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Coupe du monde 2026 : "On arrive méchants"... Pourquoi la demi-finale France-Espagne est plus équilibrée que les deux précédents duels perdus par les Bleus ?

Pour la troisième année consécutive après l'Euro et la Ligue des nations, la France et l'Espagne s'affrontent pour décrocher une place en finale d'une compétition, mardi 14 juillet à Dallas. Cette fois au Mondial, cela s'annonce bien plus serré sur le papier.

Kylian Mbappé lors de la défaite des Bleus contre l'Espagne à l'Euro 2024 et Désiré Doué au duel avec Lamine Yamal lors de celle en Ligue des nations 2025.

Crédit : AFP

Gabriel Joly

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Le nouveau classique européen. L'équipe de France retrouve l'Espagne, championne d'Europe en titre, pour lui disputer une place en finale de la Coupe du monde, mardi 14 juillet à Dallas (21h, diffusé sur M6 et M6+). Battus lors des deux précédentes rencontres dans les derniers carrés de l'Euro 2024 (1-2) et de la Ligue des nations 2025 (4-5), les Bleus se présentent cette fois avec des arguments un peu plus solides.

Une partie des forces en présence ont changé depuis deux ans. À Munich, Didier Deschamps en était toujours à son 4-3-3 avec une attaque Kylian Mbappé-Randal Kolo Muani-Ousmane Dembélé, si bien que la formule à quatre offensifs n’était pas encore en place. À l’époque, l’actuel capitaine sortait d’une fin de saison cantonné au banc du PSG par Luis Enrique et n’était pas à 100% durant le tournoi, un temps masqué après sa fracture du nez en poules. Kolo Muani était encore appelé et avait ouvert le score, en vain. Tandis que Dembélé était plus proche de son niveau historique chez les A que celui du tueur taille Ballon d’or.

Quant aux rentrants ? Antoine Griezmann et Olivier Giroud ont depuis pris leur retraite internationale et Bradley Barcola n’était pas encore assez décisif. Bien loin des cartouches que le cru 2026 possède désormais avec Rayan Cherki, Désiré Doué - que l'on annonce aligné d'entrée - ou encore Maghnes Akliouche. D’ailleurs, la dynamique générale de l’Euro 2024 était assez morose, avec une équipe ennuyante à voir jouer comme la tournure avait alors été consacrée. "Si les gens n'aiment pas ce qu'ils voient, ils changent de chaîne", disait même Didier Deschamps, alors que son milieu était loin d’être impérial.

Autrement dit, il y avait une classe d’écart assez nette avec une Espagne conquérante et plaisante, animée par de jeunes prospects qui en étaient à leurs premiers coups d’éclat, Lamine Yamal en tête. "On a été un peu en dessous. La marche était un petit peu plus haute", plaidait Deschamps, dans un bel euphémisme, après l'élimination. La ligne de défense, assez performante dans le tournoi, était pourtant la même que celle qui doit débuter au Texas, avec Théo Hernandez suppléé par Lucas Digne.

L’an dernier, déjà les quatre fantastiques

Un an plus tard, toujours dans le sud de l'Allemagne mais du côté de Stuttgart, l’arrière-garde tricolore était pour le moins expérimental pour le thriller de Ligue des nations, qui a vu la Roja mener 5-1 avant de se relâcher. Ce jour de juin 2025, Théo Hernandez était toujours titulaire mais Pierre Kalulu honorait sa première sélection et Clément Lenglet bénéficiait d’une cascade d’absents, comme Ibrahima Konaté, récemment rétrogradé dans la hiérarchie en charnière. Le constat avait de nouveau été sans appel, avec un Yamal candidat au Ballon d’or et un Pedri stratosphérique au milieu.

Il s'agissait également des balbutiements communs des quatre de devant, en rodage dans la continuité du quart de finale retour de Ligue des nations contre la Croatie, trois mois plus tôt (2-0, 5-4 t.a.b.). Avec, il faut le dire, un Mbappé assez déconnecté de ses partenaires à ce moment. Depuis le début de la Coupe du monde, son quatuor avec Dembélé, Michael Olise et tantôt Doué, tantôt Barcola a prouvé combien il était désormais au point, effrayant toutes les équipes du globe.

La sensation de puissance de ces Bleus, présentés comme les grands favoris à la victoire finale dimanche, avec une maîtrise totale depuis la seconde période du match d’ouverture contre le Sénégal (3-1), tranche d’ailleurs avec la copie un peu plus monotone de l’Espagne en Amérique. Ce qui accrédite la thèse d’un duel plus équilibré cette fois entre les deux voisins de part et d'autre des Pyrénées.

Mentalité "méchants"

Les Ibères ont des circonstances atténuantes, leur parcours n’ayant pas été aussi facile que l’enchaînement Suède-Paraguay-Maroc de la France, avec l’Autriche (3-0), le Portugal (1-0) et la Belgique (2-1) à leur programme. Mais les hommes de Luis de la Fuente, passés sur les deux précédents tours avec un but tardif de Mikel Merino entré en jeu, ne semblent pas aussi dominants que ces derniers mois, malgré une défense solide (un but pris en six matchs). Cela s’explique aussi par son potentiel offensif réduit avec les blessures pré-Mondial de Yamal et Nico Williams, qui tentent de monter en puissance depuis.

Reste qu’avec son groupe de "méchants", selon l'expression proclamée par Mbappé en story Instagram durant la phase finale ("On arrive méchants"), la France s’avance sans crainte : "Cela montre notre mentalité, on est une équipe de combattants, de guerriers qui veulent sortir la tête haute de cette compétition. C'est comme ça qu'on aborde les matchs. On est là pour les gagner", a étayé Maxence Lacroix, remplaçant en défense, face à la presse dimanche.

"On a cette capacité à switcher. La veille à l'entraînement, ça va être taquin. On va rigoler, il va y avoir une ambiance assez enfantine. Lorsqu'on arrive avant le match, sur le chemin, dans le bus, on voit que chaque joueur est dans le même état d'esprit de gagne", a complété Konaté. C’est peut-être ce supplément d’âme et cette confiance à toute épreuve qui fera la différence pour célébrer de la meilleure des manières la fête nationale ce mardi.

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