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Romy Schneider, la malédiction du mal-être

PORTRAIT - Le film "Trois jours à Quiberon" est sorti le 13 juin au cinéma. Une incursion dans la vie de Romy Schneider quelques mois avant sa mort. Romy, heureuse au jeu, malheureuse pour toujours.

Romy Schneider en 1956 à Genève
Romy Schneider en 1956 à Genève
Crédit : INTERCONTINENTALE / AFP
Romy Schneider, la malédiction du mal-être
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Isabelle Choquet & La rédaction numérique de RTL

"Elle a dû être heureuse mais pas très souvent." Ce triste constat est signé Jacques Dutronc. Joseph Losey confirme : "Elle ne s'est jamais fait d'illusion, ses espoirs même étaient désespérés." Romy, elle, parle d'une malédiction. D'abord, celle d'être née allemande en 1938. Elle passe son enfance près du nid d'aigle d'Hitler à Berchtesgaden, une commune des Alpes bavaroises.

Sa mère fréquente les dignitaires nazis, on la soupçonne d'être la maîtresse de Joseph Goebbels. Toute sa vie Romy Schneider va porter cette culpabilité, une étoile de David au cou jusque dans son cercueil. 

Elle épouse un homme juif, et ses enfants s'appellent David et Sarah. Jusque dans ses films, elle tente de se racheter : elle renie la série des Sissi, et dénoncera la barbarie nazie dans Le Vieux fusil ou La Passante du Sans-Souci.

Une actrice adulée, mais cela ne suffit pas

Le mal-être ne la quitte jamais. Alcool, médicaments : "Plus j'ai du succès, plus j'ai peur dit-elle, peur de ne pas être capable de faire mieux." En 1966 déjà elle voulait tout arrêter : "À faire l'actrice toute sa vie, disait-elle, on cesse d'être humaine." Tout est là. À chaque rôle, elle joue sa vie. 

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Sa fragilité, Sautet la sublime dans Les choses de la vie, César et Rosalie. Zulawski, lui, l'utilise. Quand il veut faire monter les larmes, il lui murmure : "Souviens-toi pourquoi tu es malheureuse." "Elle payait de sa vie ce qu'elle montrait de beau à l'écran" dit-il. C'est beau parce que c'est vrai. Son amour pour Delon, pour Trintignant, pour Dutronc. Ou ce cri, dans L'Important c'est d'aimer : "Faut pas me laisser seule !"

La fuite de la solitude

Le premier, et le dernier, c'est Alain Delon. Pendant cinq ans, ils forment un couple d'une beauté fracassante. Et puis un jour, l'appartement est vide, juste un bouquet de rose et un message de deux ligne. Elle est détruite. Plus tard, elle plonge pour lui dans La Piscine, mais c'est fini : "Rien n'est plus froid qu'un amour mort", dit-elle.

Il y aura deux maris, des idylles de tournage, des coups de cœur. Aucun homme ne l'aime assez pour rompre la malédiction. Sauf un sans doute : son fils. David meurt à 14 ans. Et personne alors ne peut plus rien pour elle.

Elle se résigne : "Je ne veux plus être rassurée." Et elle disparaît à son tour. Delon lui écrit cette fois une lettre d'amour. "Jamais peut-être tu n'as été aussi belle. C'est la première fois de ma vie que je te vois sereine et apaisée." 

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