, lui, est en avance. Quatre ans avant le début de la compétition, une ville entière de 35 km², Lusail, est en cours de création, pour la somme de 45 milliards de dollars, à 15 km au nord de Doha. 

1,5 million de fans attendus

Les routes, hôtels et musées ont également fait leur apparition. Et pour être sûrs d'accueillir les quelques 1,5 million de fans attendus, des tentes, des bateaux de croisière et même une île -  l'île de Kish, prêtée par l'Iran - seront mis à disposition. 

Côté infrastructures sportives, sur les huit stades prévus, l'un d'entre eux est déjà opérationnel (le Khalifa International Stadium, à Doha) et deux autres seront terminées avant la fin de l'année (les stades Al-Wakrah et Al-Bayt). Les travaux au Lusail Stadium (où auront lieu le match d'ouverture et la finale), qui doit accueillir 80.000 places, avancent bien.

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Enfin, dans la ville de Doha, un métro, d'un coût de 36 milliards de dollars, doit également voir le jour en 2019. Des projets pharaoniques qui ont failli ne jamais voir le jour du fait des nombreux blocus et embargos qu'a essuyé le pays depuis sa nomination.

Le droit du travail toujours en question

En effet, depuis 2010, l'attribution de la Coupe du Monde au Qatar n'a cessé d'alimenter polémiques et suspicions. En plus des nombreux soupçons de corruption et irrégularités qu'a engendré la sélection du pays, l'ONG Amnesty International a ouvert un autre contentieux : le statut des migrants, qui travaillent en ce moment à la construction des stades et des différentes infrastructures pour le Mondial 2022. 

En cause, notamment, le principe de la kafala : chaque personnel immigré doit obligatoirement être parrainé par un Qatari pour pouvoir travailler sur les chantiers. Ajoutée aux horaires à rallonge et aux salaires très bas, la gestion du personnel par le pays a été comparée à de l'"esclavagisme contemporain" et a fait couler beaucoup d'encre au niveau international.

Rien ne semble arrêter le futur pays hôte

Malgré les actions de l'Arabie Saoudite, des Émirats arabes unis, du Bahreïn et de l'Égypte, qui ont rompu leurs relations avec le Qatar et stoppé l'arrivée des matériaux de construction, rien ne semble arrêter le futur pays hôte. Fournis par la Chine et la Malaisie pour le matériel, et par l'Inde pour le personnel, les chantiers se poursuivent.

Montré du doigt par Amnesty International quant aux conditions de travail des immigrés, le Qatar avait promis, à plusieurs reprises, la mise en place d'une nouvelle législation du travail. Mais il y a quelques jours, l'ONG a publié, sur son site internet, un article expliquant que la protection des droits des migrants au Qatar ne s'est toujours pas améliorée, malgré la signature, par le pays, de deux pactes relatifs aux droits humains.

Un constat qui passe mal. Amnesty International demande à la famille qatarienne de respecter ses obligations et ses promesses. Autrement, "ce sera une occasion ratée - comme tant d'autres depuis que le Qatar s'est vu confier en 2010 l'organisation de la Coupe du Monde de 2022 - et une violation des traités internationaux que le pays vient tout juste de signer". 

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