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Le sélectionneur Thomas Tuchel avec ses joueurs en marge de Panama-Angleterre à la Coupe du monde, le 27 juin 2026 à East Rutherford.
Crédit : ANGELA WEISS / AFP
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60 ans après son dernier titre glané contre la RFA, l'Angleterre entretient le doux rêve de "faire rentrer le football à la maison" en décrochant sa deuxième Coupe du monde avec un Allemand à sa tête. Depuis 18 mois, Thomas Tuchel est aux commandes des Three Lions, qui affrontent la République démocratique du Congo, mercredi 1er juillet à Atlanta (18h, diffusé en direct sur M6 et M6+) en seizièmes de finale.
Arrivé début 2025 en remplacement de Gareth Southgate après un intérim assuré par Lee Carsley, l'ex-coach de Dortmund, du PSG, du Bayern Munich ou encore de Chelsea - avec qui il a remporté la Ligue des champions en 2021 - doit permettre aux Anglais d'enfin soulever un trophée, après avoir trop longtemps tourné autour du pot. Sous son prédécesseur, vivement critiqué sur la fin de son mandat pour sa frilosité tactique, l'équipe nationale a retrouvé les hautes sphères - demi-finale du Mondial 2018, finales aux Euros 2021 et 2024 - mais s'est toujours heurtée à un plafond de verre.
Ce qui change cette fois ? "La conviction, le fait qu'on soit tous ensemble ! On avait déjà ça avant, mais le manager a vraiment cette croyance en nous : c’est comme si on était prêts à aller à la guerre avec lui. On est tous dans le bon état d’esprit, tous dans des bons moments de nos carrières", expliquait le gardien Jordan Pickford à la BBC, mardi.
C'est justement ce supplément d'âme que la Fédération anglaise recherchait en allant débusquer le troisième sélectionneur étranger de son histoire, après le Suédois Sven-Göran Eriksson (2001-2006) et l'Italien Fabio Capello (2007-2012). Raison pour laquelle cela n'a pas été tant que cela perçu comme un affront outre-Manche. "Je pense qu'un coach allemand n'aurait pas pu être le premier étranger en charge de l'Angleterre", estime pour RTL.fr Matthew Taylor, historien du sport à l'université de Leicester.
"Mais cela a changé pour plusieurs raisons : la Premier League est devenue est le championnat le plus cosmopolite d'Europe, ce qui a permis de faire comprendre l'importance de parfois s'appuyer sur d'autres styles venus d'ailleurs pour gagner", décrypte-t-il. Au début, certaines voix ont toutefois dénoncé la nomination de Tuchel, notamment sur les réseaux sociaux et souvent avec des relents germanophobes hérités de la Seconde Guerre mondiale, à l'image de l'ex-entraîneur de 79 ans Harry Redknapp qui l'avait qualifié d'"espion allemand", avant de mimer un salut nazi en public.
"Pendant longtemps, l'équipe nationale était en quelque sorte associée, malgré elle, au National Front [le parti fasciste britannique] et au hooliganisme d'extrême droite dans les années 1980. Mais depuis quelques temps, on a tenté de redéfinir ce que signifie d'être Anglais et de supporter l'Angleterre, dans la lignée des changements démographiques d'une société plus multiculturelle", complète le journaliste Hamzah Khalique-Loonat, qui suit l'Angleterre au Mondial, pour le Times.
Selon lui, les quelques chants anti-Allemands historiquement entonnés par certains supporters ne représentent pas l'ambiance générale. "Les fans voulaient surtout un manager d'élite", confie-t-il encore à RTL.fr. "Tuchel est anglophile, il vit à Londres et ressent cette affinité avec le pays. En un sens, il se sent Anglais". D'ailleurs, il a récemment expliqué vouloir gagner le droit de chanter l'hymne God save the King via ses résultats.
Pour autant, comme tout entraîneur et peut-être plus encore au pays berceau du football, ses choix sont largement discutés, à l'image de celui de se passer de plusieurs stars comme Cole Palmer (Chelsea), Phil Foden (Manchester City), Trent Alexander-Arnold (Real Madrid), Harry Maguire (Manchester United) ou encore Adam Wharton (Crystal Palace).
"Dès le premier jour, nous avons été clairs : nous cherchions à construire la meilleure équipe possible. Pas forcément avec les 26 joueurs les plus talentueux", avait-il justifié en amont du tournoi. "Nous avons des joueurs engagés à 100% avec nous, qui connaissent leur rôle, qui sont prêts à l'assumer sur et en dehors du terrain, qui sont déterminés à adhérer à l'esprit d'équipe et à faire passer le collectif avant tout", continuait-il, tandis que les convocations de l'attaquant Ivan Toney (Al-Ahli), ou du milieu vétéran Jordan Henderson (Brentford) ont étonné.
"Évidemment, il sera critiqué si les choses tournent mal. Contre le Ghana, l'Angleterre n'arrivait pas à trouver la faille face au bloc bas et dans ce cas, on se demande forcément quel genre de joueur est capable de mettre le bazar dans la défense. Peut-être que Palmer ou Trent auraient pu faire la différence", rappelle Hamzah Khalique-Loonat, à propos du deuxième match de poule conclu sur un nul frustrant (0-0). De même, la cascade de blessures chez les latéraux (Tino Livramento, Ben White, Reece James, Jarell Quansah) a relancé les débats sur la structure et l'équilibre de sa liste, alors que Djed Spence ou Ezri Konsa pourraient dépanner sur le flanc droit contre la RDC.
Reste que le bilan de Tuchel à la tête de l'Angleterre est assez convainquant jusqu'ici : huit victoires sur huit en qualifications sans encaisser le moindre but et deux défaites en amical face au Sénégal (1-3) il y a un an, puis contre le Japon (0-1) en mars, alors qu'il testait différents joueurs dans son onze. Les points forts de ses ouailles ? Les coups de pied arrêtés, qui ont permis de débloquer la situation contre la Croatie (4-2) et le Panama (2-0) pour assurer aux Anglais la tête du groupe L lors du premier tour, dans le sillage de Harry Kane (3 buts) et Jude Bellingham (2 buts, 1 passe décisive), qui répondent présents.
"La défense n'a pas de nom ronflant, mais si l'équipe marque la première, elle est dans sa position préférée car cela force l'adversaire à prendre un peu plus de risques et à laisser des espaces derrière, alors qu'ils peuvent avoir du mal contre une sélection repliée autour de sa surface. Ce qui sera interessant de voir, c'est s'ils concèdent l'ouverture du score", résume Hamzah Khalique-Loonat du Times. Aux Léopards congolais de tenter de faire dérailler la machine ce mercredi.
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