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Langue française : pourquoi dit-on "treize à la douzaine" ? L’histoire étonnante de cette expression née chez les boulangers anglais au XIIIe siècle

Derrière l’expression "treize à la douzaine", utilisée pour évoquer une grande quantité, se cache une histoire médiévale venue d’Angleterre. En 1266, le roi Henri III impose aux boulangers d’ajouter une miche à chaque douzaine vendue, afin que les clients ne soient pas lésés.

Des paniers contenant des pains (photo d'illustration).

Crédit : JIM M. / PEXELS

David Buron - édité par La rédaction numérique de RTL

Aujourd’hui, dire qu’il y en a "treize à la douzaine", c’est dire qu’il y en a beaucoup. L’expression sert à évoquer l’abondance, parfois même la profusion. À l’inverse, quand on précise qu’il n’y en a "pas treize à la douzaine", on souligne la rareté d’une chose, d’une qualité ou d’un profil.

Cette formule très courante a une origine bien concrète. Elle renvoie à une pratique commerciale longtemps utilisée par certains vendeurs, notamment des producteurs ou des commerçants de bouche. Quand un client achetait une douzaine, il pouvait se voir offrir une pièce supplémentaire : une treizième huître, par exemple, ajoutée au moment du service.

Une expression née chez les boulangers anglais

Mais l’histoire remonte beaucoup plus loin qu’on pourrait l’imaginer. Son origine se situe en Angleterre, au XIIIe siècle. En 1266, le roi Henri III édicte une règle destinée à encadrer strictement le poids du pain vendu par les boulangers.

À l’époque, la vente par douzaine est déjà répandue. Mais certains boulangers trichent sur la quantité réelle livrée aux clients. Pour éviter que les acheteurs ne soient lésés, la règle impose alors d’ajouter une treizième miche de pain à chaque douzaine. L’idée est simple : garantir que le poids total vendu corresponde bien à ce qui est dû.

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En anglais, cette pratique a donné naissance à l’expression "baker's dozen", littéralement "la douzaine du boulanger". Une douzaine qui, en réalité, en compte treize. Cette habitude commerciale ne reste pas cantonnée aux boulangeries anglaises. Elle se diffuse ensuite chez d’autres commerçants, puis traverse la Manche pour s'installer en France.

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