8 min de lecture Divertissement

Confinement : Laurent Voulzy travaille à son projet de spectacle sur Jeanne d'Arc

Passionné par l'histoire de la Pucelle, le chanteur prépare un spectacle en collaboration avec Franck Ferrand et Gilbert Sinoué.

Micro générique Switch 245x300 À la Bonne Heure ! Stéphane Bern
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Nouvelle Formule - Jeu Crédit Image : Fred Bukajlo / SIPA / RTL | Crédit Média : RTL | Date :
La page de l'émission
David Buron

Retrouvez Stéphane Bern dans A La Bonne Heure ! du lundi au vendredi de 11h30 à 12h30, sur RTL, pour une émission spéciale confinement.

Pour vous divertir, toutes générations confondues, l'équipe de l'émission vous propose un nouveau jeu qui vous emmène des rois de France aux rois de la pop, des trésors de nos villages aux trésors de la chanson, du cinéma, de tout ce qui fait le patrimoine... avec des stars que nous prenons chaque jour au téléphone pour débriefer vos réponse !

Quatre nouvelles énigmes au menu ce matin, et quatre chances de gagner des cadeaux ! Pour cela, dès que vous croyez avoir la bonne réponse à l’énigme, envoyez un SMS au 64900 (0,35cts/sms) avec le mot clé "JEU" suivi de votre réponse. Vous passerez peut-être à l’antenne afin de la vérifier avec Stéphane Bern et un invité qualifié.

Énigme n°1

"Vous savez il y a l’Histoire, la vraie, c’est à dire les faits qui se sont réellement déroulés à un moment précis. Et puis il y a le mythe, c’est à dire la façon de raconter cette histoire et peut-être d’en tirer des leçons universelles. Et en France, il y a aussi ce qu’on appelle le roman national, c’est à dire la référence à des héros comme Vercingétorix, Du Guesclin, Bonaparte ou plus près de nous, de Gaulle qui incarneraient l’identité de la France. C’est une utilisation de faits plus ou moins réels qui construisent une image de la France en puisant ce qui l’arrange dans le passé.
Eh bien, histoire, mythe, roman national, la personnalité dont je voudrais vous faire deviner le nom est une des figures essentielles de ces trois catégories.
Et plutôt d’ailleurs que de vous raconter sa vie, je vais vous raconter celle d’une récupération. Jamais en effet, personnage historique n’aura été revendiqué par l’ensemble des communautés françaises, la gauche comme la droite, l’Eglise comme les laïcs, les nationalistes comme les révolutionnaires.
Et le plus intéressant, c’est que cette récupération n’a pas lieu au temps où elle a vécu, c’est à dire au 15ème siècle, mais bien plus tard, quand on la redécouvre au 19ème.
Tout commence avec le grand historien Jules Michelet celui qu’on surnommait le père de l’Histoire de France. C’est lui qui écrit : « souvenons nous Français que la patrie est née chez nous dans le cœur d’une femme… » .
Il y a la fameuse phrase de Péguy au temps où il était encore anticlérical : « elle est morte pour l’établissement de la république socialiste universelle… » donc une figure de la gauche morte d’une mort humaine  ce qui est une façon d’écarter la religion .
C’est alors que l’Eglise, justement, s’aperçoit qu’elle est en train de se faire voler une héroïne. Elle délègue alors le fameux Père Dupanloup, évêque d’Orléans, oui celui de la chanson, 
Vous en voulez un petit extrait par Pierre Perret:

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Merci Pierre pour cette interruption, je reprends…
Le père Dupanloup est donc désigné pour obtenir sa canonisation qui pourtant n’interviendra que cinquante ans plus tard, en 1920 sous le pontificat de Benoît XV. C’est à ce  moment-là d’ailleurs que l’Eglise pour se disculper inventera un nouveau « méchant ». Ce seront les Anglais qui se sont simplement servis des traîtres  comme l’ignoble évêque Cauchon …
Et c’est en déroulant ce fil que les antidreyfusards vont en faire, le symbole du nationalisme et plus encore de la France pure qui lutte contre les envahisseurs. Certains continuent d’ailleurs d’utiliser cette image, aujourd’hui. Légère gêne, d’ailleurs sous le régime de Vichy : essayez d’aller expliquer aux théoriciens de la collaboration que l’occupant peut-être un ennemi…. Pas facile. Il faut alors trouver un autre moyen de l’honorer et qu’est ce qu’on glorifie alors ? Eh bien, simplement la paysanne. Eh oui, comme le disait Pétain : « seule la terre ne ment pas » …
Bref, prolo, anticléricale, sainte chez Bernanos, résistante chez Aragon, royaliste ou républicaine, conservatrice ou révolutionnaire, chacun son héroïne ...
Mais de qui s’agit-il ?"

La réponse: Jeanne d'Arc. 
Au téléphone pour en parler avec nous: Laurent Voulzy, qui a consacré une très belle chanson à la Pucelle en 2011: Jeanne, extrait de son album Lys & Love. Interviewé par Stéphane Bern, Laurent nous rappelle que c'est suite à un "rêve", durant lequel il dit avoir entendu une "voix", qu'il a eu l'idée de faire ce titre.

Laurent Voulzy qui n'en a pas fini avec Jeanne d'Arc, puisqu'il profite du confinement pour travailler et notamment pour peaufiner un spectacle musical sur la jeune guerrière qu'il a en projet depuis quelques années. Un projet pour lequel il s'est adjoint les services de Franck Ferrand et de l'écrivain Gilbert Sinoué: "Nous sommes plongés dans l'écriture, c'est absolument passionnant et on s'appelle les uns les autres pour échanger des idées."

Laurent Voulzy dans Le Grand Studio RTL
Laurent Voulzy dans Le Grand Studio RTL Crédit : Fred Bukajlo / SIPA / RTL

Énigme n°2

"Allez : on va partir à toute vapeur pour un voyage à bord d’un véritable mythe, un symbole intemporel de l’art et du voyage réunis dans un seul moyen de transport…mais lequel ?
Son aventure débute le 04 octobre 1883… Pour son lancement à Paris, une foule élégante de personnalités politiques, de journalistes et d’écrivains se pressent à la Gare de Strasbourg (l’actuelle Gare de l’Est)…
Son premier voyage à pour destination Constantinople… Pour cela, il traverse l’Europe entière, jour et nuit, passe par la Roumanie, la Bulgarie puis le Bosphore… L’aller-retour est réalisé en moins de 2 semaines ! Un exploit rapporté par une presse dithyrambique… Le Figaro titre : « En 76h au lieu de 111 comme autrefois, nous avons accompli le trajet de Constantinople à Paris et cela sans la plus légère fatigue, dans des conditions de confort absolu ! »…
Cette expédition hors-norme, on la doit à l’ingénieur belge Georges Nagelmackers qui voulait importer en Europe les trains de nuit, popularisés aux Etats-Unis par George Pullman… C’est d’ailleurs à lui qu’on doit l’expression « wagons-lits «  qui deviendra ensuite une marque.
Tout dans ce train est synonyme de luxe et de romance… Ses 20 cabines ont le chauffage central, l’eau chaude et l’éclairage au gaz… L’intérieur est tapissé, les draps des lits sont en soie, les sanitaires en marbre et des peignoirs marqués du sceau de la compagnie sont à la disposition des passagers fortunés… En 1920, il devient même le terrain d’expression de deux génies de l’Art Déco : René Lalique et René Proux…
Que vous dire d’autre ? Peut-être son surnom : « Le roi des trains, le train des rois »… Il est le mode de transport privilégié par les têtes couronnées et les stars comme le roi Ferdinand de Bulgarie, la comédienne Marlène Dietrich et l’écrivain russe Tolstoï qui ont voyagé à son bord… 
Sa légende grandit aussi grâce à la littérature et le cinéma… Paul Valéry et Ernest Hemingway s’en inspirent pour leurs romans… Ian Flemming, le père de « James Bond » l’utilise comme décor dans « Bon baiser de Russie »… Mais c’est sûrement avec la romancière britannique Agatha Christie qu’il passe à la prospérité…
Victime de l’essor des transports aériens, il effectuera son dernier aller-retour Paris-Istanbul le 20 mai 1977, 94 ans après son inauguration…
Mais quel est le nom de ce moyen de transport mythique ?"


La réponse: L'Orient Express.
Au téléphone pour en parler avec nous: Sophie Dubois-Collet, auteure de L’histoire prend le train (éditions de l’Opportun). 

L'histoire prend le train
L'histoire prend le train Crédit : Editions de l'Opportun

Énigme n°3

"Drôle d’histoire. Drôle de personnage, cette sorte de Mary Poppins dont un metteur en scène dira : « c’est l’adulte qui nous pardonne d’être un enfant »  mais dont la maladresse, la naïveté, allez, disons le mot, le côté un peu godiche ont été parfois considérés comme  une insulte à a mémoire d’un peuple …
Mais commençons par le commencement. Nous sommes en 1905. Jacqueline Rivière qui en est la rédactrice en chef, s’apprête à faire sortir le premier numéro d’un hebdomadaire destiné aux fillettes de bonne famille, la Semaine de Suzette. Mais voilà : un publicitaire a fait défaut au dernier moment. On ne va tout de même pas, pour son premier numéro,  faire sortir le journal avec une page blanche. Alors Jacqueline Rivière a une idée. Elle s’inspire de la gouvernante de ses enfants, pas toujours exempte de reproches. Et elle demande au dessinateur Joseph Pinchon de lui donner un visage, un corps, bref de l’incarner. 
Succès de ce personnage naïf, maladroit mais attachant qui reviendra dans plusieurs numéros de la Semaine de Suzette. 8 ans plus tard, c’est un autre scénariste, Caumery, qui la prend en mains et l’encre définitivement à sa Bretagne natale en la dotant du prénom d’Annaïk et du nom de Labornez.
Non seulement le succès public est grandissant et le personnage entrera d’ailleurs au Musée Grévin juste après la guerre, mais plus encore peut-être, des historiens datent de son apparition la naissance de la Bande dessinée. Une héroïne est née.
En 1940, ses aventures sont portées au cinéma par Pierre Caron et c’est l’irrésistible Pauline Dubost qui l’interprète … Tout le monde est conquis donc ?
Eh bien pas tout à fait. Un peu comme dans Astérix, une région peuplée d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours et à l’envahisseur…”
Cette région c’est la Bretagne, celle d’où vient le personnage en question. Et en 1938, nuitamment, trois hommes s’introduisent dans l’enceinte du Musée Grévin et détruisent sa statue de cire. Quant au film, il sera interdit dans plusieurs villes bretonnes.
L’histoire se répétera 80 ans plus tard , en 2018, lorsque Bruno Podalydes portera à nouveau ce personnage à l’écran. Là encore, levée de boucliers ou plutôt de menhirs. Des militants protestent et appelle au boycott du film qui, affirment-ils  « est une insulte à la mémoire de notre peuple, une insulte à toutes les femmes de Bretagne et à toutes les femmes qui connaissent ou ont connu l'immigration. »
Décidément, comme le dit une célèbre chanson qui raconte sa naissance un matin dans un berceau en bois … « tu nous rends fous »
Mais qui est ce personnage si populaire dont on attendait pas qu’il déclenche de telles passions ?"

La réponse: Bécassine. 
Au téléphone pour en parler avec nous: Chantal Goya. 

Bécassine, une légende du siècle
Bécassine, une légende du siècle

Énigme n°4

"Je vais vous parler maintenant de quelque chose qu’on trouve à toutes les époques, dans tous les milieux.. et à travers tout l’hémisphère nord 
Pour résumer, on pourrait dire qu'il est un des marqueurs les plus éclatants du renouveau.
Ce qui, en ces temps troublés, ne peut que nous faire du bien. 
Mille légendes racontent ses origines. Pour les uns, c'est le dieu Apollon qui l'aurait créé afin d'offrir à ses nymphes un tapis doux et parfumé sur lequel marcher. 
Pour d’autres, ce sont les gouttes de sang versées par Saint Léonard, après avoir vaincu un dragon en forêt de Limoges, qui auraient donné lieu à sa naissance… 
Appolon ? Saint Léonard ? Je vous laisse choisir …
Ce qui est certain, c'est qu’il devient très populaire au 16e siècle, grâce à Charles IX. En 1560 précisément, le roi s'en entiche et encourage les hommes de la cour à en offrir aux femmes, en guise de « porte bonheur ». 
La tradition se diffuse dans tout le pays, elle traverse les années, se perd un peu… et revient en force en 1895 ! Cette année là, le chansonnier Félix Mayol débarque à Paris. Ne trouvant pas de camélia, il en accroche à sa boutonnière le soir de son premier gala. Le concert est un triomphe, l'artiste devient une vedette et il gardera toujours ce petit brin au revers de son veston. Au yeux de tous, elle devient, plus que jamais, un symbole de chance !
Quelques années plus tard, pendant les heures sombres de l'occupation, Pétain s'en empare pour l'associer… à la fête du travail ! Jusqu'ici, c'était l'églantine rouge que les ouvriers arboraient lorsqu'ils défilaient. Trop assimilée à la gauche, le vieux maréchal lui préfère.. les petites clochettes blanches.
La Libération ne changera rien à l’affaire et ce porte bonheur reste « attaché » au 1er mai ! Christian Dior en fait l'emblème de sa maison, Brassens l'intègre dans ses chansons et le Parti communiste en tire chaque année de bons revenus !
Tiens allez vous en acheter ou en vendre aujourd’hui, puisque c’est autorisé ?"

La réponse: Le muguet.
Au téléphone pour en parler avec nous: Marie-France Noël, ethnologue et historienne, spécialiste des traditions populaires. 

Le muguet, la star du 1er Mai
Le muguet, la star du 1er Mai Crédit : RTL / Armelle Lévy
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