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"Toutes les équipes avaient peur de nous..." : muselés et limités, les quatre fantastiques de l'attaque des Bleus ont vécu un naufrage face à l'Espagne à la Coupe du monde

Avec seulement trois tirs cadrés et une production offensive historiquement famélique, les Bleus n'ont jamais été en mesure de faire vaciller la meilleure défense du tournoi, mardi 14 juillet, en demi-finales de la Coupe du monde contre la Roja à Dallas.

Kylian Mbappé tente une frappe dans la défense espagnole sous les yeux d'Ousmane Dembélé lors de la demi-finale perdue par les Bleus à la Coupe du monde, le 14 juillet 2026 à Dallas.

Crédit : Shaun Botterill / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Gabriel Joly

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On attendait un feu d'artifice offensif en ce jour de fête nationale, mais il a finalement été annulé. L'équipe de France a été éliminée de la Coupe du monde par une redoutable équipe d'Espagne, qui l'a fait déjouer dans les grandes largeurs en demi-finales (0-2), mardi 14 juillet à Dallas. Cela faisait un moment qu'on n'avait plus senti des Bleus aussi impuissants dans la surface adverse, jamais depuis le passage à quatre offensifs, et plus généralement pas depuis une autre gifle reçue contre la Roja à l'Euro 2024 (1-2).

Au Texas, la production offensive des hommes de Didier Deschamps a été réduite à peau de chagrin : 0,3 xG (buts attendus au vu de la qualité des frappes), pour dix tirs dont seulement trois cadrés et la plupart dans le temps additionnel, quand tout était déjà plié. Depuis soixante ans que la référence des statistiques Opta analyse le Mondial, c'est tout simplement du jamais vu pour l'attaque tricolore.

"On n'a pas montré l'image qu'on voulait montrer. C'était un match délicat pour trouver les joueurs devant. Les Espagnols ont été meilleurs, il faut l'accepter. On va apprendre de nos erreurs", reconnaissait le défenseur Maxence Lacroix après son entrée en jeu au bout d'une demi-heure pour suppléer William Saliba, incapable de continuer.

Olise et Dembélé ont presque tout raté

Avec un Kylian Mbappé en feu (huit réalisations) et un Ousmane Dembélé enfin taille Ballon d'or en sélection, on imaginait que cela suffirait pour compenser avec un Michael Olise plus discret depuis les seizièmes de finale mais toujours capable d'éclats, tandis que le quatrième homme - tantôt Bradley Barcola, tantôt Désiré Doué - a souvent été bon. Il n'en a rien été, tant ces talents sont apparus déconnectés sur le pré, toujours pris dans la nasse espagnole.

"On avait moins de justesse technique et moins de jus. Ils savent très bien casser les actions sur les anticipations et les passes. On aurait aimé leur créer plus de problèmes offensifs", a expliqué Didier Deschamps sur M6 au coup de sifflet final.

"On n’a pas fait le match qu’on voulait faire, que ce soit tactiquement, même techniquement ou dans le niveau global qu’on a fourni. Quand tu ne fais pas ce que tu es censé faire, tu ne gagnes pas", a lui jugé Mbappé en capitaine après la rencontre. Pour ensuite pointer "trop d’approximations techniques" : "les premières passes, les premières touches n’étaient pas dignes d’une demi-finale de Coupe du monde".

Au cœur du marasme, Olise a perdu 20 ballons sur les 55 qu'il a touché - un seul dans la surface - et n'a passé aucun de ses deux dribbles, ce qui n'est pas dans ses standards. Idem pour Dembélé avec 17 pertes de balles pour 46 touches, et pas le moindre geste tenté. Quand Mbappé, sevré de cartouches par ses deux habituels pourvoyeurs, est souvent retombé dans ses travers, à vouloir s'occuper de tout. "On n’a pas su leur faire mal quand on devait leur faire mal", a-t-il d'ailleurs convenu, ayant même écopé d'un carton jaune pour une frustration en fin de partie (86e).

Un changement tardif, l'autre convenu

Ce ne sont d'ailleurs pas les choix de Didier Deschamps qui les ont aidé à sortir de l'ornière. Si le postulat de base était de ne pas se dédire et de terminer à quatre devant, pourquoi pas - même si le milieu prenait l'eau, perdu dans le triangle Rodri-Fabian Ruiz-Dani Olmo.

Mais les changements en attaque ont semblé trop convenus, avec l'entrée d'un Doué trop neutre à la place de Barcola juste avant le second but espagnol à l'heure de jeu, alors qu'il était celui qui tentait le plus (sans tout réussir). De même, laisser Olise, déjà passé proche du rouge pour une semelle sur Rodri en première période, jusqu'à la 72e minute n'était pas nécessaire. En un gros quart d'heure, Rayan Cherki n'aura pas pu apporter l'étincelle pour sonner "une révolte" des siens.

"Je n'ai aucune explication. C'est très difficile car, même dans un jour moins bien, on doit être un peu meilleurs sur tous les compartiments du jeu : tactique, physique, envie. C'est super dur, parce qu'on avait tout pour aller au bout. Toutes les équipes avaient peur de nous… Aujourd'hui, la seule équipe qui nous a battu, c'est nous-mêmes. On n'a pas joué comme on aime et on en paie les conséquences", a justement constaté le milieu offensif de Manchester City, abattu à notre micro.

En face, une défense toujours aussi impressionnante

Il faut dire qu'en face, les attaquants français avaient affaire à des clients. "L’Espagne a respecté son plan, ce à quoi elle est fidèle : une équipe qui aime avoir le contrôle du ballon, le contrôle du tempo. L’idée c’était de venir les chercher haut pour ne pas laisser ce faux rythme s’installer, on n’a pas réussi à faire ça. On s’est laissé dicter le tempo, c’était à nous de changer ce rapport de force. Au départ déjà, dans la pression, on s’est toujours retrouvés en trois contre deux au milieu. Ils avaient beaucoup de temps pour jouer, il y avait un manque de communication sur le pressing", a résumé Mbappé.

In fine, la sortie des vice-champions du monde au Qatar est donc plus que logique, car le contenu global était trop timide pour inquiéter des Ibères aux bases défensives solides avec une charnière Aymeric Laporte-Pau Cubarsi toujours au point, qui n'a encaissé qu'une seule fois en sept rencontres cet été, en quarts face à la Belgique (1-2).

Le gardien Unai Simon avait d'ailleurs trouvé la recette pour les embêter, multipliant les sorties loin de son but pour annihiler les rares tentatives bleues. Et même quand il a semblé à contretemps, il est parvenu à revenir dans sa surface pour stopper un tir lobé de Doué (81e). "La France ? On avait dit dans le vestiaire qu'on allait jouer les meilleurs joueurs du monde. Mais face à eux, ils allaient avoir la meilleure équipe du monde. On a rendu facile ce qui était difficile", s'est réjoui le sélectionneur espagnol Luis de la Fuente.

Durant la compétition, c'était pourtant les Tricolores qui n'hésitaient pas à faire ce genre de constats de toute puissance : "On joue comme si on était au quartier. On prend la balle, on fait un peu ce qu'on veut, on ne se pose pas de question et c'est comme ça que ça marche", disait Barcola à propos de l'entente des quatre fantastiques. C'est cette alchimie qu'il faudra retrouver pour bien finir l'ère Deschamps samedi lors de la petite finale contre le perdant d'Angleterre-Argentine à Miami.


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