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Tour du Pays basque : vainqueur du classement général, Paul Seixas met fin à 19 ans de disette pour le cyclisme français

Sacré sur le Tour du Pays basque, le coureur de 19 ans a décroché la première victoire tricolore sur une course à étapes du niveau World Tour depuis celle de Christophe Moreau, sur le Dauphiné en 2007.

Paul Seixas, le 10 avril 2026

Crédit : ANDER GILLENEA / AFP

Gabriel Joly

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On n'a pas fini de parler de lui. Au terme de six jours de course gérés avec une rare maestria, Paul Seixas a remporté le Tour du Pays basque samedi 11 avril, décrochant sa première course à étapes en carrière du haut de ses 19 ans, mais également la première pour un coureur tricolore au niveau World Tour depuis l'ex-champion de France Christophe Moreau, sur le Dauphiné en 2007. Le tout avec trois étapes glanées et 2'30" d'avance au classement général sur son dauphin Florian Lipowitz, Tobias Johannessen complétant le podium.

Impérial sur le contre-la-montre inaugural pour prendre près de 30 secondes sur ses rivaux, avec seulement 14 kilomètres dans les reliefs de cette région espagnole, le Lyonnais de Decathlon CMA CGM s'était offert une nouvelle démonstration le lendemain, grâce à un raid solitaire digne de Tadej Pogacar à 26 kilomètres de l'arrivée. Et ce, non sans l'avoir annoncé au réveil : "La meilleure défense, c'est l'attaque. J'ai coché cette étape que j'ai l'ambition de remporter", disait-il le matin-même. En bref, une attitude de patron en dépit de son visage encore poupon.

Dès lors, le gain de l'épreuve semblait déjà acté, d'autant que ses deux principaux concurrents en début de semaine ont vite baissé les armes : le Mexicain Isaac Del Toro (UAE Team Emirates) ayant abandonné mercredi, avant l'Espagnol Juan Ayuso (Lidl-Trek) le jour suivant.

Il a affiché toute l'étendue de sa palette

Sûr de sa force et confiant au vu des deux minutes d'avance qu'il possédait sur les co-leaders de la Red Bull-Bora-Hansgrohe, le vétéran slovène Primoz Roglic et l'Allemand Florian Lipowitz, Paul Seixas en a profité pour afficher, une à une, toutes les facettes de son talent. Histoire de se faire plaisir, de montrer sa voir à la concurrence, mais également sa détermination, il s'est offert le luxe de régler le sprint du peloton en haut  de la bosse à Basauri sur la 3e étape, avec le maillot jaune sur les épaules.

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Puis de poursuivre son récital en faussant compagnie au reste du peloton jeudi… en descente, s'il vous plaît. De quoi mettre en lumière ses capacités à apprécier les bonnes trajectoires. "Je la connaissais, je l'avais repérée avec l'équipe, et je me suis dit que je pouvais tenter le coup, sachant qu'ils n'avaient pas tous un excellent niveau en descente. Je m'en foutais de la gagne aujourd'hui. Je voulais juste reprendre du temps pour leur mettre si possible un petit coup au moral", commentait-il, tranquille à l'arrivée.

Manière de dire qu'il pouvait décider du sort de la course à lui seul ? Surtout de répondre aux banderilles des Red Bull : "Je me sens confiant, je me sens solide, je récupère bien. Jusqu'à maintenant ils [ses rivaux] n'ont pas réussi à me faire mal, enfin à me faire céder", notait-il à leur propos. Sur l'étape-reine vendredi, il a d'ailleurs appliqué la même stratégie, avec brio, puisqu'il s'est offert un nouveau bouquet, en dominant Florian Lipowitz dans un sprint plein de sang-froid à deux, qui aura permis d'entrevoir sa petite pointe de vitesse.

De quoi convaincre son équipe de l'envoyer sur le Tour de France ?

Au vu de la réponse positive du phénomène aux interrogations qu'on avait encore autour de lui en début de semaine, difficile désormais de l'imaginer ailleurs que sur les routes du Tour de France en juillet, où on l'attend pour ferrailler contre Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard. Après son début d'année brillant marqué par une deuxième place au Tour d'Algarve, une autre derrière le Slovène aux Strade Bianche et un succès avec panache dans la Faun Ardèche Classic, ce séjour basque a encore accéléré la "hype" autour de lui.

Dominique Serieys, le patron de son équipe, a fait savoir dès l'année dernière qu'il était "favorable" à l'idée de le lancer sur la Grande Boucle. Depuis, l'encadrement de la formation française a fixé une feuille de route qui doit déboucher sur une prise de décision après la Flèche Wallonne, disputée le 22 avril, et Liège-Bastogne-Liège, quatre jours plus tard. Patience donc.

Mais après Christophe Moreau, c'est peut-être Bernard Hinault, dernier vainqueur tricolore du Tour en 1985, qui a enfin trouvé son successeur.

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