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Mort de Robert Duvall : comment sa réplique sur "l’odeur du napalm" dans "Apocalypse Now" est entrée dans la légende

Après la disparition de Robert Duvall, retour sur la scène mythique d'"Apocalypse Now" dans laquelle l'acteur a façonné son rôle de Kilgore avec une précision et une énergie qui ont fait de ce personnage une véritable légende du cinéma dans le monde.

Robert Duvall dans le rôle du lieutenant-colonel Bill Kilgore, dans "Apocalypse Now" de Fred Coppola (1979)

Crédit : Zoetrope Films / Photo12 via AFP

Jérémy Descours

L'acteur américain Robert Duvall, disparu à 95 ans le 15 février 2026, laisse derrière lui une carrière de plus de six décennies marquée par des rôles inoubliables, du film Le Parrain à Tendre Bonheur (pour lequel il remportera l'Oscar du meilleur acteur) en passant par Apocalypse Now

Parmi ces performances, une a particulièrement marqué l'histoire du cinéma : celle de Bill Kilgore, lieutenant-colonel amateur de surf dans Apocalypse Now (1979). Dans ce film de Francis Ford Coppola, Robert Duvall y incarne le rôle d'un officier disons excentrique et visiblement détaché de l'horreur de la guerre. 

Ce film sur la guerre du Vietnam, qui valut à Robert Duvall une nomination aux Oscars et le fit véritablement entrer dans la lumière, le voit prononcer l'une des répliques les plus célèbres de l'histoire du cinéma.

"Du napalm, mon gars. Il n’y a rien d’autre au monde qui sent comme ça"

Planté au milieu des émanations après un bombardement au napalm de l'armée américaine, Robert Duvall - torse nu et chapeau de cow-boy solidement posé sur la tête - se tourne vers le jeune Lance (interprété par Martin Sheen) et prononce, avec une nonchalance presque fascinante, cette réplique : "Du napalm, mon gars. Il n’y a rien d’autre au monde qui sent comme ça. J’adore l’odeur du napalm au petit matin". 

Dans la même scène, le militaire américain poursuit en piochant dans ses souvenirs de la guerre : "Une fois, on avait lâché une chiée de bombes, arrosé pendant 12 heures durant, et quand on est allé voir, on n'a pas trouvé un macab' de Viet'. Y'en n'avait plus un seul. Ça embaumait, cette essence, ça sentait bon. La colline sentait... Ça fleurait... la victoire. Un beau jour, cette guerre finira".

"C'était anachronique et too much"

Pour donner vie au lieutenant-colonel Kilgore, Robert Duvall n'a pas eu besoin d'aller bien loin : il a tout simplement fouillé dans sa propre histoire. Fils d'un amiral, élevé dans l'univers rigide des bases militaires, engagé lui-même pendant deux ans dans l'armée au début des années 1950, il connaissait, selon ses dires, ces hommes-là.

En 2016, il racontait s'être inspiré de "ces types qui ne tressaillaient jamais", retrouvant "la façon dont ces officiers se tenaient, parlaient, se mettaient à genoux". "Tout mon temps à Fort Bragg, en Caroline du Nord m'est revenu, et ça m'a clairement influencé", expliquait-il dans une interview avec Wtop News, rapporté par Le Huffington Post.

Refusant la caricature, Duvall a aussi exigé des ajustements, notamment en retirant les bottes de cow-boy que devait porter, à l'origine, son personnage et en le renommant. "Il s'appelait Carnage, c'était anachronique et too much", ajoutait-il. 

Et l'acteur a eu du pif : cette vingtaine de minutes à l'écran a entraîné des nominations aux Golden Globes et aux Césars et une réplique gravée à jamais dans la mémoire du cinéma. Et toi, "tu sens ça ?". 

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