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Agressions sexuelles : Spotify abandonne les sanctions contre les artistes accusés

La plateforme de streaming musical avait annoncé des sanctions contre les artistes accusés d'abus sexuels. Un mois plus tard, elle renonce à appliquer cette mesure.

Spotify avait annoncé des sanctions contre les artistes accusés d'abus sexuels. Finalement, la plateforme de streaming musical abandonne la mesure.
Spotify avait annoncé des sanctions contre les artistes accusés d'abus sexuels. Finalement, la plateforme de streaming musical abandonne la mesure. Crédit : Heidi Sandstrom / Unsplash
Emeline Ferry
Emeline Ferry
et AFP

La plateforme de streaming musical s'était engagée à prendre des mesures contre les artistes accusés d'abus sexuels. Finalement, elle fait marche arrière. Spotify a annoncé qu'elle renonçait à mettre en place des sanctions contre les artistes au comportement "nocif ou haineux".

Le 10 mai, la plateforme suédoise avait annoncé qu'elle comptait retirer les chansons de l'artiste américain R.Kelly, accusé d'abus sexuels depuis plusieurs années, rappelle l'AFP. Cela faisait suite à un appel du mouvement Time's Up, né après l'éclatement de l'affaire Weinstein. 

"Lorsqu'un artiste ou un créateur fait quelque chose de particulièrement nocif ou haineux, cela peut changer la façon dont nous travaillons avec lui ou dont nous le soutenons", s'étaient alors justifiés les dirigeants de l'entreprise en présentant leur nouvelle charte.

Les chansons de l'interprète de "I believe I can fly" restaient disponibles sur la plateforme, mais n'apparaissaient plus dans les propositions faites aux utilisateurs. Un mois plus tard, Spotify se retracte et choisit de modifier sa charte.

Des artistes accusés, mais pas condamnés

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"Même si nous croyons que nos intentions étaient bonnes, le libellé était trop vague. Nous avons créé de la confusion, de l'inquiétude, et nous n'avons pas suffisamment de temps à consulter notre équipe et nos principaux partenaires avant de partager nos nouvelles lignes directrices", justifie la plateforme suédoise dans un communiqué publié ce mercredi 6 juin.

"Il n'a jamais été question de punir un artiste individuellement ou même de nommer un artiste", a déclaré Daniel Ek, le fondateur de Spotify, ce mercredi.

En plus de R.Kelly, d'autres artistes étaient visés par la mesure, rappelle le site du Huffington Post. Le rappeur XXX Tentation, qui fait l'objet d'une enquête après les accusations d'une ex-compagne qui dit avoir été frappée et torturée quand elle était enceinte, mais aussi l'ado rappeur Tay-K, emprisonné dans l'attente d'un procès pour un meurtre dans lequel il clame son innocence, étaient aussi concernés.

"Nous ne voulons pas jouer les juges ou les jurés"

Ces hommes étaient accusés dans ces affaires criminelles ou d'agressions sexuelles, mais n'ont jamais été condamnés pour cela, ce qui a valu des critiques à l'égard de la plateforme de streaming musical. "Spotify, ce n'est pas ça. Nous ne voulons pas jouer les juges ou les jurés", explique le communiqué. "Certains artistes craignaient même que les erreurs commises dans leur jeunesse ne soient utilisées contre eux". 

Spotify continuera tout de même à modérer les morceaux qui contiennent des "discours haineux" et se réserve le droit de les écarter. En 2017, une vingtaine de groupes, liés au mouvement suprémaciste blanc ou néo-nazi, ont été exclu de la plateforme.

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