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"Pas de déprogrammation à l'ordre du jour" : la tournée estivale de Patrick Bruel, accusé de violences sexuelles, est-elle en danger ?

Plusieurs pétitions à l'initiative de collectifs féministes demandent à l'acteur d'annuler sa tournée cet été, alors que ce dernier est accusé de violences sexuelles par plusieurs femmes. Un malaise règne chez les programmateurs.

L’acteur et chanteur français Patrick Bruel arrive pour assister aux funérailles de l’acteur franco-danois Niels Arestrup, devant l’église Église Saint-Roch à Paris, le 10 décembre 2024.

Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Patrick Bruel dans la tourmente : la tournée estivale du chanteur se déroulera-t-elle normalement ?

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Hermine Le Clech

La tournée de Patrick Bruel pourra-t-elle se dérouler normalement ? D'après les éléments recueillis, au moins cinq plaintes ont été déposées contre le chanteur et trois enquêtes sont actuellement en cours. Le texte de la pétition évoque, lui, 19 témoignages de femmes - dont certaines étaient mineures au moment des faits - et mentionne huit plaintes déposées, dont deux toujours en cours d'instruction. 

Plusieurs pétitions à l'initiative de collectifs féministes demandent à l'acteur d'annuler sa tournée cet été. Mais pour le moment, les accusations ne semblent pas impacter la vie artistique de Patrick Bruel. La preuve : une longue file d'attente zigzague devant les portes du théâtre Édouard VII à Paris, où Patrick Bruel tient le haut de l'affiche. Billet en main, les spectateurs répètent deux mots en boucle : "présomption d'innocence."

Un centre commercial se désolidarise

La présomption d'innocence alors que l'acteur nie toutes les accusations à son encontre. Son entourage confie à RTL qu'il a envie de s'exprimer, de donner sa version des faits. L'artiste n'a annulé aucune de ses dates de concert cet été, soutenu par ses équipes et celles des festivals où il est invité. "Il n'y a pas de déprogrammation du tout à l'ordre du jour", assure Daniel Devoux, l'un des producteurs du festival L'été au château à Salon-de-Provence.

"La présomption est le maître-mot. Aujourd'hui, les juges jugent et les producteurs produisent. Patrick Bruel, on l'a produit plusieurs fois. Ce n'est pas la première date. J'avais eu le moindre problème aujourd'hui, je le dirais", continue le producteur qui assure que le concert affiche complet et qu'il n'a reçu aucune demande de remboursement depuis la publication des témoignages à l'encontre de Patrick Bruel.

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Mais il y a toute de même un malaise de la part de certains professionnels associés à l'artiste. À commencer par le centre commercial Cap 3000 à Saint-Laurent-du-Var qui, dans un communiqué, s'est désolidarisé il y a quelques jours du concert de Patrick Bruel cet été, dont il était partenaire. La ville explique rester vigilante face à la situation, se donner le temps de l'analyse avant de prendre une décision. 

"On a signé un contrat avec lui"

Il y a également un malaise dans les équipes de certains festivals, comme dans la Manche à Jullouville. "On est abattus", assure l'organisation du festival Les Grandes Marées. "On se sent injustement associés ou désassociés à une cause qui nous est chère. On n'a pas fait ce métier pour ça. J'ai des questionnements de partenaires qui se posent la question de venir avec des clients. J'ai l'interrogation des collectivités également", ajoute-t-elle expliquant conserver l'artiste dans sa programmation. 

"On a signé un contrat avec lui. Le public est complet. Voilà, si on doit annuler, on doit payer l'artiste. Rembourser le public, ça représente pas loin de 500 000 euros pour nous. C'est mettre 65 personnes au chômage. Économiquement, c'est mourir aussi pour nous", assure l'organisation à RTL. 

Des questions économiques mais aussi de sécurité. La tournée pourra-t-elle se tenir correctement, sans incidents ? Robert Albergucci, directeur du festival Le Son à Toulon s'interroge. "L'angoisse que j'ai, et beaucoup de mes amis qui font des festivals, c'est est-ce qu'il ne va pas y avoir quand même une vindicte populaire de certains collectifs qui ne va pas entraver la bonne marche des festivals en France ?", demande-t-il. 

Patrick Bruel a bien cette question en tête. Selon nos informations, ses proches qui souhaitent rester anonymes nous rapportent que l'artiste se dit soulagé qu'il n'y ait plus de place à vendre pour sa pièce à Paris, de peur que des collectifs féministes ne s'y invitent.

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