3 min de lecture Jules Bianchi

Jules Bianchi, destin brisé d'un véritable passionné

PORTRAIT - Le pilote de Formule 1, victime d'un terrible accident lors du Grand Prix du Japon en octobre dernier, a perdu sa "dernière bataille" à l'âge de 25 ans, a annoncé sa famille dans un communiqué.

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Jules Bianchi, destin brisé d'un véritable passionné Crédit Image : PATRIK STOLLARZ / AFP | Crédit Média : Jean-Baptiste Bourgeon | Durée : | Date :
Claire Gaveau
Claire Gaveau
et AFP

Le monde de la Formule 1 est en deuil. Neuf mois après son terrible accident lors du Grand Prix du Japon, Jules Bianchi est décédé vendredi soir au CHU de Nice, à l'âge de 25 ans. Né dans une fratrie originaire de Milan, le sport automobile est une histoire de famille. Mauro, son grand-père, avait été un très bon pilote de F3 et d'endurance et s'était imposé comme l'une des grandes figures du sport automobile des années 1960. 
Mais le terrible accident survenu le 5 octobre 2014 sur le circuit de Suzuka, et sa mort vendredi, rappelle un autre drame familial. Celui de son grand-oncle, Lucien, qui a couru 17 Grands Prix de Formule 1, montant sur le podium à Monaco en 1968 et remportant la même année les 24 Heures du Mans. Cette épreuve qui l'a couronné sur le circuit de la Sarthe lui a en effet aussi coûté la vie un an plus tard, en 1969. Lors des essais préliminaires, son Alfa Romeo percute un poteau et il meurt prisonnier des flammes, à 34 ans.  

34 Grand Prix disputés en F1

Arrivé dans le baquet d'une Formule 1 en 2013, dans l'écurie russe Marussia - après avoir été une année réserviste chez Ferrari et Force India - le jeune homme était né à Nice en août 1989. Pas si loin de cette Italie que sa famille avait quittée en 1950, pour émigrer d'abord en Belgique, puis en France. Le père de Jules, Philippe, a géré pendant des années la piste de karting de Brignoles (Var), tout près du circuit Paul-Ricard où Bianchi Junior a fait ses premières armes comme pilote de monoplace.

Après avoir gravi tous les échelons, le jeune Jules Bianchi, intégré en 2009 à l'Académie des pilotes Ferrari, a fait de la Formule 3, puis deux saisons de GP2, avant de se rabattre en 2012 sur la Formule Renault 3.5. Mais le grand pas est sauté en 2013, quand Marussia lui a offert sa chance. Une confiance qu'il rendra bien alors qu'il inscrit les premiers points en F1 de l'histoire de l'écurie, et au passage de sa jeune carrière lors d'une 9e place acquise sur le mythique circuit de Monaco en mai 2014. 

Ferrari, le rêve de sa vie

En pleine ascension, véritable "espoir du sport automobile français" selon Jean Alesi, Jules Bianchi ne comptait pas s'arrêter en si bon chemin. Trois jours avant le départ du GP du Japon à Suzuka il avait ainsi déclaré se sentir "prêt" à prendre le volant d'une Ferrari. "Bien sûr, je me sens prêt. Je travaille pour ça depuis mon entrée à la Ferrari Academy fin 2009. J'ai fait deux saisons de F1. Je pense que j'ai une bonne expérience et je me sens prêt, c'est sûr", avait assuré Jules Bianchi lors d'une conférence de presse. 
Lucide et modeste, il avait aussitôt relativisé son propos: "Evidemment, pour le moment, les deux pilotes (Alonso et Raïkkönen à l'époque, ndlr) ont des contrats, donc il n'en est pas question, mais si l'opportunité se présente, je crois que ce serait bien pour moi". Un but qui se rapprochait encore un peu plus alors que quelque heures avant le Grand Prix fatal, il avait signé un contrat avec l'écurie suisse Sauber, motorisée par la légendaire marque italienne. Un rêve qui s'est arrêté net un triste 5 octobre 2014. 

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