3 min de lecture

"Le sentiment que pas grand-chose ne changera" : le maire de Trappes Ali Rabeh désabusé par les querelles à l'Assemblée après l'hommage aux victimes

Après l'hommage aux victimes de l'attaque raciste de Trappes, les questions au gouvernement ont viré à la foire d'empoigne, mardi 27 octobre. Présent dans les tribunes avec des proches de l'une des victimes, le maire Ali Rabeh a quitté l'Assemblée avant la fin de la séance, entre déception et colère.

Le maire de Trappes, Ali Rabeh, observe une minute de silence en hommage à Pengo Bossio Wangi, le 27 octobre 2026

Crédit : AFP

"Le sentiment que pas grand-chose ne changera" : après l'hommage aux victimes, la déception du maire de Trappes face au spectacle d'une Assemblée déchirée

00:01:35

Léna Ménager & La rédaction numérique de RTL

Je m'abonne à la newsletter « Politique »

Mettre RTL en favori sur Google

Une minute de concorde, puis la représentation nationale s’est à nouveau déchirée. Mardi, les questions au gouvernement, dominées par l’attentat raciste de Trappes, ont rapidement tourné à la foire d’empoigne, exposant les profondes divisions de l’Assemblée sur la responsabilité des discours politiques dans la montée du racisme. 

Quelques instants plus tôt, les députés s’étaient pourtant levés pour observer une minute de silence à la mémoire des victimes, sous les yeux du maire de Trappes Ali Rabeh (Génération.s) et de proches de Pengo Bossio Wangi, tué vendredi à l’âge de 26 ans. Yaël Braun-Pivet avait alors appelé à retrouver "le chemin de l’unité, du dialogue et de l’apaisement".

Mais l’unité n’aura duré que quelques minutes. Mathilde Panot lance que "Le Pen n’est même pas là", tandis que les députés socialistes et écologistes quittent temporairement l’hémicycle lorsque Sébastien Chenu prend la parole. Le président du groupe RN dénonce de "minables récupérations politicardes", pendant que Cyrielle Chatelain accuse certains discours d’ériger "les étrangers, les immigrés et les musulmans" en "ennemis de l’intérieur".

Sébastien Lecornu qualifie les faits d’"attentat terroriste raciste", mais ravive les tensions en évoquant la mort de Quentin Deranque et en dénonçant une "ambiguïté" chez certains élus de gauche. Il accuse ensuite les députés ayant quitté l’hémicycle de "faire le jeu de l’extrême droite". Aurore Bergé est, elle, vivement huée avant d’accuser les Insoumis d’avoir choisi "l’indécence", "la récupération" et "l’instrumentalisation".

"Les digues ont sauté successivement"

Dans les tribunes, Ali Rabeh n’assiste pas à la fin de la séance. Comme les proches de Pengo Bossio Wangi, le maire de Trappes quitte l’Assemblée avant son terme. À la sortie, il ne cache pas sa "frustration", sa "déception" et "un peu de colère". "Le sentiment que pas grand-chose ne changera. En tout cas, pas dans cette législature, pas dans sa configuration actuelle", confie-t-il à RTL.

À lire aussi

Le maire reproche notamment au Premier ministre d’avoir fait "des leçons" à la gauche sans être capable, selon lui, de "tancer vertement l’extrême droite". "Les digues ont sauté successivement", estime Ali Rabeh, qui appelle à reconstruire un "cordon sanitaire" autour de l’extrême droite. "Il ne faudra pas attendre le lendemain de la qualification de Marine Le Pen au second tour" pour venir "au secours de la République", prévient-il. "Il faut le faire maintenant. Le temps joue contre nous, le temps joue pour Marine Le Pen."

La famille de Pengo Bossio Wangi a, elle aussi, quitté les tribunes avant la fin des débats. "Je crois qu’ils ont, comme moi, saisi le moment solennel de la minute de silence et qu’ils ont ensuite été atterrés par les premières réactions et réponses du gouvernement, faute d’entendre les messages qu’ils attendaient", rapporte Ali Rabeh.

Ce qu’il espérait notamment entendre, c’était un mea culpa de certains membres du gouvernement, à commencer par Aurore Bergé. "Une ministre qui ne trouve pas la force de regretter ses propos tenus sur un plateau de télévision, où elle avait considéré que la théorie du grand remplacement était une théorie légitime", déplore-t-il. Ali Rabeh dit également continuer à espérer qu’un hommage national soit rendu aux victimes de l’attentat de Trappes. Une autre source de frustration pour le maire, qui regrette de ne pas avoir obtenu de réponse claire du Premier ministre sur ce point.

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée