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"House of the Dragon" (OCS) : notre critique (garantie sans spoiler) de la saison 1

NOUS L'AVONS VUE - RTL a pu découvrir les premiers épisodes de ce prequel tant attendu de "Game of Thrones". La magie est-elle de retour ?

La jeune princesse Rhaenyra Targaryen devant son père, le roi Viserys Ier
La jeune princesse Rhaenyra Targaryen devant son père, le roi Viserys Ier
Crédit : HBO
"Game of Thrones" est de retour mais sous une autre forme : "House of the Dragon"
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Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud

Dès les premières images, les premières phrases, les premières notes... Le ton est donné. La toute nouvelle série de HBO House of the Dragon sait parfaitement comment réinstaller l'incroyable recette de Game of Thrones. Une guerre de succession, des cheveux argentés, quelques dragons et une tension certaine... Voilà les ingrédients que les téléspectateurs, orphelins depuis la fin de la série de fantasy après 8 saisons épiques, attendaient. Et ils sont là.

RTL a pu découvrir les six premiers épisodes de la saison 1 de House of the Dragon, le prequel de Game of Thrones qui raconte les évènements qui se sont déroulés à Westeros quelques siècles avant les aventures de Jon Snow ou Daenerys Targaryen. La série évoque une période particulièrement riche de l'histoire fictive imaginée par G.R.R. Martin, un auteur prolifique qui puise très souvent dans l'histoire dramatique médiévale ou antique pour concevoir ses histoires.

Une plongée dans l'histoire

House of the Dragon ne fait pas exception à la règle. Si Game of Thrones nous racontait comment la famille Baratheon puis Lannister ont réussi à mettre la main sur le Trône de Fer, House of the Dragon nous donne à voir l'ère de la dynastie régnante traditionnelle du royaume : les Targaryen. Cette ancienne famille originaire d'une civilisation supérieure et mystérieuse qui utilisaient dragons et magie (et ont maintenu quelques bribes de ces pouvoirs à grands coups d'unions incestueuses) est au cœur de l'intrigue de House of the Dragon.

Mais nous n'allons pas ici rentrer dans le détail de l'intrigue. Pour la découvrir, il vous faudra attendre le 22 août et patienter pendant 10 semaines pour découvrir tous les épisodes. Les plus impatients des fans se sont déjà jetés sur les livres qui racontent l'histoire de la famille Targaryen, Feu et Sang (publiés en deux tomes en français). Les livres prennent la forme originale d'une chronique historique, une œuvre quasi-universitaire mais fictive, qui raconte certains événements d'une époque donnée. Là où G.R.R. Martin s'amuse, c'est lorsqu'il confronte les récits parfois bien différents de ses historiens de papier. L'histoire est une construction intéressée, politique même, et il ne l'oublie pas.

À écouter aussi

La série, elle, doit fait le choix de montrer une seule histoire. Maintenir plusieurs versions aurait considérablement compliqué la tâche des scénaristes. Heureusement, le choix de décrire par les images et les dialogues ce qu'il s'est vraiment passé, permet à la série d'offrir au public une version ambivalente et nuancée de cette histoire des Targaryen. House of the Dragon fait comme sa grande sœur et nous offre des personnages gris, ni bons, ni mauvais (même les pires font parfois de bons choix). Ses héros sont tous motivés par certaines ambitions, certaines valeurs, certaines contraintes. Le résultat donne des héros charismatiques et toujours surprenants. 

Une myriade de personnages

House of the Dragon nous propose la confrontation de deux clans menés par deux anciennes amies d'enfance : la princesse Rhaenyra Targaryen et la dame Alicent Hightower. Comment ces jeunes femmes sont-elles passées d'une amitié sincère à une détestation meurtrière ? Là est tout l'intérêt de cette série qui dévoile aussi quelques secrets de la grande saga que l'on connaît et plante déjà quelques graines qui feront plaisir aux fans de Game of Thrones

Les premiers épisodes peuvent paraître denses pour les téléspectateurs qui découvriraient cet univers, notamment parce que de nombreux personnages et notions sont présentées. Mais les choses sont suffisamment bien faites et bien amenées pour guider tranquillement le public dans cette histoire très riche. Les personnages sont nombreux, oui. Vous ne comprendrez pas forcément du premier coup qui est qui et quelles sont les allégeances des uns et des autres, mais après deux épisodes, les rivalités seront parfaitement claires dans votre esprit. 

Que valent les comédiens ?

House of the Dragon propose aussi du grand spectacle. Visuellement déjà, on peut remarquer que l'on retrouve le niveau de Game of Thrones : les dragons sont beaux et terrifiants, les décors naturels sont toujours à couper le souffle et les costumes devraient une fois encore permettre à HBO de récupérer quelques récompenses. Les acteurs font aussi un travail remarquable pour développer leurs personnages, sans jamais les caricaturer. 

Matt Smith en Daemon Targaryen apparaît à la fois terriblement dangereux mais aussi séduisant et sympathique. Paddy Considine qui incarne le roi Viserys Ier réalise le tour de force d'imposer une autorité royale tout en faisant transparaître les inquiétudes d'un mari, d'un père et d'un frère tiraillés par ses émotions et son devoir. 

Les deux personnages principaux disposent quant à elles de deux actrices (merveilleusement sélectionnées au casting) pour les incarner, enfants puis adultes. Emma D'Arcy et Milly Alcock joue Rhaenyra Targaryen, une princesse qui est un parfait mélange d'Arya Stark et Daenerys Targaryen : brave, conquérante, intelligente mais encore immature sur bien des aspects. Olivia Cooke et Emily Carey donnent vie à Alicent Hightower, une femme douce, aimante mais qui va devoir faire des choix difficiles pour protéger les siens. 

Du sang, du sexe et un rythme soutenu

HBO maintient aussi les ingrédients qui ont fait la gloire de Game of Thrones dans cette série, mais s'inspire plus volontiers des premières saisons de la série, plus politiques et sombres. Joutes verbales et joutes tout court sont omniprésentes. Des batailles plus ou moins vastes mais qui misent sur le viscéral émaillent les épisodes. Une bonne dose d'hémoglobine et de sexe viennent aussi choquer les regards. Si les batailles, les tortures, et les amours incestueuses vous manquaient, vous serez ravis de savoir qu'ils sont de retour. 

Sur la question du rythme, House of the Dragon semble avoir trouvé un bon équilibre entre temps lent pour profiter pleinement de certains échanges, certaines séquences fortes et construire solidement ses personnages, et ellipses. En 6 épisodes, nous passons de jeunes adolescentes naïves à des mères prêtes à se défendre bec et ongles. House of the Dragon, fait le choix du dynamisme et ne propose pas vraiment de grands moments contemplatifs. Personne ne marche dans le désert ou au sommet du Mur pendant des saisons entières. Mais les personnages ne se téléportent pas non plus d'un endroit à l'autre en deux secondes. Le fil narratif est cohérent, fluide et ne frustre jamais ni dans un sens ni dans l'autre les spectateurs. 

Plus humain mais moins magique

Reste la question du caractère épique de cette histoire. Si nous disposons d'une belle collection de dragons, House of the Dragon est, plus que jamais, une série politique, quasi historique, avec ses mariages, ses règles de succession, ses drames et ses guerres. La série saupoudre ici et là quelques allusions à la prophétie de Game of Thrones mais on n'a pas retrouvé le mystère et la magie de la série principale. Pas d'étoile enflammée dans le ciel, d'ombres meurtrières, de sorcière rouge, d'épée enflammée, de corneilles aux trois yeux ou de roi de la Nuit... Cette dose de mystère et de sorcellerie était souvent ce qui motivait une partie de la "fanbase" de Game of Thrones qui se plongeait dans des théories et des décryptages infinis. 

House of the Dragon, pour ce que nous en avons vu pour l'heure, mise sur ses personnages d'abord, sur des relations familiales. Un moteur narratif qui demeure puissant, tout particulièrement quand d'insupportables personnages font leur entrée... Comme dans Game of Thrones, on se plaît à détester ou soutenir tel ou tel personnage, à être déçu ou étonnement miséricordieux avec un autre. Et surtout, House of the Dragon maintient une bonne dose de mauvaises surprises pour ses héros, et c'est justement ça que nous étions venus chercher. Qui va vivre ? Qui va mourir ? Quel mensonge va passer ou revenir comme un boomerang à la face de son expéditeur ? Ce frisson-là est bien de retour sur nos écrans.

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