1. Accueil
  2. Culture
  3. Médias et people
  4. Roselyne Bachelot prend la défense des "Grosses Têtes" : "Je continuerai de rire"
3 min de lecture

Roselyne Bachelot prend la défense des "Grosses Têtes" : "Je continuerai de rire"

Interrogée sur l'étude de l'AJL qui pointe des propos discriminants dans l'émission de Laurent Ruquier, la ministre et ancienne sociétaire a choisi son camp.

Roselyne Bachelot dans "Les Grosses Têtes"
Roselyne Bachelot dans "Les Grosses Têtes"
Crédit : Kervin Portelli
Aymeric Parthonnaud & AFP

C'est au tour de la ministre de la Culture et ancienne sociétaire des Grosses Têtes de voler au secours de l'émission présentée par Laurent Ruquier sur RTL. Après la publication de l'étude de l'Association des journalistes lesbiennes, gays, bi·e·s, trans et intersexes (AJL) pointant du doigt de nombreux propos sexistes, racistes et homophobes, la ministre de la Culture a tenu à apporter son soutien à l'émission.

"J'y ai participé. C'est une émission de divertissement. J'ai beaucoup ri aux Grosses Têtes, je continue de rire et je continuerai de rire aux Grosses Têtes", a indiqué Roselyne Bachelot sur BFMTV/RMC ce vendredi 11 décembre 2020. "Il n'y a pas mort d'homme et il n'y a pas mort de femme", a-t-elle conclu lorsqu'on l'interrogeait le caractère choquant ou non de ces propos.

La direction de RTL et du groupe M6 a pris la défense des Grosses Têtes quelques heures après la publication de l'étude. "Depuis 43 ans, les Grosses Têtes c’est de la bonne humeur, de l’humour et des sociétaires différents représentant toute la diversité de notre société : c’est tout cela qui en fait l’une des plus belles audiences de la radio", a tweeté Nicolas de Tavernost, le Président du Directoire du Groupe M6. "Sur RTL, l’humour est une solution, pas un problème. Merci à Laurent Ruquier et ses Grosses Têtes qui font rire tous les jours des millions de français !", a déclaré Régis Ravanas, le directeur général des activités audio du groupe. 

Parmi les autres sociétaires des Grosses Têtes, Christine Bravo a, elle aussi, pris la plume sur Twitter pour défendre l'émission. "Mes choux, je soutiens depuis TOUJOURS vos batailles légitimes !, tweetait-elle à l'adresse de l'AJL. En 1981, je militais à Act Up Paris. J’ai balancé du sang dans la cathédrale Notre-Dame pour dénoncer l’attitude du clergé contre les capotes en plein SIDA. Les Grosses Têtes, comme Charlie Hebdo, c’est caricatural !"

Un harcèlement de cour de récréation ?

À lire aussi

"Chaque émission contient, en moyenne, 19 propos discriminants. Les déclarations sexistes tiennent le haut du pavé puisqu'elles sont présentes dans la totalité des émissions", détaille l'AJL dont son étude réalisée entre le 21 septembre et 23 octobre 2020. L'émission, animée par Laurent Ruquier depuis 2014, regroupe une équipe de chroniqueurs et recrée, selon l'association, "le schéma d'un harcèlement de cour de récréation (...) où insultes et discriminations sont constamment encouragées envers des boucs émissaires désignés. Le tout sous prétexte d'humour".

Selon l'association des journalistes LGBTI, qui a par le passé analysé les contenus des émissions Quotidien, On n'est pas couché, Salut les terriens/Les terriens du dimanche, L'heure des pros ou encore C politique, "la présentation des chroniqueur·se·s, dès les premières secondes de l'émission, donne le 'la' des propos sexistes, racistes, homophobes" au travers d'une "galerie de portraits stéréotypés". "Ménagère, putain, trop grosse ou trop moche, stupides : les femmes y sont constamment ciblées en raison de leur genre", égrène l'AJL. L'association dénonce également la présence de propos "grossophobes" touchant "aussi bien les hommes que les femmes", ceux banalisant "les viols, les crimes, les violences sexuelles et la pédocriminalité" dans "près d'une émission sur deux". 

Elle indique enfin relever dans environ 80% des émissions des propos "LGBTIphobes", en dépit de la présence de trois chroniqueurs "ouvertement gays", et des remarques racistes, "majoritairement sur les Roms, les Roumains et les personnes asiatiques" ou encore sur les "noms étrangers, à consonance africaine notamment". "Alors, chiche, Laurent [Ruquier] ? Et si vous animiez une émission des Grosses Têtes sans propos discriminants ? Prouvez qu’il n’est nul besoin de ces béquilles d’un autre âge pour faire rire", propose l'association en conclusion de son article La mécanique des “Grosses Têtes”.

Le CSA a annoncé vouloir "regarder de près cette étude" - qu'il s'est "procurée" sans avoir été saisi - dans "les prochains jours", a indiqué le 8 décembre son président, Roch-Olivier Maistre, lors d'une audition par la commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale. La lutte contre les discriminations sur les ondes et les antennes "est un thème important pour nous" a-t-il souligné, rappelant la lourde "sanction" infligée à C8 et à son propriétaire, le groupe Canal+, après un canular jugé homophobe dans l'émission Touche pas à mon poste, il y a trois ans. Cette amende, de 3 millions d'euros, a été "confirmée" fin septembre par le Conseil d'Etat, a rappelé le président du CSA.

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/