5 min de lecture Le Canard enchaîné

"Le Canard Enchaîné" fête ses 100 ans

REPLAY - Le célèbre journal satirique est centenaire. Un âge avancé pour un titre qui navigue à contre-courant.

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"Le Canard Enchaîné" fête ses 100 ans Crédit Image : Maxime Villalonga | Crédit Média : Adeline François | Durée : | Date : La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
Journaliste RTL

5 juillet 1916 : "Tu auras ma plume, tu n'auras pas ma peau". Qui aurait parié que 100 ans plus tard, le journal qui affichait alors cette devise serait encore en vie, et en si bonne forme ? Le Canard Enchaîné est centenaire depuis ce matin, mais l'anniversaire tombe un mardi, pas de chance pour le plus vieux journal satirique de France qui sort le mercredi depuis ses débuts. Ce sont donc ses confrères qui en parlent le mieux ce matin. 

"Cent ans de coups de bec", titre la Croix. "Voici un siècle que ce drôle de palmipède barbote à contre sens" de tout, y compris de la crise de la presse. En refusant la publicité et en boudant internet, Le Canard Enchaîné fait aujourd'hui exception dans la presse mondiale. Pas de pub, pas de site internet, juste un compte Twitter qui publie tous les mardis soir la une du lendemain... En 100 ans, hormis les plumes, rien n'a changé dans le journal fondé par Maurice Maréchal qui l'avait créé par réaction à la propagande gouvernementale, mais aussi par réaction aux journaux de l'époque, capables d'écrire que les balles allemandes traversent les corps mais ne les tuent pas.

Depuis 1916 le Canard est resté le même avec huit pages grand format, le même titre rouge, la même typographie, les mêmes rubriques comme "la mare aux canards"... Le canard, "c'est le passe muraille de la crise de la presse papier", dit Serge July dans la Croix. Même le prix n'a pas augmenté depuis 1991, et pourtant les réserves financières du Canard sont trois fois plus importantes que son chiffre d'affaires équivalent aujourd'hui à trois ans de salaire de son personnel. Les salariés sont d'ailleurs propriétaires du journal, puisqu'ils en détiennent collectivement les actions, mais ont obligation de les rendre à leur départ...

L'autre spécialité du Canard, c'est le Huffington post qui s'y intéresse en soulignant la discrétion de ses journalistes, dont on ne connait pas le visage. On ne les voit jamais sur les plateaux télé, ni sur les réseaux sociaux. Au lieu de mettre ses journalistes en vedette, le Canard "laisse l'information faire son travail et s'occuper de faire la publicité du journal. Et la mayonnaise prend quasiment chaque semaine", avec des révélations reprises régulièrement par les autres médias, des diamants de Bokassa aux écoutes téléphoniques de l'OM en passant par l'affaire Papon et les frais de bouche des Chirac... 400.000 exemplaires sont vendus chaque semaine, sans doute un peu plus demain pour le numéro spécial du centenaire qui proposera un fac-similé de la toute première une du 5 juillet 1916. Il y aura aussi un dictionnaire des mots inventés par le canard, comme "blabla" ou "minute papillon".

Le rôle d'Europol dans l'enquête sur les attentats du 13 novembre

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Vendredi 13 novembre 2015, 23 heures : deux heures à peine viennent de s'écouler depuis les premières détonations près du stade de France. Les équipes de secours s'activent autour des terrasses dévastées, tandis que les forces d'intervention attendent le feu vert pour donner l'assaut sur le Bataclan. Cet instant sera l'objet des débats avec la remise du rapport de la commission d'enquête parlementaire. Les élus vont parler de tous les dysfonctionnements avant les attentats, mais le journal l'Opinion choisit ce matin de parler d'une autre équipe qui, ce soir-là, était sur le pont dans la plus grande discrétion. Elle se trouvait alors à 450 km de Paris, à La Haye aux Pays-Bas. Dans un des bunkers les plus sécurisés d'Europe, 60 analystes de l'Union européenne se relaient pour remonter les premières informations  sur les suspects et pour inspecter internet à la recherche de leurs soutiens et complices potentiels. Tous font partie d'Europol, l'agence européenne du renseignement qui a permis des avancées fondamentales dans l'enquête sur les attentats.

Créée en 1999, pour venir en soutien aux polices des états membres, elle centralise toutes les données de renseignements récoltés par les forces de toute l'U.E. Une immense base de données avec laquelle les analystes ont d'emblée éclairé plusieurs zones d'ombre de l'équipée terroriste du 13 novembre. Circuits de financement, collusion avec le grand banditisme, lieux fréquentés par les kamikazes... Quelques jours après les attentats, Europol a même constitué pour la première fois de son histoire une équipe qui ne travaille que sur les attentats, une task force dirigée par un Italien avec des policiers espagnols, anglais, français et belges, baptisée "Franternité". En 8 mois, elle a accumulé 1,3 million de données sur les attentats. À défaut de nous rassurer sur les attentats, l'Opinion nous rassure sur l'efficacité de l'Europe quand elle sait unir ses forces.

Les jeunes, l'argent, les soldes et l'instant présent

L'enquête TNS Sofres pour 20minutes en dit long sur le rapport des 16-24 ans à l'argent. 42% l'associent à la notion de plaisir, 36% à la notion de sécurité, mais également, pour 27%, à la notion de manque et d'inquiétude. L'étude permet aussi d'en apprendre un peu plus sur l'âge de raison : 83% des jeunes savent exactement ce qu'il leur reste de leur budget à l'instant T et la moitié font leur compte une fois par semaine. Les jeunes sont devenus vieux !

Alors un conseil de lecture pour  arrêter le temps, c'est le nouveau Philosophie magazine en kiosque ce matin avec un dossier passionnant  et même vertigineux sur l'instant présent. Le magazine a interrogé des spécialistes dont l'instant présent est le métier, avec notamment une médaillée olympique de tir à l'arc et un chirurgien. Pourquoi est-il si difficile de le saisir, cet instant présent ? Parce qu'il n'existe pas. "On peut toujours diviser une minute et même une seconde et au-delà à l'infini... Il y a toujours plus bref qu'un instant." L'instant T est introuvable d'un point de vue mathématique, heureusement il y a les philosophes, comme Saint Augustin : "Le présent, s'il était toujours présent, s'il ne passait pas dans le passé, il ne serait plus un temps, mais l'éternité". 

On lira aussi la page consacrée à une question existentielle sur l'instant présent : pourquoi fait-on les soldes ? Réponse : parce qu'on les a attendues et ça c'est Emmanuel Kant qui l'a le mieux expliqué. "Ne pas jouir seulement de l'instant de vie présent, mais se représenter d'une façon actuelle l'avenir souvent très lointain, ce pouvoir est le signe distinctif le plus caractéristique de la supériorité humaine". Si on vous empêche d'aller faire les soldes en ce 5 juillet, soyez rebelles et dites  "Minute, papillon ! Je fais les soldes donc je suis."

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2016-07-05 09:41:13
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