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"J'ai un peu plus de temps libre ces derniers temps" : c'est quoi ce concert pour la Palestine organisé par Macklemore à Paris, après son éviction de la tournée d'Ed Sheeran ?

Le show organisé ce jeudi 29 octobre à l'Accor Arena affiche complet, tous ses bénéfices vont être reversés à des associations venant en aide à la Palestine. Le rappeur américain a été évincé de la tournée d'Ed Sheeran il y a plus d'un mois pour son engagement.

Macklemore lors d'un festival à Dijon le 30 août 2026.

Crédit : ARNAUD FINISTRE / AFP

Marine Langlois

Le rappeur américain s'apprête à enflammer la scène de l'Accor Arena à Paris. Macklemore se produit dans la capitale ce jeudi 29 octobre dans le cadre de sa tournée "Free Palestine", organisée après son éviction de celle d'Ed Sheeran. Cette petite série de concerts a été annoncée fin septembre, passant en Europe par Dublin, Paris puis Londres.

Tous les billets ont été vendus à prix unique (68,70 euros), les bénéfices étant reversés à douze associations venant en aide à la Palestine (médicalement, humanitairement mais aussi du côté de l'éducation). Et le succès est là : tous les concerts affichent complet. 

Le premier a eu lieu lundi 26 octobre à Dublin, avec des artistes irlandais dont l'engagement pour la Palestine est bien connu : le chanteur Hozier et les rappeurs Kneecap. L'acteur hollywoodien Mark Ruffalo (Hulk dans la saga Avengers) a également laissé un message vidéo : "Continuez de vous battre pour une Palestine libre et pour l’humanité partout dans le monde." À voir qui Macklemore va inviter sur scène pour sa date française, aucun nom n'a été donné pour le moment. 

Des pressions des propriétaires de stades américains

Comment est née cette tournée ? Tout est parti d'un discours sur scène en première partie d'un concert d'Ed Sheeran. Le 4 septembre dernier dans le New Jersey, Macklemore a, comme à son habitude, apporté son soutien à la Palestine avant de chanter Hind's Hall, une chanson critiquant les actions d'Israël à Gaza. Il ne se doutait sûrement pas que son engagement allait lui coûter sa place dans la tournée du chanteur britannique. 

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"Nous avons été notifiés par plusieurs salles concernées par la tournée aux États-Unis qu'elles n'autoriseraient pas la tenue des concerts si Macklemore figurait à l'affiche, ce qui entraînerait l’annulation de la tournée et aurait des répercussions sur des centaines de milliers de fans. À l’issue de discussions avec les parties prenantes, Macklemore ne se produira pas lors des dates restantes en première partie", a indiqué l'organisateur de la tournée d'Ed Sheeran. 

Ce qu'a confirmé le rappeur dans un post Instagram : "Ed m’a dit que Robert Kraft l’avait appelé. Nous devions nous produire au Gillette Stadium, qui appartient au groupe Kraft, à la fin du mois. Ed m’a rapporté que Kraft avait déclaré que je ne serais pas autorisé à me produire dans son stade. Ed m’a également dit que Kraft avait rallié certains autres propriétaires de stades et qu’ensemble, ils lui avaient lancé un ultimatum : si Macklemore reste dans la tournée, tu ne seras pas autorisé à jouer dans nos salles."

Ed Sheeran abandonné par l'ensemble de ses premières parties

Le chanteur britannique avait ensuite répondu, assurant que ce choix "n'était pas [sa] décision" car "le contrat de Macklemore pour la tournée a été conclu avec l'organisateur, pas avec moi" se disant "consterné par le conflit entre Israël et la Palestine" et "les souffrances et la douleur infligées aux deux camps". 

"Il y a une raison pour laquelle je n’utilise pas ma notoriété professionnelle à des fins politiques : mon public est composé de jeunes, souvent des enfants, issus de tous les horizons. Ceux qui viennent à mes concerts ne s’attendent pas à assister à un débat politique", avait écrit l'interprète de Shape of You sur Instagram. 


Une réponse qui n'a pas apaisé les esprits : l'ensemble des premières parties de la star ont annoncé leur départ de la tournée, soit Aaron Rowe, Lukas Graham et Finneas. "J'ai décidé de me retirer de mes prochaines dates avec Ed Sheeran. Je soutiens la Palestine et son peuple", a notamment écrit ce dernier, le frère de Billie Eilish. Beoga, un groupe irlandais qui officiait comme orchestre sur la tournée, a également annoncé son départ. 

Lors de son premier concert après la polémique, le 19 septembre, Edward Christopher Sheeran a reconnu avoir "dû prendre des décisions difficiles" et avoir commis "des erreurs". Il a été rejoint par cinq musiciens qui ont appris, dit-il, ses chansons en trois jours, alors que "personne ne [souhaitait] monter sur scène avec moi". 

Des artistes mobilisés pour la Palestine

De son côté, Macklemore avait ironisé sur Instagram : "Bon, comme vous le savez tous, j'ai un peu plus de temps libre ces derniers temps." C'est pour cette raison qu'il a décidé de lancer la tournée "Free Palestine".

"Si ces dernières semaines nous ont appris quelque chose, c’est bien qu’un changement s’est opéré au cours des trois dernières années. On a assisté à une prise de conscience collective autour de la libération de la Palestine, du pouvoir des milliardaires qui tentent de censurer cet appel, et de ce que nous attendons des artistes aujourd’hui", avait-t-il martelé.

Ajoutant : "Ce qui m’est arrivé dépasse le cadre d’un seul artiste ou d’une seule scène. Lorsque la classe des milliardaires peut décider quelles voix ont le droit de s’exprimer sur scène et lesquelles sont trop dangereuses pour être entendues, tout le monde devrait y prêter attention." C'est pour cette raison qu'il a construit cette tournée en contactant des artistes qui ont "utilisé leur concert" pour parler de la situation en Palestine, "peu importe les conséquences". 

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