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"Star Wars : Rogue One" : qui est Felicity Jones ?

PORTRAIT - Discrète, l'actrice britannique de 33 ans incarne l'héroïne Jyn Erso dans le spin-off de la saga.

Felicity Jones lors d'une présentation de Star Wars: Rogue One à Mexico
Felicity Jones lors d'une présentation de Star Wars: Rogue One à Mexico Crédit : SIPANY/SIPA
Julien Absalon
Julien Absalon
Journaliste RTL

Felicity Jones a tout d'une étoile montante. Son nom n'est pas connu du grand public et son visage poupin aux airs de Zooey Deschanel suppose qu'elle sort tout juste de l'adolescence. Il serait donc aisé de faire le parallèle avec sa compatriote britannique Daisy Ridley qui, à 23 ans, décrochait grâce à Star Wars VII son premier grand rôle au cinéma. La première citée s'en amuse même dans une vidéo : "Oui, nous avons toutes les deux les cheveux bruns et notre accent vous paraît drôle". Mais la comparaison demeure là. 

Car à 33 ans, Felicity Jones n'est plus seulement qu'une comédienne en devenir. En tête d'affiche de Rogue One, le premier spin-off de la saga intergalactique voulu par Disney, l'Anglaise s'est en réalité déjà fait une place dans la constellation des actrices qui comptent. Si elle n'a effectivement jamais eu un rôle aussi médiatique et populaire que celui de l'héroïne Jyn Erso, nouveau personnage mystérieux de l'Alliance, elle s'est déjà constituée une filmographie pour le moins respectable.

Discrètement mais sûrement, sa carrière prend véritablement son tournant en 2014. Elle est cette année-là nommée aux Oscars, dans la catégorie meilleure actrice aux côtés de grandes figures comme Julianne Moore et Marion Cotillard, pour son interprétation dans le biopic The Theory of Everything consacré à Stephen Hawking. En incarnant le "rôle à Oscar" de Jane Wilde, la femme passionnée et combative du renommé physicien anglais handicapé, Felicity Jones se révèle. Elle démontre sa faculté à se glisser dans un personnage pour le jouer avec une justesse impeccable. "J'ai cru que c'était moi", constatait, subjuguée, Jane Wilde en personne.

Spécialiste ès romance

Pour que ses pairs applaudissent cette performance remarquée, Felicity Jones a non seulement usé de son talent mais surtout de son habitude à apporter une "perception intelligente", dixit l'un de ses anciens professeurs. Peut-être s'est-elle rappelée du rôle qu'elle a eu durant sa jeunesse dans un soap opera à la radio, The Archers (BBC), pour accorder tant d'importance à la reproduction de la voix de son personnage. "Je ne suis pas une actrice qui veut juste être moi-même. Je ne veux pas faire une imitation, mais habiter ce rôle [de Jane Wilde]. J'aime l'aspect technique du métier. J'aime avoir le plus de temps possible pour parler à des experts", racontait la jeune femme à Deadline.

Qu'elle se fasse une réputation avec un rôle de fougueuse amoureuse n'a rien d'un hasard. C'est précisément sa spécialité et ce qui lui a ouvert des portes. En 2011, le premier décollage de sa carrière se fait grâce au film indépendant Like Crazy. Avec le regretté Anton Yelchin, et un naturel presque déconcertant, elle y incarne une jeune étudiante anglaise découvrant les joies et les tourments du coup de foudre lors son année d'étude à Los Angeles. Sa prestation, couronnée d'un prix spécial du jury du festival Sundance, est d'autant plus remarquable qu'elle n'a pas bénéficié d'un rôle fait sur-mesure. En pleine éclosion, l'actrice faisait son propre maquillage, jouait avec ses vêtements personnels et surtout... improvisait ses dialogues. Le réalisateur Drake Doremus ne lui avait en effet confié que les grandes lignes de la trame sur quelques pages de script. Se lancer dans une telle expérience constituait un "vrai risque" qu'elle se devait de prendre, sans quoi elle craignait de ne "jamais rien faire d'intéressant".

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Like Crazy Trailer Official (HD) Crédit Image : REX FEATURES/SIPA |
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Des risques, elle en reprend en faisant à nouveau le coup du jeu à l'improviste dans Breathe In, film au scénario moins joyeux mêlant piano et adultère, puis au moment de faire le grand saut pour quitter sa zone de confort. "J'étais habituée à faire du film indépendant, où le style est beaucoup plus décontracté. (...) J'ai voulu faire The Invisible Woman (où elle est l'amante du romancier Charles Dickens, ndlr), car c'est un style de performance totalement différent". En passant, là encore, ce nouveau test sans problème, elle assoit sa crédibilité.

Elle s'offre le luxe d'apparaître dans des blockbusters - The Amazing Spider-Man 2 et Inferno - comme une dernière marche à franchir avant de se retrouver projetée dans les salles du monde entier pour Star Wars : Rogue One. Une grosse production qui lui permet d'apprécier le fait de jouer une "badass" qui va "botter des fesses", d'être excitée et terriblement stressée à l'idée de prononcer "May the force be with us", au point de faire 25 prises de cette même maxime, mais aussi de mettre enfin un peu de côté les romances. "Celle que j’incarne n’est pas une potiche. J'estime positif qu’on écrive des personnages féminins actifs dépourvus d’enjeux amoureux. Les rapports entre les protagonistes sont basés sur une franche camaraderie", commente-t-elle auprès de 20 Minutes. Et après avoir fait en sorte d'obtenir un cachet reflétant au mieux son importance dans le scénario, l'interprète de Jyn Erso voit dans ce film la possibilité pour de jeunes filles de s'identifier à un "personnage féminin cool qui peut courir très vite".

Une vie discrète

Peut-être encore plus que pour les Oscars, Felicity Jones va devoir une nouvelle fois appréhender au mieux cette célébrité soudaine. Quelque peu timide et plutôt nerveuse lorsque la caméra ne tourne pas, d'après elle, la native du chaleureux village birminghamois de Bournville, considéré comme l'un des meilleures endroits pour vivre en Grande-Bretagne, aura vraisemblablement comme préoccupation première de protéger sa vie privée. 

Née le 17 octobre 1983 d'une mère publicitaire et d'un père journaliste, l'égérie d'un temps pour Dolce & Gabbana se méfie des questions trop intrusives : "Les journalistes sont comme des acteurs. Ce sont des gens curieux qui aiment débusquer l'information et je pense qu'il est raisonnable d'être un peu prudente parfois". Inutile donc de chercher du croustillant, ni dans la presse, ni sur les réseaux sociaux qu'elle déserte. Tout juste reconnaissait-elle avoir rompu de son petit ami de dix ans, l'artiste Ed Fornieles. Elle concède tout de même préférer être dans un pub que de se retrouver sur un tapis rouge.

Felicity Jones préfère donc parler cinéma. À la lire dans les colonnes du Telegraph, elle pourrait bien retourner dans sa niche favorite après toutes ces scènes d'actions. "Je suis définitivement romantique et j’aime les histoires romantiques. C’est pourquoi je vais continuer à faire des films romantiques. C’est marrant comme regarder une histoire d’amour n’est jamais ennuyant. Parce que c’est un rêve, n’est-ce pas ? C’est un rêve d’avoir une connexion avec une autre personne". Avec Rogue One, c'est une connexion planétaire qui l'attend.

Jyn Erso dans "Star Wars : Rogue One" est l'héroïne de l'histoire
Jyn Erso dans "Star Wars : Rogue One" est l'héroïne de l'histoire Crédit : Lucasfilm Ltd. / Jonathan Olley
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