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Alexandre Delpérier pose avec l'une de ses œuvres.
Crédit : Alexandre Delpérier
C'est une trajectoire que rien ne laissait présager. Ancien visage bien connu du petit écran, passé par Vidéo Gag puis dirigeant de Yahoo France, Alexandre Delpérier a opéré un virage radical : celui de la peinture. Une transformation personnelle profonde, presque inattendue, qui ressemble à une forme de révélation.
Car rien, dans son parcours, ne le prédestinait à l'art. Lui le reconnaît sans détour : il n'y connaissait rien, ne fréquentait ni musées ni galeries. Et pourtant, derrière cette nouvelle vie, il y a surtout une succession d'épreuves qui ont profondément bouleversé son quotidien. "La vie, les soubresauts de la vie...", commence-t-il, avant d'énumérer l'indicible face à Marc-Olivier Fogiel, ce lundi 6 avril.
"Quand, un jour, vous avez eu à prendre dans vos bras le corps de votre petite fille décédée à la naissance, quand vous avez vu le corps de votre père qui a choisi de se jeter sous un train, lorsque vous avez vu des IRM de votre cerveau à l'hôpital et que votre neurologue vous dit que vous êtes un survivant en constatant qu'il y a des caillots de sang partout, vous avez deux options : subir ou vivre."
Et d'ajouter, presque simplement : "Je n'ai pas choisi ces blessures de la vie… mais je n'ai pas choisi de peindre non plus. Ça s'est imposé à moi".
Lui qui était "un homme de mots" raconte, sur RTL, comment il a peu à peu troqué le langage pour la matière : "Plutôt que d'utiliser les mots, j'ai choisi, avec mes spatules, de créer, de poser de la matière, d'inventer des couleurs". Dans ce geste, il trouve une forme d'apaisement. "Je suis heureux, profondément heureux lorsque je peins. Je pleure beaucoup… mais ça me fait du bien."
Mais comment Alexandre Delpérier en est-il arrivé là ? Entouré de ses œuvres. Le déclic survient presque par hasard, lors d'un tournage avec Manu Katché dans l'atelier du peintre Hom Nguyen, à Saint-Ouen. Une expérience qu'il peine encore à expliquer. "Il s'est passé quelque chose en moi. C'était totalement indescriptible". Quelques jours plus tard, en sortant de l'atelier une seconde fois, l'émotion le submerge : "Je m'écroule sur le trottoir et je pleure pendant de longues minutes".
Dans la foulée, sans vraiment savoir pourquoi, il achète du matériel et recrée un atelier chez lui. Pendant plusieurs mois, rien ne se passe. Puis, face à une toile blanche monumentale, tout bascule. "Je me suis dit : 'pour qui tu te prends ?'" raconte-t-il. Et puis, soudain : "Ça jaillit. (...) J'ai fermé les yeux, j'ai ressenti des choses... Des larmes ont coulé et puis c'est parti".
Depuis, l'artiste avance sans vraiment de plan. "Je ne peux pas vous dire ce que je fais, ni où je vais... Je peux juste vous dire qu'aujourd’hui, je suis un homme heureux et équilibré", martèle-t-il.
Avant d'obtenir une petite cote sur le marché de l'art, Alexandre Delpérier a longtemps gardé ses premières œuvres pour lui. Jusqu'au jour où il ose les montrer à Hom Nguyen. La réaction du peintre est déterminante : "Il m'a dit : 'je vois que tu n'as pas de culture, pas de technique, pas de référence... mais tu donnes beaucoup. Et tu produis un art différent'". Une différence qu'Alexandre revendique désormais comme une force.
Aujourd'hui, cette aventure intime est devenue une véritable carrière. Ses toiles se vendent plusieurs milliers d'euros - de 8.000 à 15.000 euros en fonction des tailles et des modèles - et il a récemment participé à une grande foire d'art à Lille. Une reconnaissance qui contraste avec les années de silence et de lutte, notamment face à la maladie.
Car derrière le sourire public, l'homme de télé cachait une réalité bien plus sombre. Victime de plusieurs AVC, il apprend qu'il souffre du syndrome des anti-phospholipides. "Je crée tout seul des caillots, ça veut dire que je peux faire des AVC à tout moment". Pendant 13 ans, il vit avec cette menace, en secret : "J'ai vécu caché... au même titre que j'ai vécu caché derrière ma peinture".
Car Alexandre Delpérier a longtemps travaillé dans l'ombre, sous le nom d'Arnaud Dumat - "avec un T" - dans le monde de l'art, préservant ainsi une forme d'anonymat et laissant ses œuvres exister sans lien avec son passé médiatique.
À la question, pourquoi en parler maintenant ? L'artiste - pour qui ce pseudonyme est aussi un clin d'œil à son grand-père, son "idole" - explique vouloir "assumer" ce qu'il est. Et de conclure : "Ça me permet de dire, si certains n'arrivent pas à comprendre, que c'est autre chose. C'est un autre aspect de ma vie".
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