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Michel Denisot sur RTL, le 27 mai 2026.
Crédit : RTL
"Aujourd'hui, il n'y a pas un exemple qui puisse justifier ce qui est dans la pétition." Invité sur RTL mercredi 27 mai au retour du Festival de Cannes où il a présenté son documentaire Mon Coluche à moi, Michel Denisot dit "comprendre" les craintes des plus de 600 professionnels du cinéma ayant signé une tribune parue le 11 mai dans Libération pour dénoncer "l’emprise sur le septième art" du patron de Canal+, Vincent Bolloré. Néanmoins, il estime que "cela aurait pu s'exprimer autrement".
"C'est du conditionnel pour l'instant, les producteurs ne sont pas dans la pétition. Ils savent que l'argent vient, pour une part importante, de Canal+. Aujourd'hui, il n'y a pas un exemple qui puisse justifier ce qui est dans la pétition. La pétition est préventive. Qu'on puisse le craindre, je peux le comprendre mais cela aurait pu s'exprimer autrement, de façon moins violente, dans la mesure où cela n'existe pas", juge le journaliste, ex-figure de proue de la chaîne cryptée à notre micro.
Dans leur pétition, les professionnels du cinéma s’inquiètent notamment de l’acquisition de 34% du capital d’UGC, troisième plus grand réseau de salles de cinéma en France, alors que Vincent Bolloré espère en prendre le contrôle total d’ici 2028. Selon eux, cette opération placerait le milliardaire "en position de contrôler la totalité de la chaîne de fabrication des films, de leur financement à leur diffusion sur petit et grand écran".
La tribune affirme aussi que Vincent Bolloré mène un "projet civilisationnel", qualifié de "réactionnaire d’extrême droite", à travers ses médias et ses maisons d’édition. Les auteurs du texte estiment que le cinéma français risque, à terme, une uniformisation des œuvres et une prise de contrôle idéologique de l’imaginaire collectif.
La réponse du camp Bolloré n’a pas tardé. Six jours après la publication de la tribune, le président du directoire de Canal+, Maxime Saada, a assuré que son groupe ne travaillerait plus avec les quelque 600 signataires. Pour lui, cette tribune revient à qualifier les équipes de Canal+ de "crypto-fascistes". "Eh bien moi je n’ai pas envie de travailler avec des gens qui me traitent de crypto-fasciste, je suis désolé, la limite, pour moi elle est là", a-t-il commenté.
"Il y aura peut-être une étape suivante, un retour à quelque chose de plus modéré, plus pacifique. Il faut que ce soit des deux côtés, une médiation", estime Michel Denisot.
Interrogé sur la possibilité de voir quelqu'un comme Coluche toujours dans le groupe Canal+ ces jours-ci, il a contourné la question d'une "pirouette", d'après ses mots. "C'est très difficile de transposer ce qui se passait il y a quarante ans à aujourd'hui. Si Vincent Bolloré a Canal+ aujourd'hui, c'est parce que Coluche l'a sauvé en 1985 donc il peut lui dire merci", s'est-il amusé en parlant de son ami. Le documentaire Mon Coluche à moi sera diffusé ce jeudi à 21h25 sur TMC à quelques jours du 40e anniversaire de la mort de l'humoriste à l'âge de 41 ans, le 19 juin 1986 dans un accident de moto.
Canal+ reste le premier financeur du cinéma français. Le groupe s’est engagé à investir 160 millions d’euros en 2026 et 170 millions en 2027, après 150 millions en 2025, contre 220 millions les années précédentes.
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