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"The Haunting of Bly Manor" (Netflix) : la série qui vous fera pleurer pour Halloween

NOUS L'AVONS VU - La saison 2 de la saga "The Haunting" de Mike Flanagan vous plongera dans une nouvelle maison hantée avec une nouvelle famille et de nouveaux secrets...

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The Haunting of Bly Manor | Teaser officiel VOSTFR | Netflix France Crédit Image : Netflix |
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud
Journaliste

The Haunting of Hill House a été l'une des plus grandes réussites critiques de Netflix en 2018. Comme le veut la tradition, une excellente série se doit de connaître une saison 2. Oubliez donc Hugh et Olivia Crain et leurs enfants, car cette saison 2 n'est pas une vraie suite. Avancez sans crainte, nous ne vous révèlerons aucun spoilers

Bly Manor reprend le concept de Hill House : une maison hantée par des fantômes et une narration non-linéaire qui vous fera découvrir le passé de certains personnages au dernier moment. Ce mystère permet de créer un suspense et surtout d'instiller une peur ancestrale face à l'inconnu et à l'étrange qui rode ici ou là. 

En 9 épisodes, vous suivrez les aventures d'un petit groupe de personnages vivants simultanément dans la même splendide maison, cachée dans la campagne anglaise. L'héroïne est Dani (Victoria Pedretti, qui jouait déjà Nell dans la saison 1) une institutrice américaine qui a fui les États-Unis après un drame. Dès le départ, on remarque que la jeune femme blonde, souriante, polie et incroyablement chaleureuse est poursuivie par un spectre aux lunettes lumineuses. Elle le voit dans les vitres des voitures, dans les reflets de l'eau, elle sent ses doigts sur sa taille et la silhouette muette a la fâcheuse habitude d'apparaître dans l'objet préféré des spectres : les miroirs.

Des amours et des fantômes

Dani va devenir la préceptrice de deux jeunes enfants dans le fameux manoir de Bly. Des orphelins dont les parents sont morts au lointain et qui vivent désormais entourés d'un cuisinier, d'une jardinière et d'une majordome. Si Bly Manor ne résiste pas à vous proposer de terribles balades nocturnes dans le manoir (avec son lot de fantômes cachés dans les coins), une maison de poupées angoissantes et d'autres joyeusetés du genre mais cette série n'est pas là pour vous faire peur. Ne vous attendez pas à voir de l'hémoglobine, des démons ou à voir courir nos héros pour se défaire d'une quelconque malédiction. Bly Manor ne mise ni sur l'action, ni sur l'enquête. C'est une "histoire d'amours", comme le reconnaît justement un personnage à la toute fin de la saison. 

Malgré le décor oppressant, "Bly Manor" propose des moments très lumineux
Malgré le décor oppressant, "Bly Manor" propose des moments très lumineux Crédit : Netflix
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Bly Manor est, comme Hill house, d'une inventivité folle pour ce qui est de la construction du scénario inspirée de la nouvelle fantastique Le Tour d'écrou d'Henry James publié en 1898. La série raconte l'étrange comportement de ces deux orphelins que découvre la nouvelle gouvernante Dani. Par le prisme du fantastique, Mike Flanagan (comme Henry James avant lui) nous fait plonger dans les tréfonds de l'âme humaine pour nous raconter notre rapport à la mort, la nôtre et celle des autres, à la rancune et à l'amour, deux ancres très efficaces qui triomphent même dans l'au-delà. 

N'ayez pas peur d'avoir peur

Pour servir ces histoires qui vous trompent à chaque détour, Bly Manor n'oublie pas de miser sur deux très beaux outils : les personnages et la mise en scène. Les performances des acteurs sont spectaculaires et en particulier celle de Victoria Pedretti dont les crises de panique, les sourires et les larmes sont à fendre le cœur. Le Franco-britannique Oliver Jackson-Cohen exerce un magnétisme certain sur ses scènes en oscillant entre charme et menace. Amelia Eve, T'Nia Miller, Rahul Kohli, Tahirah Sharif ou encore Henry Thomas font des merveilles avec leurs personnages complexes et les enfants joués par Benjamin Evan Ainsworth et Amelie Bea Smith sont remarquables malgré leur jeunesse.

"Bly Manor" a l'audace de proposer un épisode entier en noir et blanc en fin de saison
"Bly Manor" a l'audace de proposer un épisode entier en noir et blanc en fin de saison Crédit : Netflix

Pour ce qui est de la mise en scène, il faut reconnaître que Bly Manor n'utilise que très peu d'effets spéciaux et que cette sobriété est parfaite. La musique et le montage sont des atouts considérables. Les décors et les costumes sont sublimes et on passe facilement d'une époque à une autre. La palette des couleurs (qui disparaissent d'ailleurs totalement à l'épisode 8) impulse une atmosphère à la fois légère et terriblement angoissante tout au long de cette saison. 

Bly Manor est enfin un exemple de diversité avec son casting riche et l'une des plus belles histoires d'amour entre deux femmes jamais contée à la télévision. Un seul conseil, n'ayez pas peur d'avoir peur, ne passez pas à côté d'une série simplement parce qu'elle est associée à l'étiquette "horreur" qui (on ne sait trop pourquoi) fait encore office de repoussoir pour le grand public. Et surtout, préparez vos mouchoirs. 

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