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"C'est inhumain au milieu de la nuit" : on vous explique pourquoi un juge a autorisé des contrôles antidopage nocturnes de Pogacar et Vingegaard sur le Tour de France

Entre les 14e et 15e étapes du Tour de France dans la nuit du 18 au 19 juillet, le maillot jaune Tadej Pogacar et son dauphin danois Jonas Vingegaard, qui a depuis abandonné après une chute, avaient été réveillés respectivement à 5h et 2h du matin pour se soumettre à des tests antidopage inopinés.

Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard sur le Tour de France, le 18 juillet 2026.

Crédit : Jeff PACHOUD / AFP

Tour de France : un juge a autorisé les contrôles antidopage nocturnes de Pogacar et Vingegaard

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Vincent Parizot & Gabriel Joly & AFP & Hortense Crépin

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Un juge des libertés et de la détention (JLD) a autorisé les contrôles antidopage des cyclistes Tadej Pogacar (UAE Team Emirates XRG) et Jonas Vingegaard (Visma-Lease a bike), effectués par l'International Testing Agency (ITA) dans la nuit de samedi 18 à dimanche 19 juillet, a confirmé le parquet de Paris à l'AFP. "Un juge des libertés et de la détention de Paris a été saisi par l'ITA en application de l'article L.232-14-4 du code du sport afin d'autoriser les contrôles antidopage survenus dans la nuit du 18 au 19 juillet dernier", a-t-il communiqué lundi, confirmant une information du journal L'Équipe.

Entre les 14e et 15e étapes du Tour de France, le maillot jaune Tadej Pogacar et son dauphin danois Jonas Vingegaard, qui a depuis abandonné sur chute, avaient été réveillés respectivement à 5h et 2h du matin pour se soumettre à des tests antidopage inopinés. Ces contrôles en pleine nuit, autorisés mais très rares, avaient provoqué la révolte des stars du peloton, pour qui la mauvaise nuit de Vingegaard a pu jouer un rôle dans la chute du Danois et son abandon.
"C'est un contrôle supplémentaire. L'idée est de pouvoir mettre en évidence des micro-doses d'EPO [l'érythropoïétine, un produit dopant] de façon à éventuellement pour obtenir des tests positifs", explique sur RTL le professeur Gérard Dine, hématologue retraité et spécialiste anti-dopage. Selon lui, les micro-doses ont l'avantage pour quelqu'un qui souhaiterait améliorer illicitement ses performances d'être moins détectable : elles permettent seulement de maintenir un niveau stable de globules rouges, plutôt que d'augmenter leur nombre.

"Comme elles ont une présence moins importante que des doses normales, c'est au moment où les gens ne sont pas en activité qu'on va espérer avoir un résultat positif", ajoute-t-il, estimant que les résultats tomberont "d'ici quelques jours"

"Mauvais timing"

Selon le règlement antidopage de l'Union cycliste internationale (UCI), qui a délégué son programme antidopage à l'ITA en 2021, "l'UCI devrait avoir des soupçons graves et spécifiques que le coureur puisse être impliqué dans des activités de dopage" pour réaliser des contrôles entre 23h et 5h du matin.

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D'après nos informations, le fait d'être Maillot jaune comme Tadej Pogacar ou dauphin comme l'était Jonas Vingegaard peut justifier un tel contrôle. En clair, le coureur est bien classé, donc il y a un possible doute sur ses performances. Pour faire ses contrôles, l'agence antidopage a, comme c'est la réglementation, eu le feu vert du parquet de Paris. Les JLD des tribunaux judiciaires de Paris et Marseille "sont compétents concurremment pour statuer sur des demandes de contrôles antidopage de nuit", a précisé le parquet de Paris à l'AFP, en vertu de la réglementation en vigueur depuis 2016.

En tête du général, Pogacar est déjà testé tous les jours, après la course. Concernant les tests en pleine nuit réalisés sur ses concurrents directs, le Belge Remco Evenepoel, désormais 2e au classement, pensait dimanche que "c'est inhumain de réveiller les coureurs au milieu de la nuit". "J'ai dit à Tadej que son équipe devait faire la même chose avec les contrôleurs, d'aller les réveiller à 2-3 heures la nuit", a-t-il répondu.

Matteo Jorgenson, coéquipier de Vingegaard, parle lui d'un "manque total de respect envers les coureurs". Quand le patron de leur équipe, Richard Plugge, a salué le fait qu'il y ait des contrôles, "nécessaires", mais a déploré un "mauvais timing", alors que son leader s'est fracturé la clavicule.

"En tant que coureur, si on me réveille à plein milieu de la nuit, après deux semaines de course, alors qu'on est tous épuisés, je pense qu'on n'est pas très aimable au moment où on se réveille. Est-ce que c'est un mal nécessaire pour la crédibilité de notre sport ? Peut-être", a lui estimé le Français Guillaume-Martin Guyonnet (Groupama FDJ-United) pour RTL.

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