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"Steve Jobs" : les controverses autour du biopic réalisé par Danny Boyle

Le biopic "Steve Jobs" est dans les salles depuis mercredi 3 février 2016. Les Américains et la famille du cofondateur d'Apple ont très mal accueilli ce film qui met en lumière les travers de la personnalité de l'inventeur de l'iMac.

"Steve Jobs", de Danny Boyle, sortira dans les salles en octobre.
"Steve Jobs", de Danny Boyle, sortira dans les salles en octobre.
Crédit : Universal Pictures
Laetitia Limmois
Laetitia Limmois

Le biopic Steve Jobs, signé Danny Boyle, est sorti le mercredi 3 février 2016 en France et le succès escompté n'a pas été au rendez-vous. Le film scénarisé par Aaron Sorkin a réalisé un mauvais départ, se plaçant derrière Chocolat et Alvin et le Chipmunks - À fond la caisse avec 1.083 entrées. Déjà en octobre 2015, lors de sa sortie américaine, Steve Jobs avait également été boudé. Le public semble ne pas apprécier le portrait du cofondateur d'Apple dressé par le film biographique.

Le film dépeint en effet un homme carriériste au cœur de glace et mauvais père. Le biopic s’appuie en effet sur la biographie controversée signée Walter Isaacson. Le livre paru l’année du décès de Steve Jobs mettait en lumière un personnage colérique, autoritaire voire tyrannique. Telle est l’image que Danny Boyle et Aaron Sorkin ont donc donné à leur Steve Jobs interprété par Michael Fassebender.

Le film a pour vocation de faire ressortir le côté psychologique, dramatique et émotionnel de l’histoire du tant idolâtré Steve Jobs. En ce sens, le scénariste Aaron Sorkin a modelé le scénario de sorte à éviter les clichés d’une biographie classique et lisse. L’histoire, qui se base donc sur trois périodes déterminantes dans la vie de ce personnage notoire, n’est pas au goût de tout le monde, à commencer par sa veuve, Laurène Powell Jobs.

Ce qu’ils reprochent au film

Cette dernière a d’ailleurs tenté de faire interdire le film avant sa sortie aux États-Unis le 9 octobre 2015. Selon le Wall Street Journal, l’épouse du cofondateur d’Apple reproche au film de décrire une personne "cruelle et inhumaine" dans une histoire qui "minimise son travail". Le film fait en effet ressortir l’image d’un Steve Jobs qui fait souffrir les personnes qui l’aiment.

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Pour sa part Tim Cook, nouveau PDG d’Apple a souligné dans The Late Show de Stephen Colbert que Steve Jobs était une personne exceptionnelle et accuse les films biopics à son sujet d’opportunisme : "Je pense que beaucoup de personnes profitent de cette tendance et je déteste ça". Bill Campbell, ami proche de Steve Jobs et ancien executive coaching à Apple, a de son côté déclaré au Wall Street Journal que "toute une génération aura une autre opinion de lui si elle voit le film qui le représente d’une façon négative".

Pourtant, l’équipe du film a tenté de détendre les choses en proposant à Laurène Powell Jobs de participer au projet. Les nombreuses propositions se sont toutefois toutes soldées par un refus. Le producteur Scott Rudin a expliqué au Wall Street Journal qu’"elle a refusé de discuter de quoi que ce soit qui pouvait la gêner dans le scénario" avant d’ajouter que Laurène Powell "continue d’expliquer à quel point elle déteste le livre et que n’importe quel film basé sur cette biographie ne peut pas être exact et juste".

Les américains aussi boudent le film

Le film Steve Jobs a fait de mauvais scores au box-office américain. Il a débuté en générant 16 millions de dollars alors que The Social Network en a rapporté 22,4 millions à sa sortie. Steve Jobs est l’une des idoles des Américains. Qualifié de gourou de l’high-tech, il a inspiré de nombreux ingénieurs, laissant derrière lui un héritage technologique de taille. La "success story" de celui qui a révolutionné l’usage de l’ordinateur, fascine, impressionne et plait aux Américains qui en sont fiers.

Depuis sa mort en 2011, les américains lui sont restés fidèles comme l’explique Thomas Streeter, professeur de sociologie à l’université du Vermont, dans un papier paru dans International Journal of Communication. Il explique que cela est inscrit dans la culture américaine : "Nous aimons l’histoire de Jobs parce que nous aimons l’histoire de l’homme qui a résisté aux conventions, a poursuivi ses passions et s’en est enrichi". L’accomplissement du rêve américain, en somme.

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