3 min de lecture Le Louvre

Confinement : la vie secrète du Louvre, privé de son public depuis plus d'un mois

Le musée parisien profite de sa fermeture pour effectuer gros chantiers et petits travaux de maintenance.

Isabelle Choquet La Revue de Presse Isabelle Choquet iTunes RSS
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Confinement : la vie secrète du Louvre, privé de son public depuis plus d'un mois Crédit Image : JOEL SAGET / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
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Isabelle Choquet édité par Florine Boukhelifa

En pleine période épidémique, le musée du Louvre est fermé, mais pas désert. Une ou deux silhouettes masquées peuvent être aperçues en parcourant les quatorze kilomètres carrés du musée : des régisseurs, conservateurs, compagnons en tenue,... Le directeur Jean-Luc Martinez a décidé de profiter de cette période pour booster les travaux et le dépoussiérage.

Le Louvre sonne creux, comme on peut le lire dans Le Point cette semaine. Le moindre bruit résonne sous les hauts plafonds : le grincement des escalators, le craquement des parquets ou encore le ronron de l'aération. Sur les 2.315 agents du musée, il en reste environ 200, présents par roulements. Parmi lesquels les indispensables gardiens. L'un d'eux passe le temps dans la grande galerie des peintures italiennes et raconte, "je compte les chevaux des tableaux et, le lendemain, je compte les chiens. Sans public, tout de même, le temps paraît long."

Dans la salle des États, Mona Lisa s'ennuie. Rien à ses côtés. Les deux tableaux voisins sont posés au sol, prêts à être inspectés par un conservateur, changés de salle ou emportés avec mille précautions aux ateliers de dorure et d’ébénisterie. La lumière est allumée à la demande dans les salles concernées car les lampes ont été éteintes pour économiser sur la facture astronomique annuelle de 4 millions d'euros. "À part ça, explique le directeur du Patrimoine architectural, on fait tourner le Louvre comme s’il était ouvert, notamment pour maintenir la température et l’hydrométrie."

Profiter de la fermeture pour réaliser des travaux

L'immense vaisseau fantôme se pilote depuis le petit local de la "vigie". Dans cette pièce minuscule, deux opérateurs travaillent jour et nuit sur leurs écrans : ils traitent les alarmes de maintenance qui arrivent de tous les recoins du palais. Fuites au plafond, clés bloquées ou encore soufflerie en panne, des centaines de messages sot reçus chaque jour.  

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Pour arriver à ce local, il faut passer par un labyrinthe d’escaliers et de couloirs, ou alors par la voie de desserte interne, une sorte de rue souterraine d'un kilomètre et demi. C'est par là qu'on achemine en voiturette ou en camion tout ce qui entre et sort du Louvre. Cette semaine, trois camions passeront par ce sous-sol pour acheminer des antiquités égyptiennes vers les nouvelles réserves de Liévin

Tous les grands chantiers en cours ont été maintenus. Cent vingt compagnons travaillent actuellement dans le musée. Les petits travaux de maintenance sont aussi accélérés, notamment au niveau de l'éclairage. Le Louvre est équipé de 60.000 ampoules électriques. 20.000 doivent être changées chaque année. Même chose pour le traitement des pierres de taille qui prennent l’humidité, ou pour la pose de résine sur les escaliers classés. "C’est une obligation légale, explique le conservateur, pour éviter les glissades. En général, on fait ça la nuit, ou le mardi, le jour de fermeture, mais c’est compliqué, il faut que la résine ait le temps de sécher. Là, c’est un peu mardi tous les jours".

Le Louvre fermé pour la troisième fois de son histoire

Tout ce petit monde travaille sous l’œil attentif de trois pompiers de Paris spécialement affectés à la surveillance du musée. Ils sont quinze à vivre dans l’enceinte même du Louvre et veillent nuit et jour sur ses trésors. Eux aussi ils profitent de la fermeture : ils s'entrainent pour se repérer toujours mieux et toujours plus vite, dans le dédale des 403 pièces.

Chaque nuit, on voit aussi des cordistes qui grimpent sous la pyramide pour tester sa solidité et resserrer les boulons. Prévu depuis le début, l'opération devait être réalisée trente ans après la construction. L'architecte Ming Pei n'avait sans doute pas imaginé que cette vérification aurait lieu dans un Louvre fermé, pour la troisième fois de son histoire. Une guerre et deux confinements.

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