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Tour de France 2015 : Alexis Vuillermoz, du chômage au triomphe à Mûr-de-Bretagne

PORTRAIT - Vainqueur au sommet du Mûr-de-Bretagne lors de la 8e étape du Tour de France, samedi 11 juillet, Alexis Vuillermoz se distingue par un parcours qui a bien failli s'arrêter pour des raisons économiques.

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Tour de France 2015 : le portrait d'Alexis Vuillermoz Crédit Média : Ludovic Vandekerckhove / RTL | Durée : | Date :
Julien Absalon
Julien Absalon
Journaliste RTL

En mai dernier, après sa victoire au Grand Prix de Plumelec, Alexis Vuillermoz expliquait le rôle qu'il allait tenir sur la Grande Boucle : "J'espère aider du mieux possible Romain Bardet et Jean-Christophe Péraud en montagne et, pourquoi pas, viser quelques étapes comme celles du Mur de Huy, de Mûr-de-Bretagne ou de Mende". Six semaines plus tard, et après une troisième place à Huy, le coureur de l'équipe AG2R-La Mondiale signait la première victoire française du 102e Tour de France, en déposant Christopher Froome dans l'ascension du sommet breton, samedi 11 juillet lors de la 8e étape.

Heureux et soulagé de son accélération en danseuse sur les 800 derniers mètres, le coureur de 27 ans a franchi la ligne d'arrivée les doigts levés vers le ciel. À cet instant, il pensait à celui qui lui a fait découvrir le vélo : son père, décédé il y a trois ans. "C'était un passionné du Tour de France, c'est lui qui m'a donné goût. Il m'a emmené sur les étapes quand j'étais gamin avec les cousins et les copains. J'aurais tellement aimé qu'il vive ça. Mais je suis sûr qu'il est fier de moi. J'ai une très grosse pensée pour lui", a-t-il raconté avec le sourire à la presse.

Le miracle jurassien de 2013

Originaire de Saint-Claude (Jura), ce puncheur a un parcours inhabituel. Titulaire d'un master de management avec spécialité métiers de la banque et de l'assurance, fin connaisseur de l'actualité économique, il était d'abord promis au VTT. D'ailleurs, il devient champion du monde et d'Europe de cross-country par équipes en 2008 puis double champion de France espoirs. Mais à force de dominer la discipline, il finit en 2012 par vouloir rouler sur l'asphalte. "Cela faisait plusieurs années que je pensais me consacrer à la route. J'ai toujours eu une attirance pour la montée des cols", déclarait-il à France Télévisions.

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Cela fait donc seulement trois ans que Vuillermoz se trouve dans le circuit professionnel du cyclisme, où il "s'épanouit vraiment", comme il le confirme à Ouest-France. Mais il a bien failli ne pas y rester, car au terme de la saison 2013, pendant laquelle il participe à son premier Tour (classé 46e), le sponsor de son équipe Sojasun se retire. Il se retrouve donc sans contrat en octobre, à une période où les effectifs sont quasi fermés. Par miracle, Daniel Germond, un homme d'affaires de la région, lui paye alors sa place chez l'équipe AG2R-La Mondiale. "Sans lui, l'aventure pour moi n'aurait pas continué sur route", confirme le cycliste.

Une belle évolution promise à "Pikachu"

Depuis, celui qui est apprécié par le peloton pour son humilité et son altruisme, voit tomber petit à petit les bons résultats. Sur le Tour d'Italie 2014, il signe une 11e place très encourageante, au même titre que sa 6e position au terme de la Flèche wallonne en avril dernier. "C'est un grand grimpeur-puncheur", acquiesce son compatriote Thibaut Pinot (FDJ). Même s'il ne s'y attendait pas, une victoire d'étape sur le Tour de France apparaît finalement être une juste récompense. "Il y a trois ans, je n'aurais jamais cru gagner. [...] En travaillant dur et en continuant à prendre du plaisir, on voit jusqu'où ça va", constate Vuillermoz. Pour l'avenir, son directeur sportif le voit comme un "grand leader sur les courses d'une semaine".

En attendant ça et la 14e étape à Mende, ses actuels leaders Romain Bardet et Jean-Christophe Péraud pourront compter sur "Pikachu". Ce surnom, Alexis Vuillermoz y a eu droit pour la première fois chez les juniors de VTT à cause "de son casque jaune" et de ses "attaques éclairs, mais très courtes également". À Mûr-de-Bretagne, il n'a pas eu besoin de ce couvre-chef fétiche pour être foudroyant dans l'ascension finale.

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Tour de France 2015 : Alexis Vuillermoz, du chômage au triomphe à Mûr-de-Bretagne
Tour de France 2015 : Alexis Vuillermoz, du chômage au triomphe à Mûr-de-Bretagne
PORTRAIT - Vainqueur au sommet du Mûr-de-Bretagne lors de la 8e étape du Tour de France, samedi 11 juillet, Alexis Vuillermoz se distingue par un parcours qui a bien failli s'arrêter pour des raisons économiques.
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2015-07-11 23:31:00
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