7 min de lecture Formule 1

F1 : le bilan de la saison 2015 en 6 points

ÉCLAIRAGE - Remportée par Lewis Hamilton (Mercedes), la saison 2015 de Formule 1 s'est achevée au terme de 19 courses, dimanche 29 novembre.

Lewis Hamilton célébrant son titre de champion du monde de F1 devant Nico Rosberg, à Austin (Texas) le 25 octobre 2015
Lewis Hamilton célébrant son titre de champion du monde de F1 devant Nico Rosberg, à Austin (Texas) le 25 octobre 2015 Crédit : JEWEL SAMAD / AFP
Julien Absalon
Julien Absalon
Journaliste RTL

Au terme du Grand Prix d'Abou Dabi remporté par Nico Rosberg, dimanche 29 novembre, la 66e saison du championnat du monde de Formule 1 s'est achevée. Une fois de plus, l'écurie Mercedes a dominé les débats avec Lewis Hamilton, sacré pour la deuxième fois d'affilée, et son dauphin Nico Rosberg. Durant ces huit mois de feuilleton, Ferrari a montré qu'elle était de retour à un niveau digne de ce nom, à l'inverse de Red Bull et de McLaren. En revanche, les fans pourront regretter que le spectacle était parfois plus intéressant en coulisses que sur la piste, malgré toute la bonne volonté des pilotes.

1. Hamilton a surclassé Rosberg

Sacré champion du monde sur le tracé américain d'Austin (Texas), à trois courses de la fin de saison, Lewis Hamilton (Mercedes) a ajouté une troisième ligne à son palmarès en F1. Une récompense méritée tant il a dominé son coéquipier allemand Nico Rosberg. Auteur de 11 poles positions sur 19 possibles, le Britannique s'est imposé à 10 reprises, soit quatre fois de plus que son rival. Au final, c'est avec 59 points d'avance qu'il s'est imposé.

Au-delà même de ces statistiques implacables, c'est la domination mentale qu'il faut relever. Un tournant inéluctable s'était produit la saison passée sur le circuit belge de Spa-Francorchamps, où Nico Rosberg avait envoyé son concurrent dans les graviers alors qu'ils étaient au coude-à-coude au classement. La réprimande de Mercedes contre l'éternel second avait alors sonné comme un désaveu profond.

Dès lors, Lewis Hamilton a pris un ascendant psychologique qui s'est prolongé en 2015. Il s'est ainsi montré à plusieurs reprises très autoritaire dans ses dépassements, n'hésitant pas à tasser son coéquipier à la limite des règles lorsque ce n'était pas ce dernier qui craquait et partait à la faute. C'est d'ailleurs comme cela qu'il a offert sur un plateau le titre de champion, en ratant son freinage à huit toujours de la fin du GP des États-Unis alors qu'il était en tête. Ce n'est qu'une fois libéré de cette pression de lutte pour le titre que Nico Rosberg a fini par signer trois victoires de suite.

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2. Vettel a redonné des couleurs à Ferrari

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Grâce aux trois victoires de Sebastian Vettel cette saison, d'abord en Malaisie puis en Hongrie et à Singapour, l'hymne italien a pu de nouveau retentir au terme d'un week-end pour récompenser une victoire de Ferrari. ll fallait avant ça remonter au 12 mai 2013 pour trouver trace du dernier succès de la marque au cheval cabré. Une disette de presque deux ans qui a pris fin avec l'arrivée du quadruple champion du monde allemand.

Cette performance a presque valeur d'exploit au vu de la maîtrise de Mercedes, auteur de 12 doublés. Aussi parce que la Scuderia, seulement 4e du précédent championnat, était régulièrement reléguée à plus d'une seconde. Si elle a su devenir la deuxième force du paddock, c'est grâce à une profonde restructuration qui a commencé avec des mouvements au sein de la direction puis l'éviction de Fernando Alonso, dont la lassitude et l'attention devenaient problématiques. À sa place Sebastian Vettel, ex-Red Bull, a apporté sa fougue et une dynamique positive.

Sur le plan technique, Ferrari a fini par réussir à produire un moteur d'une puissance équivalente à celui de Mercedes, selon des chiffres de la BBC qui montrent que le net écart de 2014 a été totalement effacé. Si elle se maintient à ce niveau, l'écurie doit donc se pencher sur l'aérodynamisme qui lui coûte encore des points, ainsi que sur le niveau de son deuxième pilote Kimi Räikkönen qui semble s'éloigner de plus en plus de son niveau de 2007, année d'obtention de son unique couronne mondiale.

3. Grosjean, la saison du réconfort

En 2014, Romain Grosjean était au bord de la crise de nerfs. Obligé de lutter en permanence avec une monoplace Lotus indigne de son niveau, le Franco-Suisse avait inscrit seulement 8 petits points. Cette saison, grâce à des moteurs Mercedes venus remplacer les moteurs Renault, il est parvenu à régulièrement boucler les courses dans le top 10 et d'achever son championnat à la 11e place avec 51 points. Le point d'orgue de cette année 2015 a même été un podium lors du GP de Belgique (3e). "Je pense que c'était ma meilleure saison en Formule 1 en termes de performance en qualifications et en course", a-t-il déclaré selon Motorsport.

Mais après 4 ans de hauts et de bas avec Lotus, le pilote de 29 ans a mis fin à cette collaboration. Conscient que cette équipe en difficulté financière ne peut lui permettre d'atteindre son rêve de titre suprême, Romain Grosjean s'est engagé la saison prochaine avec la nouvelle écurie américaine Haas, où il sera en tandem avec le Mexicain Esteban Gutierrez.

4. Red Bull a failli dégoûter Renault de la F1

Renault a bien failli claquer la porte. Désormais simple fournisseur de moteurs (pour Red Bull et Toro Rosso), le fabricant français vient de vivre deux années consécutives bien compliquées. En effet, les moteurs qu'il confectionne ne sont pas à la hauteur des unités de puissance de Mercedes ou Ferrari. Une situation qui a fini par excéder son client Red Bull avec qui il a été quadruple champion du monde. L'ancienne écurie de Sebastian Vettel a multiplié ses critiques contre le motoriste, désigné responsable de leur décevante 4e place derrière Williams. "Je ne sais pas comment ils (Renault, ndlr) ont pu merder à ce point", lançait dès la première course le directeur de Red Bull Racing.

Autant les moteurs de 2014 représentaient un fiasco, autant ceux de 2015 étaient nettement moins catastrophiques. Pour preuve, l'écurie sœur de Red Bull, Toro Rosso, n'a jamais marqué autant de points (67) que cette saison. Qu'importe, Red Bull a continué à se déchaîner dans les médias. Quel intérêt alors pour Renault d'être engagé dans une discipline qui coûte très cher et lui confère une image négative ? "Malheureusement quand nous gagnions des championnats, le nom Renault n'était jamais mentionné", pestait d'ailleurs le PDG Carlos Ghosn.

"Ne comptez pas sur nous en tant que motoriste. C'est fini", avait-il alors décidé, ce qui impliquait donc un retrait du monde de la F1, à moins de racheter une écurie. En septembre, Renault a ainsi annoncé le lancement d'une procédure d'acquisition de Lotus. Une opération qui serait sur le point de se conclure et signerait donc le retour de Renault F1 Team qui a fait la gloire de Fernando Alonso. En revanche, malgré la discorde, il y a fort à parier que la marque au losange continuera d'équiper Red Bull que Ferrari et Mercedes refusent de motoriser. Mais l'écurie autrichienne ne pourra alors plus s'en prendre à Renault car les moteurs ne seront pas badgés du logo français.

5. Honda à côté de la plaque

Le retour de Honda comme motoriste de F1, auprès de l'écurie McLaren, était l'une des attractions de la saison. Le projet, prévu sur plusieurs années, était si ambitieux qu'il avait emballé Fernando Alonso, recruté pour trois ans. "Je suis excité. Je ne sais pas combien de temps ça va prendre, mais nous allons gagner", déclarait-il à Sky News en avril. "McLaren Honda est l’équipe idéale pour battre Mercedes", renchérissait son coéquipier Jenson Button. Pourtant, il n'y avait visiblement aucune chance pour que le miracle se produise en 2015. Avec seulement 27 points inscrits, McLaren-Honda a été hors-sujet de bout en bout.

Les deux pilotes ont ainsi passé leur temps à partir de l'avant-dernière ligne de la grille de départ et à finir les courses avec deux ou trois tours de retard lorsqu'ils n'abandonnaient pas. En plus d'être non performants, ces moteurs se sont aussi distingués par leur mauvaise fiabilité. Fernando Alonso a ainsi utilisé 12 moteurs cette saison... alors qu'il n'a marqué que 11 points. Frustré, au point d'avoir comparé en plein course au Japon que ses moteurs étaient dignes du niveau GP2, l'antichambre de la F1, le pilote espagnol aurait envisagé de prendre une année sabbatique. Reste désormais à savoir si Honda va tenir sa promesse de progression et offrir un moteur nettement plus compétitif en 2016.

6. C'était soporifique

À l'heure où la F1 s'inquiète de perdre des fans et de ne pas réussir à convaincre la jeune population, les organisateurs ont tout intérêt à trouver un moyen de rendre les courses plus intéressantes. Si certaines courses, comme le GP de Grande-Bretagne, ont été rendues intéressantes par la pluie, la plupart ont souffert de certains défauts techniques et ont ressemblé à des processions.

Les observateurs n'ont ainsi pas manqué de rappeler à plusieurs reprises que des pilotes ne pouvaient pas attaquer à 100% la voiture qui les précédait sous peine de détruire les pneus Pirelli en quelques secondes. Ils ne pouvaient pas non plus coller les ailerons arrières, là encore pour ne pas endommager les gommes. Une hérésie pour un sport de vitesse extrême comme la Formule 1. Sans oublier qu'un trop grand nombre de dépassements ont lieu lors des arrêts au stand ou avec le DRS, cet aileron arrière amovible qui confère un gain aérodynamique important pendant quelques secondes. Fort heureusement, le public peut encore compter sur des pilotes comme le très jeune Max Verstappen (17 ans) pour réaliser des dépassements dignes de courses de karting et assurer un minimum de spectacle.

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