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"Raya et le Dernier Dragon" : sublime, moderne mais un Disney peu mémorable

NOUS L'AVONS VU - Cette nouvelle héroïne combattive va (enfin) montrer au public tous ses talents. Mais se souviendra-t-il d'elle dans quelques années ?

Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud

On aurait presque oublié la sortie du dernier film d'animation des studios Disney, tellement sa sortie a été bousculée par la pandémie et les confinements successifs. Mars, avril puis juin ? Au cinéma ou simplement sur la plateforme du géant américaine Disney+ ? Rien n'a été bien clair et facile pour le film Raya et le Dernier Dragon qui sera sur Disney+ ce 4 juin 2021.

Pourtant, l'émergence d'une nouvelle héroïne chez Disney est toujours un événement. Après des années à se concentrer sur les remakes en live-action de ses princesses historiques et à surfer sur le succès colossal de la Reine des neiges, il était temps de découvrir un nouvel univers. 

Raya et le Dernier Dragon nous offre une grande aventure à Kumandra, un royaume directement inspiré par les légendes de l'Asie du sud-est. Tous les éléments forts d'un récit initiatique classique sont présents : une héroïne forte et courageuse entre Mulan et Rey de Star Wars, une menace invisible, des dragons et une pierre magique et une morale bienveillante finale. Raya et le Dernier Dragon est clairement destiné au grand public et son histoire est aussi efficace qu'un conte traditionnel. 

Raya évoque des thématiques classiques mais toujours efficaces : l'union face aux divisions, la confiance malgré les trahisons, le pardon l'emportant sur la vengeance. En racontant l'histoire de tribus divisées par la peur et la méfiance, Raya est un film qui fait clairement l'éloge de la paix entre les peuples. Rarement un film Disney aura traité de cette question presque géopolitique dans un film d'animation. 

Personnages modernes mais morale classique

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Pour bien faire passer le message, chaque tribu de Kumandra est représentée par différents personnages qui deviendront les alliés ou les ennemis de notre brave héroïne Raya. Lorsque le film commence, Raya n'a confiance en personne et les idées pacifistes transmises par son père sont déconsidérées. Mais, au fil de ses aventures et de ses rencontres, Raya va comprendre que ce qu'elle considérait comme de la naïveté est en réalité la seule solution pour briser un cercle de vengeance

L'histoire n'est pas révolutionnaire mais on peut remarquer que Disney continue de s'affranchir des clichés sexistes pour présenter à son public de nouveaux modèles. Raya est une héroïne avec les compétences martiales, la ruse et l'intelligence des aventuriers d'antan. Elle est le contraire même de la passivité et de la douceur autrefois réservées aux princesses. Ses principales ennemies sont aussi des femmes de pouvoir, cheffe et héritière d'une nation rivale. De l'autre côté, les personnages masculins sont adoucis : le père de Raya brille par sa sagesse et son calme quand Boun, un jeune cuistot de 10 ans offre de beaux moments d'humour. Les personnages ne suivent plus systématiquement les figures imposées par leur genre et c'est heureux. 

Mais Raya et le Dernier Dragon ne s'aventure pas en dehors de sentiers déjà bien battus, y compris par Disney. L'héroïne forte, ce n'est pas si nouveau en 2021. Raiponce, Elsa, Mérida, Vaiana et les autres sont passées avant. On retrouve toujours des animaux et personnages mascottes pour plaire aux enfants, apporter de la fantaisie et éventuellement créer des produits dérivés : ici, le Dragon bleuté Sisu dont le rôle (et la couleur) évoquera le génie d'Aladdin, Bébé Noi, un bébé pickpocket et ses singes qui apportera les gags physiques au film qui feront rire les plus jeunes et enfin Tuk Tuk, le fidèle compagnon pangolin géant de notre héroïne. La petite compagnie est charmante mais on ne tremble pas pour eux comme on pouvait le faire pour Anna ou Elsa par exemple. Le film est plus lumineux et la conclusion est prévisible. Le voyage n'en demeure pas moins agréable. 

Aussi beau et évanescent qu'un rêve

La vraie force de Raya réside dans la beauté visuelle du film qui est proprement à tomber par terre. Les studios Disney sont les orfèvres de l'image numérique, c'est indéniable. On l'avait déjà vu avec Vaïana, La Reine des Neiges 2 ou encore le Roi Lion en "live-action". Raya met la barre encore plus haute. Les cheveux, les effets de particules, l'eau, la lumière... Chaque plan est un tableau sublime qui est d'autant plus impressionnant lors des scènes d'action nombreuses et particulièrement jouissives. Le tout est servi par de très bons doublages (Dinsey est là aussi coutumier d'une qualité irréprochable) et une belle musique. 

Mais attention, ne vous attendez pas à un film musical. Contrairement à de nombreux films d'animation Disney, Raya n'est absolument pas conçu comme une comédie musicale. Ce choix est conscient, les producteurs voulaient se concentrer sur le monde et l'action et ne pas stopper l'action pour que les personnages chantent leurs émotions. Ce choix qui fera plaisir à celles et ceux qui ne supportent pas ces intermèdes musicaux mais on ne peut que remarquer que les chansons sont souvent la clé de la longévité des films. "Un jour mon prince viendra", "Ce rêve bleu", "Hakuna Matata", "Libéré, délivré"... Ces refrains sont devenus des hymnes qui entretiennent la légende et font chanter les enfants. Sans spectacle sur grand écran ou chanson pour rester dans les mémoires, Raya pourrait bien devenir une héroïne évanescente...

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