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Fanny Ben Ami : "Il y a des enfants malheureux parce que les grandes personnes ne savent pas s'entendre"

REPLAY / INVITÉ RTL - La survivante de la Shoah raconte son périple pour sauver 16 enfants en 1943 qui a inspiré le film "Le voyage de Fanny"

Marc-Oliver Fogiel
Marc-Oliver Fogiel
Crédit : Elodie Grégoire
Fanny Ben Ami : "Il y a des enfants malheureux parce que les grandes personnes ne savent pas s'entendre"
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En 1943, Fanny Ben Ami a 13 ans et se retoruve à la tête d'un groupe de 16 enfants qu'elle doit sauver des nazis en fuyant la Creuse pour la Suisse. Cette impressionnante hitsoire vraie fait l'objet d'un film, sorti ce mercredi 18 mai au cinéma : Le voyage de Fanny, réalisé par Lola Doillon.

Pour la véritable Fanny Ben Ami qui a pu visionner ce film, c'est à la fois une joie et une épreuve. "J'ai été très émue", confie-t-elle en précisant : "J'ai plus peur maintenant, quand je vois le film, que lorsque j'étais sur les routes". Il faut dire qu'elle n'avait pas le droit de montrer sa peur sous peine de faire paniquer le petit groupe. Avec son caractère bien trempé, la jeune fille qui avait fui l'Allemagne dès 1933 avec ses parents, a réussi à tenir sa petite troupe pour sauver la vie de ces enfants. "Je leur ai dit : 'Vous me connaissez, il faut que vous veniez avec moi. Ceux qui ne viennent pas sont morts.'"

"Aujourd'hui les enfants sont toujours sacrifiés"

Cette force de caractère s'est vite imposée à Fanny. Après avoir fui l'Allemagne avec ses parents et ses deux sœurs, elle a dû faire face à l'arrestation de son père en 1940 et à sa nouvelle vie, en 1942, lorsque sa mère l'a envoyée avec ses deux sœurs dans une maison d'enfants en Creuse. Lorsque l'établissement a été dénoncé, la jeune fille a dû se révéler. Pendant tout le mois d'août 43 et une partie de septembre, elle a œuvré pour amener ses protégés à peine plus jeunes qu'elle à destination. "J'ai toujours dit : 'Je vais trouver une solution'. Et j'ai trouvé !"

Si elle a sauvé sa vie et celle des 16 enfants, ses parents, eux, ne sont jamais revenus des camps de concentration. "C'est ça ma Shoah. Chacun a sa Shoah. J'avais l'impression qu'on m'avait menti, parce qu'on m'a toujours dit : 'Tu vas revoir ton papa, ta maman'. Après la guerre, on ne savait pas exactement, mais lorsque j'ai su vraiment que mes parents n'allaient pas revenir, rien n'était plus comme avant".

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Aujourd'hui elle n'est plus lié au groupe d'enfants qu'elle a vite laissé derrière elle lorsqu'ils ont été séparés pour être accueillis en Suisse. Mais elle continue de livrer son témoignage pour éviter que l'histoire ne se répète. "Nous sommes dans une époque très fragile, très, très près de ce qui s'est passé", prévient-elle. "Les enfants sont toujours sacrifiés. Aujourd'hui, il y a des enfants malheureux parce que les grandes personnes ne savent pas s'entendre."

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