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"The Handmaid's Tale", saison 4 (OCS) : pourquoi cette suite va vous bouleverser

NOUS L'AVONS VU - Toujours prisonnière de Gilead et de son désir de vengeance, June nous offre une épopée puissante dans cette dystopie glaçante.

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The Handmaid's Tale (OCS) saison 4 - Bande-annonce Crédit Image : OCS |
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud
Journaliste

June Osborne veut en découdre. Consumée par la vengeance, le personnage campé par la toujours aussi formidable Elisabeth Moss continue de nous guider dans le monde terrifiant, car fort crédible, de The Handmaid's Tale (La Servante écarlate). L'adaptation de la dystopie de Margaret Atwood qui place les rares femmes fertiles américaines sous le joug d'une théocratie implacable continue sur nos écrans pour une quatrième saison. 

La question principale qui interrogera tous les fans et les téléspectateurs est la suivante : est-ce la saison de trop ? June et sa cape rouge sang va-t-elle nous entraîner encore jusqu'aux portes de la liberté pour finalement faire demi-tour ? Le public pourrait se lacer de ne pas voir la lumière au bout du tunnel et pourtant, si la recette a un goût de déjà-vu, nous devons bien reconnaître qu'elle est toujours aussi efficace.

La rédaction de RTL a eu accès aux 5 premiers épisodes de la saison 4 de The Handmaid's Tale. Dans la suite de cet article, nous n'évoquerons pas les détails de l'intrigue pour limiter au maximum les spoilers et simplement vous donner notre impression sur une bonne moitié de cette saison. Devez-vous replonger ? Oui, mille fois oui.

Peut-on vraiment fuir ?

La saison 3 était inégale pour beaucoup de fans et une partie de la critique. Il faut dire que The Handmaid's Tale a parfois le chic pour étirer le suspense. Un pas en avant, deux pas en arrière. C'est un peu ça la formule de la série diffusée en France sur OCS. Si elle est frustrante pour beaucoup, il faut tout de même faire remarquer que ce rythme illustre à la perfection le combat perpétuel des femmes pour les droits et leurs libertés. Le thème-clé de la Servante écarlate. The Handmaid's Tale est un rappel que l'histoire est un cycle et que les droits d'aujourd'hui peuvent devenir les souvenirs de demain. 

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Avec cette saison 4, June et ses amies, servantes rebelles, fuient enfin leur condition. Cette suite offre un vrai bol d'air frais puisque l'on quitte enfin le huis clos très réussi et oppressant de la maison des Waterford. June avance et elle abandonne la passivité de son personnage de la saison 1 et 2. Personnage qui, pour survivre, devait plier pour ne pas rompre et n'a, au final, connu que peu d'occasion d'agir concrètement. Cette fois, June a les coudées franches et ce désir d'action propulse la série plus loin que jamais. Sur l'échelle morale, June demeure bienveillante mais on sent que quelque chose en elle s'est brisé.

D'autres femmes de la série, personnages secondaires de longue date, montrent cette évolution. Serena désormais en pleine bataille juridico-politique au Canada qui cherche à s'émanciper de son mari. Un comble. Lydia, peu à peu dépossédée de son pouvoir par le système qu'elle soutient et qui va montrer les dents pour le retrouver. Janine, servante éborgnée pour l'exemple, continue de représenter l'étalon d'or de la bonté et de la naïveté. En comparaison avec elle, on se rend compte à quel point tous les autres personnages glissent de plus en plus loin de leurs psychologies de la saison 1. June la première.

Tourbillon émotionnel

Reste le plus important : l'expérience du téléspectateur. The Handmaid's Tale est très habile pour nous faire réfléchir à notre propre vie et remettre dans le contexte politique actuel certaines questions comme celle de l'avortement qui est très directement évoquée. La capacité à pardonner, à juger, à punir, à se souvenir avec ou sans rancœur de son passé... sont aussi des thèmes très importants.

Mais ce qui compte le plus, au final, ce sont les émotions que les réalisateurs nous font ressentir. Très clairement, cette première moitié de la quatrième saison a été suffisamment efficace pour nous faire peur, nous angoisser, nous faire enrager (une habitude dans cette série) et pleurer à chaude larme. Nous nous sommes arrêtés pour l'heure à la fin de l'épisode 5. On vous laisse découvrir la séquence pour comprendre notre état. 

En oscillant entre action et flash-back pour nous éclairer sur le passé de certains personnages, The Handmaid's Tale maintient un équilibre très plaisant et on ne s'ennuie jamais. June est confrontée à ses compagnons de toujours mais aussi à de nouveaux personnages qui apportent un vent de fraîcheur bienvenu. Elle voyage aussi. Une maison gérée par une pré-adolescente cassante qui empoisonne son mari et héberge d'autres rebelles, des groupes armés qui affrontent Gilead, le siège du pouvoir central et un terrifiant centre de détention et de torture administré par un homme terrifiant au sourire mielleux. Vous verrez du pays. L'équipe de la série n'oublie pas non plus de nous donner des nouvelles des autres personnages libres ou enfermés au Canada et on hésite toujours entre pitié et satisfaction à voir les Waterford entre quatre murs. On voudrait les voir souffrir... et on sait très bien que cela n'arrangerait rien et nous placerait dans le camp du Mal, nous aussi. Tout cela est finement amené. 

Sur un plan technique, on peut remarquer que la mise en scène, les costumes, la photographie avec ses plans symétrique ou aériens avec de rares touches de couleur font toujours mouche. Ce n'est pas nouveau, mais le travail sur les ombres et la lumière reste absolument admirable, magnifié par un montage aux petits oignons. La musique ou les silences sont, eux aussi, particulièrement bien dosés. Nous n'avons qu'une hâte désormais : voir la suite et la fin de cette saison, en espérant ne pas être déçu et démenti.

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