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Benzema, Ben Arfa, Nasri, Ménez... La "génération 87" est-elle gâchée ?

DÉCRYPTAGE - Les joueurs champions d'Europe des moins de 17 ans ont suscité beaucoup d'espoirs qu'ils ont très rarement satisfait.

Samir Nasri tente de se relancer sous le maillot du FC Séville
Samir Nasri tente de se relancer sous le maillot du FC Séville Crédit : JOSU ARITZA / AFP
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Ryad Ouslimani
Journaliste RTL

"Non, non, c'est pas du tout dans un coin de ma tête. C'est une volonté de ma part, quelque chose que je ne veux pas. J’ai beaucoup souffert de l’équipe de France, surtout après l’Euro 2012. Il y a eu pas mal de critiques, ma famille a été affectée. Je ne dis pas que j’ai été exempt de tout reproche, j’ai aussi fait mes erreurs". Cette déclaration de Samir Nasri au micro de beIN Sport, au sortir d'un match réussi face à Lyon, confirme le divorce entre le Marseillais et l'équipe de France. Après avoir vécu plusieurs années d'une relation compliquée, Nasri a arrêté les frais avec le Bleus après sa non sélection pour la Coupe du monde 2014

Deux années plus tard, Hatem Ben Arfa était à son tour privé d'Euro 2016 en France, malgré une belle saison avec l'OGC Nice en Ligue 1 mais une carrière plutôt marquée par des prestation indignes du talent qu'il peut montrer. Les deux joueurs ont un point commun, ils sont issus de la "génération 87", celle de joueurs nés il y a bientôt 30 ans et qui ont remporté le titre européen U17 en 2005. Complété par Karim Benzema et Jérémy Ménez, le quatuor devait emmener l'équipe de France vers les sommets. Mais force est de constater que le rendez-vous avec les Bleus a été manqué et que cette génération n'a pas tenu ses promesses. 

Des joueurs marqués par l'indiscipline

En y regardant de plus près, les stars de cette génération ont toutes eu des soucis avec leurs entraîneurs. Dernièrement, Hatem Ben Arfa a été écarté par Unai Emery pour cause d'éthique de travail défaillante. Avant cela, Didier Deschamps avait eu des difficultés à gérer "HBA" à Marseille, ainsi qu'Alan Pardew à Newcastle. Samir Nasri a de son côté eu des difficultés du côté d'Arsenal où il est allé au bras de fer avec Arsène Wenger pour rejoindre Manchester City. Chez les Citizens, Roberto Mancini avait dit de lui qu'il "est un joueur qui a des qualités incroyables mais un rendement qui n’a rien à voir avec son talent. Il n’a pas compris qu’il faut toujours donner le maximum". Jérémy Ménez a quant à lui connu des relations tendues avec Vincenzo Montella à la Roma et a déçu au PSG, entre autres. 

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Nonchalance, irrégularité... Les griefs envers ces joueurs pétris de talent ont été souvent similaires. Ils se sont reposés le plus souvent sur leur talent, sans vraiment travailler aux entraînements ou faire montre d'une hygiène de vie irréprochable. Pourtant, par séquences, ils ont soulevé les foules. Rome et Milan pour Ménez, Londres pour Nasri voire Newcastle pour Ben Arfa se souviennent d'exploits personnels de classe mondiale. Mais aucun de ses footballeurs n'a fait une saison complète sans jouer aux montagnes russes, et encore moins ont enchaîné les saisons au haut niveau. Le seul qui échappe à cette règle est Karim Benzema. 

Benzema sauvé par la rigueur du Real et son statut de lieutenant

Le Madrilène est parti très tôt dans l'un des plus grands clubs du monde, le Real Madrid, où il n'a jamais été le meilleur joueur ni le plus important. Entouré de stars mondiales, Benzema a dû se mettre au diapason d'une institution centenaire et tenue par des entraîneurs charismatiques. Devant l'éthique du patron Ronaldo, le talent d'un Modric ou d'un Kroos, cornaqué par des Casillas et autres Ramos, avec Mourinho, Ancelotti ou Zidane sur le banc, Benzema ne pouvait se permettre de faire des caprices. D'autant que les supporters du Real sont propriétaires-actionnaires du club, et que leur déplaire serait un suicide sportif. Ce qui n'a pas empêché les entraîneurs de parfois tancer l'attaquant français pour sa nonchalance, lui aussi. 

En 2010, José Mourinho se plaignait du rendement de "KB9" en conférence de presse. "Si tu vas avec un bon chien, tu chasses plus. Si tu vas avec un chat, tu chasses moins mais tu chasses quand même", avait-il lancé pour souligner un Benzema pas assez incisif. Plus récemment, Carlo Ancelotti a déclaré sur SFR Sport que "Benzema, il ne lui manque rien. Mais je pense qu’il n’a pas l’envie d’être le meilleur, meilleur, meilleur". Si ce manque d'ambition lui permet d'être le parfait lieutenant de Ronaldo, il a peut-être empêché "Benz" de marquer le football. Aujourd'hui, son image reste bonne en Espagne mais est quelque peu écornée en France après l'affaire de la sextape de Valbuena et sa non-sélection pour l'Euro avec les Bleus. Un rendez-vous manqué avec l'équipe de France, à l'image de l'histoire de sa génération avec le maillot français. 

L'Euro 2012 a enterré l'avenir de cette génération en bleu

Euro 2012, Laurent Blanc réalise le fantasme de beaucoup de supporters en convoquant le carré magique des 87 lors d'une phase finale. Mais la greffe ne prendra pas. Certes jamais alignés ensemble, ils n'ont pas marqué de leur talent le jeu des Bleus, souvent englués dans leurs désirs d'exploits personnels, jamais vraiment au service du collectif. Surtout, une polémique a accompagné l'un d'entres eux. Face à l'Angleterre, Samir Nasri marque pour la France et s'en va saluer son but, sauf qu'il met son index devant sa bouche en lâchant plusieurs "ferme ta gueule" à l'encontre de journalistes de L'Équipe. Un geste qui met le feu aux poudres et donnera une polémique quelques peu boursouflée mais symptomatique de ce que provoquent ces quatre joueurs frustrants et dont on attend encore et constamment l'éclosion.

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Samir Nasri : "Ferme ta gueule" au journal L'EQUIPE - France 1-1 Angleterre - Euro 2012 - 11-06-12

Ben Arfa, Benzema, Nasri et Ménez ont donc raté ce rendez-vous commun. Deux ans plus tard, Karim Benzema effectuera une Coupe du monde honnête sur le terrain mais en coulisses son agent est accusé par des journalistes de L'Équipe de les avoir insultés, menacés et frappés. Cette fois-ci, et comme souvent, ces jeunes joueurs versés très tôt dans le professionnalisme voient leur entourage faire des choix peu judicieux qui nuisent à leur image. Concernant l'affaire dite de la sextape de Mathieu Valbuena, c'est un ami de Karim Benzema qui aurait entraîné le joueur dans le tourbillon malsain qui l'a privé de l'Euro. Alors qu'ils atteignent les 30 ans, les joueurs de la génération 87 sont passée à côté de la gloire et n'ont jamais pris le pouvoir. Le présent et l'avenir des Bleus est désormais incarné par des joueurs comme Paul Pogba, Raphaël Varane ou Antoine Griezmann. 

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