3 min de lecture Coupe du monde de rugby

Coupe du monde de rugby : ce qu'il faut retenir du premier tour du XV de France

DÉCRYPTAGE - Surclassés par l'Irlande dans le choc du groupe D, les Bleus abordent leur quart de finale face aux All Blacks sans certitudes.

Défait par l'Irlande, le XV de France a montré ses limites
Défait par l'Irlande, le XV de France a montré ses limites Crédit : FRANCK FIFE / AFP
Christophe Chafcouloff
Christophe Chafcouloff

Après trois rencontres de "chauffe" face à l'Italie, la Roumanie puis le Canda, la France est passée au révélateur de ses carences. Après 40 bonnes minutes où les Bleus ont brillé dans leur engagement face au XV du Trèfle, les joueurs de Philippe Saint-André ont sombré contre l'Irlande dans une deuxième mi-temps à sens unique, qui semble avoir fait resurgir les constats dressés régulièrement au cours du mandat du sélectionneur. Sans imagination, le XV de France ne parvient pas à faire la différence dans ses matchs et la blessure précoce de Yohan Huget n'arrange rien. Après une longue préparation et 4 rencontres de Coupe du monde, les satisfactions ne sont pas légion mais existent.

Michalak à maturité, Dusautoir fidèle à son rang

À 32 ans et pour sa troisième Coupe du monde sous le maillot frappé du coq, Frédéric Michalak termine les phases de poule avec un statut renforcé. Autrefois capable de souffler le chaud autant que le froid, l'ouvreur du RCT s'est illustré par sa régularité dans l'animation du jeu. "On a perdu le garçon insouciant qui surfait sur la vague de son talent", soulignait ainsi l’entraîneur des avants du XV France Yannick Bru. Le numéro 10 a travaillé. Résultat : le buteur français tourne à 81% de réussite dans ses tentatives au but, à 13 sur 16 devant les perches adverses. S'il a gagné en constance, Michalak (76 sélections) garde ses traits de "virtuose", à l'image de son franchissement décisif contre le Canada pour l'essai de Wesley Fofana.

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Les temps-forts de France-Canada

À côté de Frédéric Michalak, le capitaine du XV de France Thierry Dusautoir tient son rang. Le 3e ligne aile du Stade toulousain se classe troisième au classement des joueurs de la Coupe du monde ayant gagné le plus de ballons dans le jeu, avec 8 ballons grattés (classement dominé par le flanker australien David Pocock avec 10 possessions gagnées). Dusautoir honore par ailleurs son surnom de "Dark Destroyer" et son statut de leader de défense avec 45 plaquages et un taux d'efficacité dans l'exercice proche de la perfection (96%). Dans les lignes arrières, Scott Spedding profite, lui, de circonstances favorables.

La terrible blessure de Yohan Huget oblige Philippe Saint-André à repenser son organisation, donnant notamment à l'arrière Brice Dulin un rôle d'ailier, comme ce fut le cas face à l'Irlande. Résultat : Spedding stabilise sa place à l'arrière. Le joueur de l'ASM Clermont Auvergne est le Français à avoir parcouru le plus de mètres ballon en main (269), devant Dulin (208). Les relances des deux arrières ne sont toutefois pas suffisantes à illuminer un jeu tricolore engoncé dans ses fondamentaux : jeu au près, défi physique et conquête.

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Le premier acte de l'affrontement face aux Irlandais a mis en évidence les points forts du XV de France. Les Bleus ont du répondant dans l'intensité des matchs de haut niveau. Les sorties sur blessure de Jonathan Sexton et du géant Paul O'Connell témoignent du travail de sape effectué par l'équipe de France. Malgré "l'élimination" de deux pièces maîtresses du camp adverse, le XV de France a été incapable de mettre à profit cette usure pour concrétiser en "envoyant du jeu". Pire, il a été privé de ballons, acculé dans son camp et poussé à la faute par le XV du Trèfle qui, sur le deuxième acte, affiche un taux de possession de 76%.

Le public n'aura sans doute pas non plus oublié une première demi-heure de jeu indigente face à la Roumanie, où le spectacle alternait entre fautes de main et mauvais choix offensifs. Face à cette incapacité chronique à faire briller ses lignes arrières, le XV de France se rabat sur des "fondamentaux" dans lesquels il n'est pas non plus souverain. La mêlée française a été malmenée face au pack irlandais, qui a également gêné l'alignement tricolore en touche (2 ballons volés).

À la traîne dans une Coupe du monde "joueuse"

Au terme d'une phase de poules enthousiasmante, les Bleus souffrent surtout de la comparaison avec les performances de plusieurs équipes capables d'être efficaces dans le jeu d'avants tout en affichant une visage joueur et séduisant. L'Australie, l'Argentine ou le Japonrévélation de cette Coupe du monde, illustrent cette tendance.

Les Japonais Ayumu Goromaru et Harumichi Tatekawa samedi 19 septembre 2015 lors de la victoire face à l'Afrique du Sud
Les Japonais Ayumu Goromaru et Harumichi Tatekawa samedi 19 septembre 2015 lors de la victoire face à l'Afrique du Sud Crédit : AFP/L.Bonaventure

Dans l'optique du grand défi de son quart de finale face aux All Blacks (meilleure attaque de la compétition avec 25 essais marqués), les Bleus devront plutôt s'attacher à bien défendre à défaut de révolutionner leur jeu. Une semaine n'est pas assez pour construire une équipe mais elle peut suffire à regonfler les cœurs. 

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Coupe du monde de rugby 2015 : résultats et programme Crédit : AFP
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