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"On sait aussi faire la guerre" : face au Paraguay, l'équipe de France a montré sa capacité à accepter le combat dans cette Coupe du monde

Si le Paraguay n'a écopé d'aucun carton jaune, les Bleus ont subi de nombreuses fautes et tentatives de déstabilisation lors de leur huitième de finale de Coupe du monde, samedi 4 juillet à Philadelphie.

Kylian Mbappé souriant malgré la poussette du Paraguayen Gustavo Velázquez en huitièmes de finale de la Coupe du monde, le 4 juillet 2026 à Philadelphie.

Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Gabriel Joly

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Pour déjouer les plans du Paraguay en huitièmes de finale de la Coupe du monde (1-0), l'équipe de France a été contrainte de puiser dans ses réserves physiques en raison de l'intense chaleur, mais surtout dans sa force mentale, samedi 4 juillet à Philadelphie. Mis en échec pendant 70 minutes par la solide défense à cinq adverse, avec des lignes particulièrement resserrées, les Bleus auraient pu se frustrer, d'autant plus au vu de la rugosité de leurs adversaires, qui ont tenté de les faire disjoncter par de petites fautes, des coups et des paroles fleuries.

Mais ils ont fini par faire la différence par l'intermédiaire de Kylian Mbappé sur pénalty, après une faute sifflée avec l'aide de la VAR sur le virevoltant Désiré Doué, tout juste entré en jeu, et malgré les tentatives de déstabilisations adverses avec un saccage en règle du point. De quoi ravir l'attaquant, qui s'est félicité au micro de M6 que ses troupes aient mis "les mains dans la merde" pour se qualifier et préserver leur rêve de troisième étoile. 

"On savait quel type de match on allait avoir. Je pense que c'est très bien la façon dont on l'a joué. On a montré qu'on était pas seulement une équipe qui sait jouer un football offensif. S'il faut mettre les mains dans la merde, on va mettre les mains dans la merde. On n'a pas de problème avec ça : ils pensaient qu'on allait jouer en smoking. On sait faire le sale football aussi, on a gagné, même à ce jeu-là, on a été meilleurs qu'eux", a lâché celui qui compte désormais sept réalisations lors de cette édition, soit autant que Lionel Messi en tête du classement des buteurs.

"Moi, je n'aurais pas dit 'les mains [dans la merde]' : on plonge dedans, on ne fait pas de détails. Pour gagner une Coupe du monde, il n'y a pas de calcul à faire", a ajouté Rayan Cherki en zone mixte, en réaction à la petite phrase de son capitaine. "On sait que quand on joue des équipes sud-américaines, elles ne sont pas là pour faire ami-ami sur le terrain".

Le Paraguay n'a pas pris le moindre carton

Un doux euphémisme au vu du style agressif et minimaliste de l'Albirroja. Les premières escarmouches sont survenus peu après la demi-heure de jeu, à la suite d'une relance de Mike Maignan gênée par un adversaire. Puis sur l'action suivante, Mbappé a été victime d'une faute puis poussé par le milieu Andrés Cubas (34e). De quoi faire réagir Ousmane Dembélé. Mais pas l'arbitre ouzbek Ilgiz Tantashev, dont le laxisme a largement été pointé du doigt après la rencontre.

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"Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Je ne savais pas qu'ils pouvaient faire une trentaine de fautes sans être sanctionnés une seule fois", s'est désolé Cherki. Dans les faits, l'officiel n'a sifflé qu'une seule fois de plus contre le Paraguay (12 contre 11). Mais plus étonnant encore, les joueurs de Gustavo Alfaro n'ont pas été sanctionné du moindre carton, ce qui ne leur était plus arrivé en Coupe du monde depuis 1998. À l'inverse, la biscotte est sortie contre Manu Koné pour un tacle un peu trop engagé (81e), Michael Olise pour avoir répondu à une provocation (90e), et Bradley Barcola plus tôt pour une légère semelle.

"Ç'a été dur parce qu'après, je devais faire attention quand je défendais. Tous les coups que j'ai pris, il ne fallait pas que je réponde, il ne fallait pas que je rentre dans ce jeu là. En tout cas, c'était une bonne expérience", a-t-il fait savoir en zone mixte.

Durant l'ensemble de la rencontre et en particulier lors des pauses fraîcheur, Didier Deschamps n'a d'ailleurs cessé de calmer ses protégés, qui étaient proches de rentrer dans le jeu des Paraguayens.

"Cela n'a pas été simple. Ils jouent avec tous les ressorts possibles. Cela n'est pas le football qui va faire venir les gens au stade. Mais ils ont bien défendu. C'est toujours compliqué avec ces équipes sud-américaines. J'ai demandé aux deux plus costauds d'aller entourer Kylian à la fin, parce qu'ils allaient me le découper", a expliqué le sélectionneur auprès du diffuseur, en se remémorant d'avoir été contraint de le sortir lors du quart de 2018 contre l'Uruguay pour les mêmes raisons. Avant d'ajouter en conférence de presse, qu'il se serait bien passé "des insultes" subies.

"L'équipe de France sait faire du beau jeu mais sait aussi faire la guerre"

"Le coach nous avait prévenu qu'elle allait nous rentrer dedans, mettre des coups. C'est normal qu'à un moment donner, des joueurs s'énervent. Je pense qu'ils auraient mérité de prendre quelques cartons jaunes, ça les aurait pu être un peu calmés", a sobrement complété William Saliba, impeccable avec Dayot Upamecano derrière.

Cette partie aura néanmoins permis aux Bleus de faire preuve de vertus et de solidarité. "On savait que ça allait être une rencontre très engagée, mais ça nous tenait à cœur de faire un match comme celui-ci pendant cette Coupe du monde pour rappeler à tout le monde que l'équipe de France sait faire du beau jeu mais sait aussi faire la guerre", a souligné Cherki.

S'ils ne rencontreront plus d'équipes sud-américaines avant une éventuelle finale (Argentine, Brésil, Colombie, voire Mexique), les Bleus savent désormais qu'ils peuvent user de cette arme si le scénario d'un match le nécessite. Même si le meilleur ami de Mbappé sera dans le camp d'en face, avec Achraf Hakimi en quarts de finale, sait-on jamais cela pourrait servir face au Maroc.

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