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"Civilisation" : burn-out, alcool, discipline d'écriture... OrelSan se confie sur RTL

Son premier single, "L'odeur de l'essence" fait grand bruit. Explorons avec le rappeur son nouvel album tant attendu. Confidences.

Orelsan
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Crédit : Alice Moitié
RTL Evenement du 19 novembre 2021
04:49
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Steven Bellery & Aymeric Parthonnaud

OrelSan publie ce 19 novembre son nouvel album baptisé Civilisation. Le rappeur de 39 ans - rare dans les médias s'est confié à RTL. Et son premier single, L'odeur de l'essence dévoilé mercredi 17 novembre, fait grand bruit. Déjà près de 3 millions de vues pour le clip de ce brûlot politique. OrelSan, de sa plume acerbe, décortique notre société sans ménagement. Comment ce titre est-il né ? Confidences d'OrelSan. "Il y a quand même un truc en ce moment. Et puis on arrive en période électorale. Il y a un climat de tension. Je veux dire, je n'invente pas. Tu regardes la façon dont les gens se parlent dans les médias, la façon dont ça débat sur les réseaux, même au quotidien... Évidemment, il y a eu des manifs dans tous les sens. Moi, ce que je voulais faire, c'était pas forcément un programme, évidemment, mais plus ramener le truc, un truc un peu plus humain."

OrelSan décortique la société dans plusieurs titres de l'album. Comment fait-il pour analyser avec autant de finesse notre époque ? Réponse du rappeur : "Je crois que, bizarrement, c'est le fait d'être un peu en retrait. J'ai écrit des morceaux où je parle des médias alors que je ne regarde jamais la télé. En fait, je ressens beaucoup l'époque par rapport aux gens avec qui je discute. J'aime bien discuter avec les gens. J'aime bien les gens. J'aime bien parler. Par exemple, quand je parle avec ma mère, elle ne va pas avoir le même ressenti qu'avec un pote. Je ne me vois pas comme un narrateur. Je me vois même pas vraiment comme un acteur de la société dans ma position sur l'album."

Le mot "civilisation" clôt le disque. Qu'entend-il par là ? "Je finis la chanson en disant 'J'essaye d'avoir un enfant, j'essaie d'avoir une civilisation'. Je trouve que ça symbolise bien où j'en suis dans ma vie, à réfléchir à comment avancer, avec les autres. Pour moi, ça signifie ça. C'est quand même des valeurs, des façons de penser et des façons de s'organiser. Je ne sais pas. Je trouve ce mot assez fort. Je vois aussi ça comme une transmission", dit OrelSan. 

Manifeste d'artiste

Dans Manifeste, il dit "je ne suis pas concerné par la société, je suis un putain d'artiste". "Ceux qui écouteront le morceau verront que ma position change au fil du morceau. Genre en gros, dans ma tête, si j'ai choisi de faire de la musique, c'est un peu pour fuir tout ça. Toutes ces responsabilités, tout ce questionnement qu'on peut avoir par rapport à la société. Mais c'est vrai que moi aussi, je vois l'album comme une évolution. L'album montre clairement que je me sens plus concerné par la société."

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Les rappeurs ont tendance à sortir beaucoup de chansons ou des albums très régulièrement, tous les 1 ou 2 ans. OrelSan, lui, prend son temps. Trois ou quatre ans entre chaque disque. "Je pense que j'ai besoin de m'imprégner, confie-t-il. J'ai besoin de vivre. J'ai besoin de me nourrir, lire des bouquins. Il y a un truc complètement factuel aussi : je tourne beaucoup. Deux, trois ans et en ensuite, je mets un an et demi, deux ans à le faire. Je sors des albums un peu à l'ancienne, dans le sens où je fais des albums dans lesquels les morceaux se répondent, un peu complets. Pour moi, le problème, ce n'est pas vraiment de faire des morceaux, c'est juste de faire vraiment les bons morceaux. Sur un album comme ça, je fais 80 morceaux. Pas en entier, genre des bouts de refrains, des bouts de couplets. Et c'est faire le tri là-dedans qui est compliqué", explique-t-il.

Discipline et sensibilité

À quoi ressemble une journée type pour le rappeur ? "J'écris bien quand j'ai un rythme. Pour écrire, j'ai besoin de me lever à la même heure et d'avoir des journées un peu structurées. Il faut que j'ai une grosse période tout seul, peut être deux ou trois semaines tout seul. En fait, il faut que j'arrive à laisser voguer mes idées et quand j'ai une idée que j'arrive à la filer. Je prends beaucoup de notes, donc je passe énormément de temps à lire mes notes, à les trier. Mais moi, je suis quand même plus un laborieux. Je me considère pas comme un génie du tout. Je me considère plus comme un mec qui taffe, qui réfléchit à comment mettre des trucs aux bons endroits et j'aime bien avoir du temps. J'avais trop tendance à associer le travail à la souffrance. Je voulais un peu réfléchir à la notion de travail."

"Rappelle-moi, car ma force, c'est d'être sensible", dit-il dans Civilisation. Un rappeur sensible, OrelSan ? "Il y a longtemps, je n'aurais pas assumé reconnait-il. Mais je pense que, justement, on a plutôt tendance à croire que la sensibilité est une faiblesse. C'est bien d'être au courant qu'on est sensible. Ça permet d'être moins en réaction et d'être moins à fleur de peau."

Génération burn-out

Dans Rêver mieux, il parle d'une génération burn-out. "C'est un thème qui revient de temps en temps, souvent en début d'album. Je suis vraiment passé pas loin, plein de fois, du burn-out, de la saturation, de vouloir toujours faire mieux. Je pense que ça dépend aussi des caractères. Je ne suis pas très multitâche, même si pourtant, je fais beaucoup de choses en même temps. Un problème d'aujourd'hui c'est qu'on a tellement de moyens de communication, tellement de trucs. Et puis, on est habitué à regarder nos téléphones toutes les dix minutes. En tout cas, moi, des fois, je suis obligé de prendre du temps, couper mon téléphone et aussi me dire ce n'est pas grave si tout n'est pas parfait."

Le chanteur évoque aussi beaucoup la question de l'alcool dans cet opus (et dans son œuvre en général). Pourquoi ? "Quand on parle d'alcool on a l'impression que c'est les relous qui disent 'tu bois pas, c'est chiant'. Et je sais ça. j'ai eu ce rapport à l'alcool dans les deux sens. Mais je trouve qu'on sous-estime le problème qu'est l'alcool dans nos sociétés. Ça a un impact énorme. J'ai eu des périodes où je buvais un peu tous les jours, reconnaît OrelSan. Pas en mode alcoolique même si c'est complètement être alcoolique. L'alcool mondain on va dire. Mais c'est une addiction. C'est dur et ça a des répercussions sur les accidents de voiture, sur nos humeurs, nos relations de couple. Ça fait un trou dans la Sécu de malade. On a le droit de boire. Je suis pas en train de juger, mais on minimise vraiment le délire". 

OrelSan est devenu l'une des plus grandes stars de la musique. Un phénomène de société. Sa série documentaire sur Amazon Prime a créé une excitation autour de son retour. Son catalogue enregistre depuis la mise en ligne plus d'un million d'écoutes par jour ! "C'est vrai qu'en terme de succès, c'est fou. En fait, ce qui me fait trop plaisir, c'est qu'il y a les gens de ma génération qui me suivent depuis le début qui sont à peu près encore là, J'ai l'impression que j'ai touché d'autres générations avec des morceaux comme 'Défaite de famille' et il y a des jeunes qui découvrent. C'est incroyable, c'est vraiment fou. J'assume le terme rappeur-star. Star ? Rien que de le dire, ça me fait bizarre. Je suis connu, c'est sûr. Je sais que ça peut s'arrêter à tout moment. C'est vrai que je cultive une forme de discrétion, je ne veux pas faire passer ma vie avant ma musique", précise le normand. Une énorme tournée démarre en janvier. Coup d'envoi le 15 janvier à domicile à Caen. Cinq concerts prévus en mars à Paris-Bercy, quatre sont déjà complets. Orelsan fêtera ses 40 ans le 1er août prochain.

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