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"Si je dis quelque chose, je vais passer pour une pleureuse" : entre coaching frileux et charge sur l'arbitrage, la défaite contre l'Espagne est aussi celle de Didier Deschamps

La déroute de l'équipe de France face à l'Espagne est également celle du sélectionneur Didier Deschamps, qui n'a pas su influer sur le cours d'une rencontre dominée par la Roja, mardi 14 juillet à Dallas.

Didier Deschamps lors de la demi-finale de la Coupe du monde perdue par les Bleus contre l'Espagne, le 14 juillet 2026 à Dallas.

Crédit : RONALDO SCHEMIDT / AFP

Alexis Lalemant

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La fête est finie. Alors que toute la France rêvait d'une troisième étoile sur le maillot des Bleus, le rêve s'est finalement évaporé mardi 14 juillet dans l'après-midi texan, après une défaite en demi-finales de la Coupe du monde contre l'Espagne (0-2), durant laquelle la sélection emmenée par Didier Deschamps n'a pas été au niveau du rendez-vous.

Pourtant, l'équipe de France avait tout pour séduire : un gardien et une défense des plus solides, un milieu de terrain avec deux piliers aux projections et aux replis denses, et enfin une attaque qui faisait rêver le monde entier. Reste que les Bleus ont pris l'eau et le sélectionneur lui-même a contribué à la faillite collective des siens.

Car si les joueurs n'ont pas été au rendez-vous "dans le niveau global fourni", comme l'a reconnu Kylian Mbappé après la rencontre, et qu'ils sont les premiers responsables de la difficile prestation produite sur le pré, la copie rendue par Didier Deschamps n'a, elle non plus, pas été à la hauteur de l'événement.

S'adapter ou ne rien changer : le choix de "DD"

Face à l'Espagne, le sélectionneur tricolore était prévenu. Il avait face à lui l'équipe la plus solide du Mondial, avec un seul petit but encaissé (contre la Belgique au tour précédent) jusqu'ici, et qui, sans montrer un jeu exceptionnellement alléchant sur le plan offensif, savait maîtriser son adversaire grâce à un milieu de terrain doté d'une grande intelligence et d'une vista qui n'a peu d'égal. 

Après coup, le pari de "DD" de ne rien changer, même si c'était attendu, semble perdant. L'entraîneur français a décidé d'outrepasser le risque d'un surnombre au milieu de terrain et d'y laisser son double pivot instauré depuis plus d'un an, avec Adrien Rabiot et Aurélien Tchouameni, de retour de blessure. Problème : d'entrée, l'entrejeu espagnol composé de Fabian Ruiz et Rodri, ainsi que de Dani Olmo devant eux, a pris le dessus. Pire, Rabiot a été sanctionné d'un carton jaune, mérité, pour une grosse semelle à la 9e minute de jeu, mettant ainsi en sursis le milieu français.

À la pause, tandis que la France était menée d'un but, le fameux retour à un milieu à trois pouvait alors s'entendre afin de densifier la zone. D'autant plus, avec un Michael Olise qui, ce soir encore, et malgré un talent hors du commun, a totalement raté sa demi-finale avec 20 ballons perdus sur 55 touchés.

Pourtant au retour des vestiaires, Deschamps a fait le choix de limiter les risques, alors qu'il avait déjà été contraint d'envoyer Maxence Lacroix au feu pour suppléer un William Saliba blessé : Rabiot, meilleur des deux milieux du jour mais déjà averti, a laissé sa place à Manu Koné. Un changement poste pour poste, que l'on pourrait juger trop frileux à ce niveau et qui n'a pas changé l'équation tactique, et donc la dynamique de la rencontre.

De même, l'entrée de Désiré Doué à la place de Bradley Barcola n'a pas été couronnée de succès : une minute plus tard, Pedro Porro perçait le milieu français, combinait en une-deux avec Olmo, et était abandonné par la défense française pour le 2-0.

L'arbitrage ciblé par Deschamps

Cela n'a ensuite pas empêché Deschamps de poursuivre avec les rotations convenues, sans inquiéter les statuts devant, alors qu'il fallait réagir. À la 72e minute de jeu, après la pause fraîcheur, il tente alors le coup... du poste pour poste encore : Théo Hernandez pour un Lucas Digne qui a énormément souffert face à Lamine Yamal, et Rayan Cherki  à la place d'Olise. Malgré quelques tentatives en fin de rencontre, surtout par des tirs à distance, les Tricolores, pourtant dotés sur le papier d'une attaque extraordinaire, n'auront pas réussi tactiquement à déchiffrer le code du verrou espagnol.

En après match, Didier Deschamps l'a reconnu : "On a été un ton en dessous sur le plan technique face à une équipe qui a bien maîtrisé son sujet et plus". Mais le sélectionneur s'est aussi fendu d'une déclaration qui a fait parler, liée à l'arbitrage.

"Est-ce que l'arbitre a le niveau pour arbitrer une demi-finale de Coupe du monde ? Je ne vais pas y répondre", a-t-il interrogé, remettant implicitement en cause la performance d'Iván Barton au sifflet. "Ce n'est pas parce qu'on a perdu que je dis ça. Il y a eu pas mal de situations, souvent en défaveur aussi". Avant d'en remettre une couche sur beIN Sports : "Si je dis quelque chose, je vais passer pour une pleureuse car on a perdu..."

L'arbitre de la rencontre n'a pourtant pas fait d'erreur flagrante contre les Bleus. Le pénalty accordé à l'Espagne est indiscutable, la main de Lamine Yamal étant totalement collée à son corps, et l'homme en jaune aurait d'ailleurs pu se montrer plus sévère sur un méchant tacle d'Olise sur Rodri (14e), ne sortant aucun avertissement pour le Français, là où le carton rouge aurait pu être justifié.

Son ultime déconvenue

Finalement, le parcours de Didier Deschamps avec l'équipe de France s'arrêtera samedi avec, peut-être, une troisième place de la Coupe du monde 2026 à Miami contre l'Angleterre ou l'Argentine.

Un maigre lot de consolation pour le sélectionneur aux multiples records. Après 14 ans à la tête des Bleus, DD s'en ira avec un bilan positif mais forcément contrasté par cet échec dès que la route s'est élevée en Amérique. Une deuxième étoile en 2018 en Russie. Une Ligue des Nations, la première du nom, en 2021. 

Mais, aussi, des désillusions entre une finale perdue à l'Euro 2016 à domicile, un Euro 2021 avec une sortie prématurée contre la Suisse malgré le retour de Karim Benzema, une défaite cruelle en finale de Coupe du monde 2022 aux tirs au but face à l'Argentine (3-3, 4-2 t.a.b.), un Euro 2024 décevant dans le jeu ponctué par une déculottée en demi-finale contre l'Espagne... et donc un nouveau revers auquel il aura pêché contre cette même Roja, dans le dernier carré encore.

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