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Antoine Dupont, Matthieu Jalibert et Thomas Ramos lors du Tournoi des Six nations 2026 avec le XV de France.
Crédit : AFP
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C'est un luxe dont peu d'équipes disposent. Depuis le début du Tournoi des Six nations, la charnière du XV de France démontre toute l'étendue de son talent, avec une association particulièrement dévastatrice entre Antoine Dupont et Matthieu Jalibert, très souvent épaulés à l'arrière par Thomas Ramos, qui n'a aucun mal à jouer les ouvreurs de substitution.
Déjà visible face à l'Irlande pour l'entrée en lice des Bleus (36-14), cette tendance s'est de nouveau confirmée lors de la correction infligée au pays de Galles le week-end passé (54-12). Les trois hommes ont chacun touché 17 ballons comme premier attaquant ou numéro 10 à Cardiff, preuve de leur capacité à incarner une menace multiforme.
"C'est aussi le jeu de l'équipe de France qui veut ça. On se retrouve souvent avec des centres en position d'ailiers par exemple, et cela amène de la fluidité. Une telle polyvalence, c'est aussi la force de cette équipe", souligne Damien Traille, qui en connaît un rayon sur le sujet, après avoir joué centre, arrière et demi d'ouverture avec le XV de France de 2001 à 2011 (86 sélections).
"On essaie d'être menaçants partout, d'être le moins lisible possible, et quand tu joues avec Matthieu, Thomas et Antoine, il y a beaucoup de permutations, les mecs se trouvent quasiment les yeux fermés", a confirmé Théo Attissogbe dimanche. Au rayon des statistiques ahurissantes, le Girondin et les deux Toulousains sont aussi les trois joueurs qui totalisent le plus d'offloads du Tournoi après deux matchs (Jalibert 10, Ramos 8 et Dupont 5), sans compter une moyenne de passes supérieures aux habitudes de l'ère Fabien Galthié et un nombre important de franchissements.
"On a trouvé une trame qui nous permet d'être consistants et au milieu, il y a Antoine et Matthieu qui touchent beaucoup de ballons et font des choix justes. Matthieu est bien accompagné par ce diable de Thomas Ramos qui est capable de transformer des ballons anodins ou des ballons sous pression", saluait à ce titre le sélectionneur tricolore après la balade au pays de Galles.
De quoi créer quelques envieux outre-Manche : "Nous pourrions assister à la naissance du plus grand duo français à la charnière de tous les temps", allait jusqu'à affirmer Stuart Barnes, journaliste rugby de référence, dans les colonnes du Times à la suite du succès contre le Trèfle. "Une des performances les plus justes offensivement depuis très longtemps" du XV de France, selon les mots de Fabien Galthié en conférence de presse.
"C'est un régal de jouer avec eux. Matthieu Jalibert a cette folie et Thomas Ramos, qui a ce leadership et la voix pour placer les mecs, c'est toujours plus facile. Ce sont vraiment deux mecs exceptionnels. On a beaucoup travaillé ces dernières semaines sur nos rôles bien précis à tous. On savait quoi faire pour se réajuster en défense."
Fabien Brau-Boirie, centre des Bleus, après Galles-France
Le Palois a marqué son premier essai international contre le XV du Poireau sur une remise intérieure de "Jalib", lancé en second centre. Une combinaison qui s'est reproduite à six reprises dans la rencontre. Autrement dit, les rouages sont bien huilés. Ces mouvements répétés, "ça montre qu'on a une capacité à être amphibie, à s'adapter à ce qui se propose en face de nous", a lui insisté Antoine Dupont, le capitaine des Bleus, se réjouissant de "voir plus d'opportunités" grâce à cela.
"En équipe de France, on n'a pas beaucoup de temps pour se préparer, mais on a trouvé la bonne organisation", se félicitait Fabien Galthié dimanche soir, sans céder au triomphalisme : "Bien sûr qu'il y a à redire, on peut faire mieux, vraiment mieux." "Notre volonté, c'est de tenir un peu plus le ballon", précisait ce mercredi Laurent Sempéré, son adjoint des Bleus à Marcoussis.
"Avec Antoine Dupont en régulateur et Thomas Ramos qui se retrouve très souvent en poste numéro 10, il est évident que c'est beaucoup plus facile de faire de bonnes performances quand on a un paquet d'avants qui domine, comme face à l'Irlande et au pays de Galles. On jugera vraiment des performances quand on affrontera des équipes qui nous proposeront une opposition différente", nuance également Damien Traille pour RTL.
Reste que cette triple association est forcément à mettre au crédit de Matthieu Jalibert, à qui on prédisait déjà qu'il ne porterait plus le maillot bleu alors qu'il n'avait plus joué depuis la défaite à Twickenham l'an dernier (24-25). "Il a pris conscience de certaines choses, il a mis du sens dans sa préparation et dans son engagement sur le terrain. Je pense que depuis environ un an, il a sincèrement évolué. Il a grandi dans sa vie d'homme, certainement, mais cela lui a permis d'étoffer un petit peu sa vie de joueur", louait en début de rassemblement l'entraîneur adjoint William Servat.
Touché à un rein, puis victime d'un souci musculaire à l'ischio-jambier, son concurrent Romain Ntamack devrait revenir sur les terrains contre Montauban le 28 février avec Toulouse en Top 14, et pourrait revenir avec le groupe pour l'Écosse (le 7) et l'Angleterre (le 14). Mais en l'état, "Jalib" semble bien parti pour poursuivre comme titulaire, au vu des bons points marqués ce mois-ci.
"Il y avait beaucoup d'attentes autour de lui, qui était assez décrié malgré de superbes prestations avec l'UBB. Il y avait cette comparaison un peu lourde avec Romain Ntamack. Il faut saluer qu'il a su saisir sa chance et fait taire les critiques pour être actuellement numéro un à ce poste. C'est quelqu'un qui anime parfaitement cette ligne de jeu", juge Damien Traille, quadruple vainqueur du Tournoi (2002, 2004, 2006, 2007) et finaliste de la Coupe du monde 2011.
La différence entre les deux ? "Matthieu Jalibert a un peu plus de liberté dans son jeu, tente un peu plus et attaque un peu plus sa ligne que Romain Ntamack. Lui est toujours très propre, en respectant les plans de jeu, mais est capable d'exploits individuels", poursuit-il. "Pour moi, la question ne se pose pas actuellement : il faut inclure les deux car d'ici 2027, il peut se passer beaucoup de choses".
Mais avant de se pencher sur l'horizon du Mondial en Australie, les Bleus devront assurer ce dimanche à 16h10 contre une Italie joueuse à Lille, là où ils avaient concédé un nul embarrassant il y a deux ans (13-13), pour faire un pas de plus vers le Grand Chelem.
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